Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

tandis que ceux qui ne le tiennent pas pour authentique estiment que les règles applicables aux musulmans s’appliquent également à lui, même s’il est du nombre des gens du Feu, comme le rapporte la tradition. Il n’y demeurera toutefois pas éternellement, puisqu’il fait partie des croyants. Le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit, rapportant les paroles de son Seigneur :

« Faites sortir du Feu ceux dont le cœur contient le poids d’un grain de foi. »

Ils divergent également au sujet de la prière funéraire sur les martyrs tombés au combat. Mālik et al-Shāfi‘ī estiment qu’on ne prie pas sur le martyr tombé au combat et qu’on ne procède pas à son lavage mortuaire. Abū Hanīfa estime, quant à lui, qu’on prie sur lui et qu’on procède à son lavage mortuaire.

Leur divergence tient aux récits différents rapportés à ce sujet. Ainsi, Abū Dāwūd rapporte, par la voie de Jābir :

« Sur l’ordre du Prophète — qu’Allah lui accorde la prière et le salut —, les martyrs d’Uhud furent enterrés dans leurs vêtements. Il ne pria pas sur eux et ils ne reçurent pas de lavage mortuaire. »

Il est également rapporté d’Ibn ‘Abbās, avec une chaîne de transmission complète remontant au Prophète :

« Le Prophète — sur lui la prière et la paix — pria sur les morts d’Uhud et sur Hamza, sans que ce dernier ait reçu de lavage mortuaire ni d’ablutions sèches. »

Cela est également rapporté par Abū Mālik al-Ghifārī, sans mention du Compagnon dans la chaîne de transmission. On rapporte aussi qu’un Bédouin reçut une flèche dans la gorge et en mourut. Le Prophète — qu’Allah lui accorde la prière et le salut — pria sur lui et dit :

« Voici un serviteur qui est parti combattre dans Ta voie et qui a été tué en martyr ; j’en témoigne en sa faveur. »

Chacun des deux camps donne la prépondérance aux hadiths sur lesquels il s’appuie. Les shaféites contestaient la fiabilité de ce hadith d’Ibn ‘Abbās en disant : « Il est transmis par Ibn Abī al-Zinād, dont les facultés s’étaient altérées à la fin de sa vie et dont Shu‘ba mettait en cause la fiabilité. » Quant aux récits dont la chaîne ne mentionne pas de Compagnon, ils ne constituent pas, à leurs yeux, une preuve.

Ils divergent aussi sur le moment à partir duquel on accomplit la prière funéraire sur un enfant. Mālik dit qu’on ne prie pas sur lui tant qu’il n’a pas poussé un cri à la naissance. Al-Shāfi‘ī partage cet avis. Abū Hanīfa estime qu’on prie sur lui dès lors que l’âme lui a été insufflée, c’est-à-dire lorsqu’il a atteint quatre mois ou davantage dans le ventre de sa mère. Ibn Abī Laylā partage cet avis.

Leur divergence tient ici à l’opposition entre un texte formulé sans restriction et un autre assorti d’une restriction. En effet, al-Tirmidhī rapporte, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, que le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« On ne prie pas sur l’enfant, il n’hérite pas et l’on n’hérite pas de lui tant qu’il n’a pas poussé

وَمَنْ لَمْ يُصَحِّحْهُ رَأَى أَنَّ حُكْمَهُ حُكْمُ الْمُسْلِمِينَ وَإِنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ النَّارِ كَمَا وَرَدَ بِهِ الْأَثَرُ، لَكِنْ لَيْسَ هُوَ مِنَ الْمُخَلَّدِينَ لِكَوْنِهِ مِنْ أَهْلِ الْإِيمَانِ، وَقَدْ قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - حِكَايَةً عَنْ رَبِّهِ: «أَخْرِجُوا مِنَ النَّارِ مَنْ فِي قَلْبِهِ مِثْقَالُ حَبَّةٍ مِنَ الْإِيمَانِ» . وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا فِي الصَّلَاةِ عَلَى الشُّهَدَاءِ الْمَقْتُولِينَ فِي الْمَعْرَكَةِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ لَا يُصَلَّى عَلَى الشَّهِيدِ الْمَقْتُولِ فِي الْمَعْرَكَةِ وَلَا يُغَسَّلُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يُصَلَّى عَلَيْهِ ويُغَسَّلُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ الْوَارِدَةِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّهُ خَرَّجَ أَبُو دَاوُدَ مِنْ طَرِيقِ جَابِرٍ: «أَنَّهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَمَرَ بِشُهَدَاءَ أُحُدٍ فَدُفِنُوا بِثِيَابِهِمْ، وَلَمْ يُصَلِّ عَلَيْهِمْ، وَلَمْ يُغَسَّلُوا» . وَرُوِيَ مِنْ طَرِيقِ ابْنِ عَبَّاسٍ مُسْنَدًا: «أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - صَلَّى عَلَى قَتْلَى أُحُدٍ وَعَلَى حَمْزَةَ وَلَمْ يُغَسلْ وَلَمْ يُيَممْ» . وَرُوِيَ ذَلِكَ أَيْضًا مُرْسَلًا مِنْ حَدِيثِ أَبِي مَالِكٍ الْغِفَارِيِّ، وَكَذَلِكَ رُوِيَ أَيْضًا أَنَّ أَعْرَابِيًّا جَاءَهُ سَهْمٌ فَوَقَعَ فِي حَلْقِهِ فَمَاتَ، فَصَلَّى عليه النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَقَالَ: «إِنَّ هَذَا عَبْدٌ خَرَجَ مُجَاهِدًا فِي سَبِيلِكَ فَقُتِلَ شَهِيدًا وَأَنَا شَهِيدٌ عَلَيْهِ» وَكِلَا الْفَرِيقَيْنِ يُرَجِّحُ الْأَحَادِيثَ الَّتِي أَخَذَ بِهَا، وَكَانَتِ الشَّافِعِيَّةُ تَعْتَلُّ بِحَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ هَذَا وَتَقُولُ: يَرْوِيهِ ابْنُ أَبِي الزِّنَادِ وَكَانَ قَدِ اخْتَلَّ آخِرَ عُمُرِهِ، وَقَدْ كَانَ شُعْبَةُ يَطْعَنُ فِيهِ. وَأَمَّا الْمَرَاسِيلُ فَلَيْسَتْ عِنْدَهُمْ بِحُجَّةٍ. وَاخْتَلَفُوا مَتَى يُصَلَّى عَلَى الطِّفْلِ فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يُصَلَّى عَلَى الطِّفْلِ حَتَّى يَسْتَهِلَّ صَارِخًا، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ ; وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ يُصَلَّى عَلَيْهِ إِذَا نُفِخَ فِيهِ الرُّوحُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ إِذَا كَانَ لَهُ فِي بَطْنِ أُمِّهِ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ فَأَكْثَرَ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ: مُعَارَضَةُ الْمُطْلَقِ لِلْمُقَيَّدِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ رَوَى التِّرْمِذِيُّ عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «الطِّفْلُ لَا يُصَلَّى عَلَيْهِ وَلَا يَرِثُ وَلَا يُورَثُ حَتَّى يَسْتَهِلَّ

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