le fait qu’il se soit tenu dans l’une de ces positions avait valeur de prescription et indiquait un emplacement déterminé. Ceux-ci se sont divisés en deux groupes. Les uns ont retenu le hadith de Samura ibn Jundub, dont l’authenticité fait l’unanimité, et ont considéré que la règle était la même pour la femme et pour l’homme : en principe, ils relèvent d’une même règle, à moins qu’une distinction ne soit établie par la Loi. Les autres ont jugé authentique le hadith d’Ibn Ghālib et ont dit : il apporte une précision supplémentaire par rapport au hadith de Samura ibn Jundub ; il faut donc la retenir, sans qu’il y ait la moindre contradiction entre les deux récits.
Quant à la position d’Ibn al-Qāsim et d’Abū Hanīfa, je ne lui connais aucun fondement dans les textes transmis, hormis ce qui est rapporté à ce sujet d’Ibn Mas‘ūd.
CINQUIÈME QUESTION
Les savants divergent sur la disposition des dépouilles d’hommes et de femmes lorsqu’elles sont réunies pour la prière funéraire. La majorité estime que les hommes doivent être placés du côté de l’imam et les femmes du côté de la qibla. D’autres préconisent l’inverse (c’est-à-dire les femmes du côté de l’imam et les hommes du côté de la qibla). Selon un troisième avis, il faut accomplir une prière distincte pour chaque groupe : les hommes séparément et les femmes séparément.
Cette divergence tient à la présomption, fondée sur la considération des dispositions de la Loi, qu’il doit exister en la matière une prescription précise, alors qu’aucune prescription à laquelle il faille s’en tenir n’a été rapportée à ce sujet. C’est pourquoi beaucoup ont estimé qu’il n’existait aucune prescription particulière dans les cas de ce genre : s’il en existait une, elle aurait été clairement exposée aux gens.
Si la majorité a retenu la disposition que nous avons indiquée, en plaçant les hommes avant les femmes, c’est en raison du récit rapporté par Mālik dans le Muwatta’ : ‘Uthmān ibn ‘Affān, ‘Abd Allāh ibn ‘Umar et Abū Hurayra accomplissaient à Médine la prière funéraire sur des hommes et des femmes réunis ; ils plaçaient les hommes du côté de l’imam et les femmes du côté de la qibla.
‘Abd al-Razzāq rapporte également, d’après Ibn Jurayj, d’après Nāfi‘, qu’Ibn ‘Umar accomplit ainsi une prière funéraire à laquelle assistaient Ibn ‘Abbās, Abū Hurayra, Abū Sa‘īd al-Khudrī et Abū Qatāda. L’imam était ce jour-là Sa‘īd ibn al-‘Ās. Il les interrogea à ce sujet, ou chargea quelqu’un de les interroger, et ils répondirent : « Telle est la sunna. » Selon les spécialistes du hadith, un tel récit est assimilé à un récit remontant au Prophète.
Il semble que ceux qui préconisent de placer les hommes en premier aient assimilé leur disposition devant l’imam à celle qu’ils occupent derrière lui dans la prière, en s’appuyant également sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Placez-les en retrait, comme Allah les a placées en retrait. »
Quant à ceux qui préconisent de placer les femmes avant les hommes, il semble qu’ils aient considéré que la première place était celle qui se trouvait le plus en avant, sans définir cette priorité par la proximité de l’imam.
Quant à ceux qui préconisent de séparer les deux groupes, ils le font par précaution, afin de ne pas autoriser ce qui pourrait être interdit. En effet, aucune sunna n’a été rapportée établissant la permission de les réunir : il se peut donc que cette pratique relève du principe de la permission originelle, comme il se peut qu’elle soit interdite par la Loi. Lorsque subsiste une telle incertitude, il faut s’abstenir dès lors qu’on en a la possibilité.