Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ses pieds ; et quand on lui en couvrait les pieds, sa tête dépassait. Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — dit alors : “Couvrez-lui la tête avec cette étoffe et mettez du jonc odorant sur ses pieds.” »

Ils s’accordent sur le fait de couvrir la tête du défunt et de le parfumer, sauf lorsqu’il meurt en état de sacralisation : ils divergent alors à son sujet.

Mālik et Abū Hanīfa disent que celui qui meurt en état de sacralisation est traité comme les autres défunts. Al-Shāfi‘ī estime, quant à lui, qu’on ne doit ni lui couvrir la tête ni le parfumer.

Leur divergence tient à l’opposition entre une prescription générale et un texte particulier.

Le texte particulier est le hadith d’Ibn ‘Abbās :

« On apporta au Prophète — sur lui la prière et la paix — un homme dont la monture avait brisé la nuque et qui était mort en état de sacralisation. Il dit : “Enveloppez-le dans deux étoffes, lavez-le avec de l’eau et du jujubier, ne lui couvrez pas la tête et ne lui appliquez aucun parfum, car il sera ressuscité, au Jour de la Résurrection, en récitant la talbiya (l’invocation rituelle du pèlerin).” »

La prescription générale, quant à elle, réside dans l’ordre de laver les défunts, formulé sans restriction. Ceux qui, sur la base de ce hadith, exceptent des autres défunts celui qui meurt en état de sacralisation — comme on excepte les martyrs sur la base du cas des morts d’Uhud — considèrent que le jugement du Prophète — sur lui la prière et la paix — concernant un individu vaut pour tous ceux qui se trouvent dans le même cas. Ils disent donc qu’on ne doit ni lui couvrir la tête ni le parfumer.

Ceux qui choisissent de concilier les textes plutôt que de procéder par exception et restriction de la portée générale disent que le hadith du Bédouin ne concerne que lui et ne s’étend pas à autrui.

[CHAPITRE QUATRIÈME : LA MANIÈRE DE MARCHER AVEC LE CONVOI FUNÈBRE]

CHAPITRE QUATRIÈME
LA MANIÈRE DE MARCHER AVEC LE CONVOI FUNÈBRE

Ils divergent sur la manière de marcher avec le convoi funèbre conformément à la sunna. Les savants de Médine estiment que la sunna consiste à marcher devant lui. Les savants de Kūfa, Abū Hanīfa et les autres, disent qu’il est préférable de marcher derrière.

Leur divergence tient à la diversité des traditions que chacun des deux groupes rapporte de ses prédécesseurs et met en pratique.

Mālik rapporte du Prophète — sur lui la prière et la paix —, par une chaîne de transmission interrompue, qu’il marchait devant le convoi funèbre. Il rapporte également cette pratique d’Abū Bakr et de ‘Umar. Al-Shāfi‘ī retient cet avis.

Les savants de Kūfa s’appuient sur ce qu’ils rapportent de ‘Alī ibn Abī Tālib par la voie de ‘Abd al-Rahmān ibn Abzā, qui dit :

« Je marchais avec ‘Alī dans un convoi funèbre. Il me tenait par la main et marchait derrière le convoi, tandis qu’Abū Bakr et ‘Umar marchaient devant. Je lui en fis la remarque, et il répondit : “La supériorité de celui qui marche derrière le convoi sur celui qui marche devant est comparable à celle de la prière obligatoire sur la prière surérogatoire. Tous deux le savent bien, mais ils sont souples et cherchent à faciliter les choses aux gens.” »

رِجْلَاهُ، وَإِذَا غَطَّوْا بِهَا رِجْلَيْهِ خَرَجَ رَأْسُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: " غَطُّوا بِهَا رَأْسَهُ وَاجْعَلُوا عَلَى رِجْلَيْهِ مِنَ الْإِذْخِرِ» . وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْمَيِّتَ يُغَطَّى رَأْسُهُ وَيُطَيَّبُ إِلَّا الْمُحْرِمَ إِذَا مَاتَ فِي إِحْرَامِهِ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهِ: فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: الْمُحْرِمُ بِمَنْزِلَةِ غَيْرِ الْمُحْرِمِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يُغَطَّى رَأْسُ الْمُحْرِمِ إِذَا مَاتَ وَلَا يَمَسُّ طِيبًا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْخُصُوصِ: فَأَمَّا الْخُصُوصُ: فَهُوَ حَدِيثُ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: «أُتِيَ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِرَجُلٍ وَقَصَتْهُ رَاحِلَتُهُ فَمَاتَ وَهُوَ مُحْرِمٌ فَقَالَ: كَفِّنُوهُ فِي ثَوْبَيْنِ، وَاغْسِلُوهُ بِمَاءٍ وَسِدْرٍ، وَلَا تُخَمِّرُوا رَأْسَهُ، وَلَا تَقْرَبُوهُ طِيبًا، فَإِنَّهُ يُبْعَثُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُلَبِّي» . وَأَمَّا الْعُمُومُ: فَهُوَ مَا وَرَدَ مِنَ الْأَمْرِ بِالْغُسْلِ مُطْلَقًا، فَمَنْ خَصَّ مِنَ الْأَمْوَاتِ الْمُحْرِمَ بِهَذَا الْحَدِيثِ كَتَخْصِيصِ الشُّهَدَاءِ بِقَتْلَى أُحُدٍ جَعَلَ الْحُكْمَ مِنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - عَلَى الْوَاحِدِ حُكْمًا عَلَى الْجَمِيعِ. وَقَالَ: لَا يُغَطَّى رَأْسُ الْمُحْرِمِ وَلَا يَمَسُّ طِيبًا. وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ لَا مَذْهَبَ الِاسْتِثْنَاءِ وَالتَّخْصِيصِ قَالَ: حَدِيثُ الْأَعْرَابِيِّ خَاصٌّ بِهِ لَا يُعَدَّى إِلَى غَيْرِهِ. [الْبَابُ الرَّابِعُ فِي صِفَةِ الْمَشْيِ مَعَ الْجَنَازَةِ] الْبَابُ الرَّابِعُ فِي صِفَةِ الْمَشْيِ مَعَ الْجَنَازَةِ وَاخْتَلَفُوا فِي سُنَّةِ الْمَشْيِ مَعَ الْجَنَازَةِ. فَذَهَبَ أَهْلُ الْمَدِينَةِ إِلَى أَنَّ مِنْ سُنَّتِهَا الْمَشْيَ أَمَامَهَا. وَقَالَ الْكُوفِيُّونَ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَسَائِرُهُمْ: إِنَّ الْمَشْيَ خَلْفَهَا أَفْضَلُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ الَّتِي رَوَى كُلُّ وَاحِدٍ مِنَ الْفَرِيقَيْنِ عَنْ سَلَفِهِ وَعَمِلَ بِهِ. فَرَوَى مَالِكٌ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مُرْسَلًا الْمَشْيَ أَمَامَ الْجَنَازَةِ، وَعَنْ أَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَأَخَذَ أَهْلُ الْكُوفَةِ بِمَا رَوَوْا عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ مِنْ طَرِيقِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبْزَى قَالَ: كُنْتُ أَمْشِي مَعَ عَلِيٍّ فِي جَنَازَةٍ وَهُوَ آخِذٌ بِيَدِي، وَهُوَ يَمْشِي خَلْفَهَا، وَأَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ يَمْشِيَانِ أَمَامَهَا، فَقُلْتُ لَهُ فِي ذَلِكَ فَقَالَ: إِنَّ فَضْلَ الْمَاشِي خَلْفَهَا عَلَى الْمَاشِي أَمَامَهَا كَفَضْلِ صَلَاةِ الْمَكْتُوبَةِ عَلَى صَلَاةِ النَّافِلَةِ، وَإِنَّهُمَا لَيَعْلَمَانِ ذَلِكَ، وَلَكِنَّهُمَا سَهْلَانِ يُسَهِّلَانِ عَلَى النَّاسِ.

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