Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’une des deux sœurs, il lui devenait permis d’épouser l’autre, comme en cas de divorce. Ce raisonnement est toutefois peu convaincant : la raison qui interdit d’être marié simultanément aux deux sœurs disparaît lorsque l’une est vivante et l’autre décédée ; c’est pourquoi le mariage avec la seconde devient permis. À moins de considérer que la raison de cette interdiction échappe à l’entendement et que l’interdiction d’épouser simultanément deux sœurs est une prescription purement cultuelle dont le sens ne peut être saisi par la raison. La position d’Abū Hanīfa s’en trouverait alors renforcée.

De même, les savants s’accordent à dire que la femme divorcée de manière irrévocable ne lave pas son ancien époux. Ils divergent, en revanche, au sujet de celle dont le divorce est révocable. Mālik rapporte qu’elle peut le laver ; c’est également l’avis d’Abū Hanīfa et de ses disciples.

Ibn al-Qāsim estime, quant à lui, qu’elle ne le lave pas, même si le divorce est révocable. C’est ce qui découle, par analogie, de la position de Mālik, puisque celui-ci ne permet pas à l’époux de la regarder. Al-Shāfi‘ī partage cet avis.

Leur divergence tient à la question suivante : est-il permis à l’époux de regarder la femme dont il a divorcé de manière révocable, ou non ?

Quant aux obligations de celui qui lave le défunt, les savants divergent à leur sujet. Certains estiment que quiconque a lavé un défunt doit accomplir les grandes ablutions. D’autres considèrent qu’il n’y est pas tenu.

Leur divergence tient à l’opposition entre le hadith d’Abū Hurayra et le récit d’Asmā’. Abū Hurayra rapporte en effet que le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Que celui qui a lavé un défunt accomplisse les grandes ablutions, et que celui qui l’a porté fasse ses ablutions. »

Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd. Quant au récit d’Asmā’, il rapporte qu’après avoir lavé Abū Bakr — qu’Allah l’agrée —, elle sortit interroger les Émigrés et les Auxiliaires présents. Elle leur dit : « Je jeûne et il fait aujourd’hui très froid. Dois-je accomplir les grandes ablutions ? » Ils répondirent : « Non. »

Le récit d’Asmā’ à ce sujet est authentique. En revanche, selon ce que rapporte Abū ‘Umar, la plupart des savants ne considèrent pas le hadith d’Abū Hurayra comme authentique. Toutefois, le récit d’Asmā’ ne le contredit pas réellement : celui qui nie une prescription peut le faire parce que la Sunna qui s’y rapporte ne lui est pas parvenue. La question d’Asmā’ — et Allah sait mieux — indique que ce point faisait déjà l’objet d’une divergence aux premiers temps de l’islam.

Pour toutes ces raisons, al-Shāfi‘ī — qu’Allah l’agrée —, fidèle à sa prudence habituelle et à son souci de tenir compte des traditions rapportées, a déclaré : « Celui qui a lavé le défunt n’est pas tenu d’accomplir les grandes ablutions, à moins que l’authenticité du hadith d’Abū Hurayra ne soit établie. »

إِحْدَى الْأُخْتَيْنِ حَلَّ لَهُ نِكَاحُ الْأُخْرَى، كَالْحَالِ فِيهَا إِذَا طُلِّقَتْ، وَهَذَا فِيهِ بعْدٌ، فَإِنَّ عِلَّةَ مَنْعِ الْجَمْعِ مُرْتَفِعَةٌ بَيْنَ الْحَيِّ وَالْمَيِّتِ، لِذَلِكَ حَلَّتْ إِلَّا أَنْ يُقَالَ إِنَّ عِلَّةَ مَنْعِ الْجَمْعِ غَيْرُ مَعْقُولَةٍ، وَإِنَّ مَنْعَ الْجَمْعِ بَيْنَ الْأُخْتَيْنِ عِبَادَةٌ مَحْضَةٌ غَيْرُ مَعْقُولَةِ الْمَعْنَى، فَيَقْوَى حِينَئِذٍ مَذْهَبُ أَبِي حَنِيفَةَ. وَكَذَلِكَ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ الْمُطَلَّقَةَ الْمَبْتُوتَةَ لَا تُغَسِّلُ زَوْجَهَا. وَاخْتَلَفُوا فِي الرَّجْعِيَّةِ، فَروى مَالِك أَنَّهَا تُغَسِّلُهُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: لَا تُغَسِّلُهُ وَإِنْ كَانَ الطَّلَاقُ رَجْعِيًّا وَهُوَ قِيَاسُ قَوْلِ مَالِكٍ، لِأَنَّهُ لَيْسَ يَجُوزُ عِنْدَهُ أَنْ يَرَاهَا، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هُوَ هَلْ يَحِلُّ لِلزَّوْجِ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى الرَّجْعِيَّةِ أَوْ لَا يَنْظُرُ إِلَيْهَا؟ وَأَمَّا حُكْمُ الْغَاسِلِ: فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيمَا يَجِبُ عَلَيْهِ، فَقَالَ قَوْمٌ: مَنْ غَسَّلَ مَيِّتًا وَجَبَ عَلَيْهِ الْغُسْلُ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَا غُسْلَ عَلَيْهِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ لِحَدِيثِ أَسْمَاءَ، وَذَلِكَ أَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ رَوَى عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «مَنْ غَسَّلَ مَيِّتًا فَلْيَغْتَسِلْ، وَمَنْ حَمَلَهُ فَلْيَتَوَضَّأْ» خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ. وَأَمَّا حَدِيثُ أَسْمَاءَ فَإِنَّهَا لَمَّا غَسَّلَتْ أَبَا بَكْرٍ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - خَرَجَتْ فَسَأَلَتْ مَنْ حَضَرَهَا مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالْأَنْصَارِ وَقَالَتْ إِنِّي صَائِمَةٌ، وَإِنَّ هَذَا يَوْمٌ شَدِيدُ الْبَرْدِ فَهَلْ عَلَيَّ مِنْ غُسْلٍ؟ قَالُوا: لَا، وَحَدِيثُ أَسْمَاءَ فِي هَذَا صَحِيحٌ. وَأَمَّا حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ فَهُوَ عِنْدَ أَكْثَرِ أَهْلِ الْعِلْمِ فِيمَا حَكَى أَبُو عُمَرَ غَيْرُ صَحِيحٍ، لَكِنَّ حَدِيثَ أَسْمَاءَ لَيْسَ فِيهِ فِي الْحَقِيقَةِ مُعَارَضَةٌ لَهُ، فَإِنَّ مَنْ أَنْكَرَ الشَّيْءَ يُحْتَمَلُ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ لِأَنَّهُ لَمْ تَبْلُغْهُ السُّنَّةُ فِي ذَلِكَ الشَّيْءِ، وَسُؤَالُ أَسْمَاءَ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - يَدُلُّ عَلَى الْخِلَافِ فِي ذَلِكَ فِي الصَّدْرِ الْأَوَّلِ، وَلِهَذَا كُلِّهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - عَلَى عَادَتِهِ فِي الِاحْتِيَاطِ وَالِالْتِفَاتِ إِلَى الْأَثَرِ: لَا غُسْلَ عَلَى مَنْ غَسَّلَ الْمَيِّتَ إِلَّا أَنْ يَثْبُتَ حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ.

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