Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ni l’un ni l’autre ne doit laver le défunt de l’autre sexe ni pratiquer sur lui les ablutions sèches. C’est l’avis d’al-Layth ibn Sa‘d : le défunt est alors enterré sans lavage.

Leur divergence tient à la priorité qu’il convient d’accorder à l’interdiction sur l’ordre, ou à l’ordre sur l’interdiction. En effet, le lavage est prescrit, tandis qu’il est interdit à l’homme de regarder le corps de la femme, et à la femme de regarder celui de l’homme.

Ceux qui donnent une priorité absolue à l’interdiction — c’est-à-dire qui n’assimilent pas le mort au vivant pour considérer que la purification par la terre remplace, pour lui aussi, la purification par l’eau lorsque celle-ci est impossible — estiment que ni l’un ni l’autre ne doit laver le défunt de l’autre sexe ni pratiquer sur lui les ablutions sèches.

Ceux qui font prévaloir l’ordre sur l’interdiction estiment que chacun peut laver le défunt de l’autre sexe : ils donnent donc une priorité absolue à l’ordre.

Quant à ceux qui préconisent les ablutions sèches, ils considèrent qu’il n’y a alors aucune contradiction entre l’ordre et l’interdiction, puisqu’il est permis aux personnes des deux sexes de regarder les parties du corps concernées par ces ablutions. C’est pourquoi Mālik estime que l’homme ne pratique les ablutions sèches sur la femme qu’aux mains et au visage, ces parties de son corps n’étant pas à dissimuler. La femme, en revanche, les pratique sur l’homme jusqu’aux coudes, car, selon sa doctrine, seule la partie de son corps comprise entre le nombril et le genou doit être dissimulée.

Ainsi, pour ceux qui retiennent cet avis, la nécessité justifiant de remplacer le lavage du défunt par les ablutions sèches semble résider dans la contradiction entre l’ordre et l’interdiction. Ils assimilent donc cette nécessité à celle qui autorise le vivant à recourir aux ablutions sèches. Cette analogie est peu convaincante ; elle est pourtant retenue par la majorité des savants.

Quant à Mālik, plusieurs avis sont rapportés de lui sur cette question. Tantôt il affirme, sans distinction, que chacun pratique les ablutions sèches sur le défunt de l’autre sexe ; tantôt il distingue les proches non épousables des autres personnes ; tantôt encore, parmi ces proches, il distingue les hommes des femmes. Il en résulte trois avis concernant les proches non épousables :

Le plus connu est que le défunt de l’un ou l’autre sexe est lavé par-dessus ses vêtements.

Selon le deuxième, aucun des deux ne lave le défunt de l’autre sexe, mais pratique sur lui les ablutions sèches. Cet avis correspond à celui de la majorité concernant les personnes qui ne sont pas des proches non épousables.

Le troisième distingue les hommes des femmes : la femme lave l’homme, mais l’homme ne lave pas la femme.

L’interdiction se fonde sur le fait qu’il n’est permis à aucun des deux de regarder les parties du corps de l’autre concernées par le lavage, exactement comme pour les personnes qui ne sont pas des proches non épousables.

La permission se fonde sur le fait qu’il s’agit d’une situation de nécessité et que ces proches sont davantage excusables en cela qu’une personne étrangère à ce lien de parenté.

La distinction entre les hommes et les femmes se fonde sur le fait que le regard des hommes sur les femmes est jugé plus grave que celui des femmes sur les hommes. La preuve en est que les femmes ont été soustraites au regard des hommes, tandis que les hommes ne l’ont pas été au regard des femmes.

Sur ce sujet, les savants s’accordent à permettre à la femme de laver son époux. Ils divergent toutefois sur la permission, pour l’époux, de laver sa femme. La majorité l’autorise, tandis qu’Abū Hanīfa estime qu’il n’est pas permis à l’homme de laver son épouse.

Leur divergence tient à l’assimilation de la mort au divorce. Ceux qui les assimilent estiment qu’il ne lui est plus permis de la regarder après sa mort. Ceux qui ne les assimilent pas, à savoir la majorité, considèrent que les regards qu’il lui était permis de porter sur elle de son vivant lui demeurent permis après sa mort. Ce qui a conduit Abū Hanīfa à assimiler la mort au divorce, c’est qu’il estimait qu’en cas de décès de

قَوْمٌ: لَا يُغَسِّلُ وَاحِدٌ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ وَلَا يُيَمِّمُهُ، وَبِهِ قَالَ اللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ، بَلْ يُدْفَنُ مِنْ غَيْرِ غُسْلٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هُوَ التَّرْجِيحُ بَيْنَ تَغْلِيبِ النَّهْيِ عَلَى الْأَمْرِ، أَوِ الْأَمْرِ عَلَى النَّهْيِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْغُسْلَ مَأْمُورٌ بِهِ، وَنَظَرُ الرَّجُلِ إِلَى بَدَنِ الْمَرْأَةِ وَالْمَرْأَةِ إِلَى بَدَنِ الرَّجُلِ مَنْهِيٌّ عَنْهُ. فَمَنْ غَلَّبَ النَّهْيَ تَغْلِيبًا مُطْلَقًا - أَعْنِي: لَمْ يَقِسِ الْمَيِّتَ عَلَى الْحَيِّ فِي كَوْنِ طَهَارَةِ التُّرَابِ لَهُ بَدَلًا مِنْ طَهَارَةِ الْمَاءِ عِنْدَ تَعَذُّرِهَا - قَالَ: لَا يُغَسِّلُ وَاحِدٌ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ وَلَا يُيَمِّمُهُ. وَمَنْ غَلَّبَ الْأَمْرَ عَلَى النَّهْيِ قَالَ: يُغَسِّلُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ - أَعْنِي: غَلَّبَ الْأَمْرَ عَلَى النَّهْيِ تَغْلِيبًا مُطْلَقًا. وَمَنْ ذَهَبَ إِلَى التَّيَمُّمِ فَلِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهُ لَا يَلْحَقُ الْأَمْرَ وَالنَّهْيَ فِي ذَلِكَ تَعَارُضٌ، وَذَلِكَ أَنَّ النَّظَرَ إِلَى مَوَاضِعِ التَّيَمُّمِ يَجُوزُ لِكلَا الصِّنْفَيْنِ، وَلِذَلِكَ رَأَى مَالِكٌ أَنْ يُيَمِّمَ الرَّجُلُ الْمَرْأَةَ فِي يَدَيْهَا وَوَجْهِهَا فَقَطْ لِكَوْنِ ذَلِكَ مِنْهَا لَيْسَا بِعَوْرَةٍ، وَأَنْ تُيَمِّمَ الْمَرْأَةُ الرَّجُلَ إِلَى الْمِرْفَقَيْنِ لِأَنَّهُ لَيْسَ مِنَ الرَّجُلِ عَوْرَةٌ إِلَّا مِنَ السُّرَّةِ إِلَى الرُّكْبَةِ عَلَى مَذْهَبِهِ، فَكَأَنَّ الضَّرُورَةَ الَّتِي نَقَلَتِ الْمَيِّتَ مِنَ الْغُسْلِ إِلَى التَّيَمُّمِ عِنْدَ مَنْ قَالَ بِهِ هِيَ تَعَارُضُ الْأَمْرِ وَالنَّهْيِ، فَكَأَنَّهُ شَبَّهَ هَذِهِ الضَّرُورَةَ بِالضَّرُورَةِ الَّتِي يَجُوزُ مَعَهَا لِلْحَيِّ التَّيَمُّمُ، وَهُوَ تَشْبِيهٌ فِيهِ بُعْدٌ، وَلَكِنْ عَلَيْهِ الْجُمْهُورُ. فَأَمَّا مَالِكٌ فَاخْتَلَفَ فِي قَوْلِهِ في هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ: فَمَرَّةً قَالَ: يُيَمِّمُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ قَوْلًا مُطْلَقًا، وَمَرَّةً فَرَّقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ ذَوِي الْمَحَارِمِ وَغَيْرِهِمْ، وَمَرَّةً فَرَّقَ فِي ذَوِي الْمَحَارِمِ بَيْنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ، فَيَتَحَصَّلُ عَنْهُ أَنَّ لَهُ فِي ذَوِي الْمَحَارِمِ ثَلَاثَةَ أَقْوَالٍ: أَشْهَرُهَا: أَنَّهُ يُغَسَّلُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَلَى الثِّيَابِ. وَالثَّانِي: أَنَّهُ لَا يُغَسِّلُ أَحَدُهُمَا صَاحِبَهُ ولَكِنْ يُيَمِّمُهُ، مِثْلُ قَوْلِ الْجُمْهُورِ فِي غَيْرِ ذَوِي الْمَحَارِمِ. وَالثَّالِثُ: الْفَرْقُ بَيْنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ - أَعْنِي: تُغَسِّلُ الْمَرْأَةُ الرَّجُلَ، وَلَا يُغَسِّلُ الرَّجُلُ الْمَرْأَةَ -. فَسَبَبُ الْمَنْعِ: أَنْ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا لَا يَحِلُّ لَهُ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى مَوْضِعِ الْغُسْلِ مِنْ صَاحِبِهِ كَالْأَجَانِبِ سَوَاءٌ. وَسَبَبُ الْإِبَاحَةِ: أَنَّهُ مَوْضِعُ ضَرُورَةٍ وَهُمْ أَعْذَرُ فِي ذَلِكَ مِنَ الْأَجْنَبِيِّ. وَسَبَبُ الْفَرْقِ: أَنَّ نَظَرَ الرِّجَالِ إِلَى النِّسَاءِ أَغْلَظُ مِنْ نَظَرِ النِّسَاءِ إِلَى الرِّجَالِ، بِدَلِيلِ أَنَّ النِّسَاءَ حُجِبْنَ عَنْ نَظَرِ الرِّجَالِ إِلَيْهِنَّ وَلَمْ يُحْجَبِ الرِّجَالُ عَنِ النِّسَاءِ. وَأَجْمَعُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ عَلَى جَوَازِ غُسْلِ الْمَرْأَةِ زَوْجَهَا. وَاخْتَلَفُوا فِي جَوَازِ غُسْلِهِ إِيَّاهَا، فَالْجُمْهُورُ عَلَى جَوَازِ ذَلِكَ; وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَجُوزُ غُسْلُ الرَّجُلِ زَوْجَتِهِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هُوَ تَشْبِيهُ الْمَوْتِ بِالطَّلَاقِ، فَمَنْ شَبَّهَهُ بِالطَّلَاقِ قَالَ: لَا يَحِلُّ أَنْ يَنْظُرَ إِلَيْهَا بَعْدَ الْمَوْتِ، وَمَنْ لَمْ يُشَبِّهْهُ بِالطَّلَاقِ وَهُمُ الْجُمْهُورُ قَالَ: إِنَّ مَا يَحِلُّ لَهُ مِنَ النَّظَرِ إِلَيْهَا قَبْلَ الْمَوْتِ يَحِلُّ لَهُ بَعْدَ الْمَوْتِ، وَإِنَّمَا دَعَا أَبَا حَنِيفَةَ أَنْ يُشَبَّهَ الْمَوْتُ بِالطَّلَاقِ لِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهُ إِذَا مَاتَتْ

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