Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Et peut-être estimaient-ils que le traitement réservé aux morts d’Uhud répondait à une nécessité — je veux dire à la difficulté de procéder à leur lavage. Parmi les juristes des grandes villes, ‘Ubayd Allah ibn al-Hasan al-‘Anbarī partageait leur avis. Selon ce que rapporte Ibn al-Mundhir, Abū ‘Umar, interrogé sur le lavage du martyr, répondit : « ‘Umar fut lavé, enveloppé dans un linceul et parfumé ; la prière funéraire fut accomplie sur lui, alors qu’il était martyr — qu’Allah lui fasse miséricorde. »

Ceux qui s’accordent à ne pas laver le martyr tombé dans la guerre contre les polythéistes divergent toutefois au sujet des martyrs tués par des brigands ou par d’autres personnes qui ne sont pas polythéistes. Al-Awzā‘ī, Ahmad et un groupe de savants estiment qu’ils relèvent du même statut que ceux qui ont été tués par les polythéistes. Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent, quant à eux, qu’ils doivent être lavés.

Cette divergence tient à la question suivante : ce qui dispense du lavage est-il le martyre en général, ou le fait de mourir en martyr de la main des mécréants ? Ceux qui retiennent le martyre en général estiment que toute personne tuée à laquelle le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — a expressément reconnu la qualité de martyr ne doit pas être lavée. Ceux qui retiennent le fait de mourir en martyr de la main des mécréants limitent cette dispense aux personnes ainsi tuées.

Quant au lavage d’un mécréant par un musulman, Mālik disait : « Le musulman ne lave pas son père mécréant et ne l’enterre pas, à moins de craindre que sa dépouille ne soit abandonnée ; dans ce cas, il la met en terre. » Al-Shāfi‘ī disait : « Il n’y a pas de mal à ce qu’un musulman lave et enterre ses proches polythéistes. » Abū Thawr, Abū Hanīfa et ses disciples partageaient cet avis.

Abū Bakr ibn al-Mundhir dit : « Il n’existe, concernant le lavage d’un défunt polythéiste, aucune sunna à suivre. » Il a toutefois été rapporté :

« Le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — ordonna de laver son oncle lorsque celui-ci mourut. »

La divergence tient à la question de savoir si le lavage relève de l’adoration ou de la propreté. S’il relève de l’adoration, il n’est pas permis de laver le mécréant ; s’il relève de la propreté, cela est permis.

[Troisième section : Les personnes autorisées à procéder au lavage du défunt]

Troisième section
Les personnes autorisées à procéder au lavage du défunt

Concernant les personnes autorisées à procéder au lavage du défunt, les savants s’accordent sur le fait que les hommes lavent les hommes et que les femmes lavent les femmes. Ils divergent cependant, selon trois avis, au sujet d’une femme qui meurt parmi des hommes ou d’un homme qui meurt parmi des femmes, en dehors du cas des époux.

Selon un premier avis, chacun peut laver le défunt de l’autre sexe par-dessus ses vêtements.

Selon un deuxième avis, chacun pratique les ablutions sèches sur le défunt de l’autre sexe. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Abū Hanīfa et de la majorité des savants.

Il a également été dit :

وَلَعَلَّهُمْ كَانُوا يَرَوْنَ أنَّ مَا فُعِلَ بِقَتْلَى أُحُدٍ كَانَ لِمَوْضِعِ الضَّرُورَةِ - أَعْنِي: الْمَشَقَّةَ فِي غُسْلِهِمْ -، وَقَالَ بِقَوْلِهِمْ مِنْ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ: عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ الْحَسَنِ الْعَنْبَرِيُّ. وَسُئِلَ أَبُو عُمَرَ فِيمَا حَكَى ابْنُ الْمُنْذِرِ عَنْ غُسْلِ الشَّهِيدِ فَقَالَ: قَدْ غُسِّلَ عُمَرُ وَكُفِّنَ وَحُنِّطَ وَصُلِّيَ عَلَيْهِ، وَكَانَ شَهِيدًا - يَرْحَمُهُ اللَّهُ -. وَاخْتَلَفَ الَّذِينَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الشَّهِيدَ فِي حَرْبِ الْمُشْرِكِينَ لَا يُغَسَّلُ فِي الشُّهَدَاءِ مِنْ قَتْلِ اللُّصُوصِ أَوْ غَيْرِ أَهْلِ الشِّرْكِ. فَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ وَأَحْمَدُ وَجَمَاعَةٌ: حُكْمُهُمْ حُكْمُ مَنْ قَتَلَهُ أَهْلُ الشِّرْكِ. وَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: يُغَسَّلُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هُوَ: هَلِ الْمُوجَبُ لِرَفْعِ حُكْمِ الْغُسْلِ هِيَ الشَّهَادَةُ مُطْلَقًا، أَوِ الشَّهَادَةُ عَلَى أَيْدِي الْكُفَّارِ: فَمَنْ رَأَى أَنَّ سَبَبَ ذَلِكَ هِيَ الشَّهَادَةُ مُطْلَقًا قَالَ: لَا يُغَسِّلُ كُلُّ مَنْ نَصَّ عَلَيْهِ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ شَهِيدٌ مِمَّنْ قُتِلَ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ سَبَبَ ذَلِكَ هِيَ الشَّهَادَةُ مِنَ الْكُفَّارِ قَصَرَ ذَلِكَ عَلَيْهِمْ. وَأَمَّا غُسْلُ الْمُسْلِمِ الْكَافِرَ فَكَانَ مَالِكٌ يَقُولُ: لَا يُغَسِّلُ الْمُسْلِمُ وَالِدَهُ الْكَافِرَ وَلَا يَقْبُرُهُ، إِلَّا أَنْ يَخَافَ ضَيَاعَهُ فَيُوَارِيَهُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا بَأْسَ بِغَسْلِ الْمُسْلِمِ قَرَابَتَهُ مِنَ الْمُشْرِكِينَ وَدَفْنِهِمْ، وَبِهِ قَالَ أَبُو ثَوْرٍ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. قَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ الْمُنْذِرِ: لَيْسَ فِي غُسْلِ الْمَيِّتِ الْمُشْرِكِ سُنَّةٌ تُتَّبَعُ، وَقَدْ رُوِيَ: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَمَرَ بِغُسْلِ عَمِّهِ لَمَّا مَاتَ» . وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلِ الْغُسْلُ مِنْ بَابِ الْعِبَادَةِ، أَوْ مِنْ بَابِ النَّظَافَةِ؟ فَإِنْ كَانَتْ عِبَادَةً لَمْ يَجُزْ غُسْلُ الْكَافِرِ، وَإِنْ كَانَتْ نَظَافَةً جَازَ غُسْلُهُ. [الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِيمَنْ يَجُوزُ أَنْ يُغَسِّلَ الْمَيِّتَ] الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِيمَنْ يَجُوزُ أَنْ يُغَسِّلَ الْمَيِّتَ وَأَمَّا مَنْ يَجُوزُ أَنْ يُغَسِّلَ الْمَيِّتَ، فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الرِّجَالَ يُغَسِّلُونَ الرِّجَالَ، وَالنِّسَاءَ يُغَسِّلْنَ النِّسَاءَ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْمَرْأَةِ تَمُوتُ مَعَ الرِّجَالِ، أَوِ الرَّجُلِ يَمُوتُ مَعَ النِّسَاءِ مَا لَمْ يَكُونَا زَوْجَيْنِ عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: فَقَالَ قَوْمٌ: يُغَسِّلُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ مِنْ فَوْقِ الثِّيَابِ. وَقَالَ قَوْمٌ: يُيَمِّمُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا صَاحِبَهُ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ. وَقَالَ

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