Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

recommandé, dans l’école, de retarder son inhumation, de crainte que l’eau, en le submergeant, n’ait masqué les signes de vie.

Le cadi dit :
Si l’on préconise cela pour le noyé, cette précaution s’impose à plus forte raison pour nombre de malades, notamment ceux qui souffrent d’une occlusion des vaisseaux ou d’autres affections connues des médecins. Ceux-ci ont même déclaré qu’il ne convenait d’inhumer les personnes frappées d’une attaque qu’après trois jours.

[Chapitre deuxième : Le lavage mortuaire]
[Première section : Le statut du lavage mortuaire]

Chapitre deuxième
Le lavage mortuaire

Ce chapitre comprend quatre sections :
— le statut du lavage mortuaire ;
— les défunts qu’il faut laver ;
— les personnes autorisées à procéder au lavage et le statut de celui qui l’accomplit ;
— la manière de procéder au lavage.

Première section : Le statut du lavage mortuaire

Concernant le statut du lavage mortuaire, certains y voient une obligation collective, d’autres une recommandation collective. Ces deux avis existent au sein de l’école.

Cette divergence tient au fait que ce lavage a été transmis par la pratique, et non par une prescription verbale. Or un acte ne comporte pas de formulation permettant d’y reconnaître ou non une obligation. Pour soutenir son caractère obligatoire, ‘Abd al-Wahhāb a invoqué cette parole du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — au sujet de sa fille :

« Lavez-la trois ou cinq fois. »

Il a également invoqué sa parole au sujet de l’homme mort en état de sacralisation :

« Lavez-le. »

Ceux qui considèrent que ces paroles visent à enseigner la manière de procéder au lavage, et non à en donner l’ordre, ne le tiennent pas pour obligatoire. Ceux qui estiment qu’elles comprennent à la fois l’ordre de laver et l’indication de la manière de le faire le tiennent pour obligatoire.

[Deuxième section : Les défunts qu’il faut laver]

Deuxième section
Les défunts qu’il faut laver

Quant aux défunts qu’il faut laver, les savants s’accordent sur le lavage du musulman qui n’a pas été tué sur le champ de bataille en combattant les mécréants. Ils divergent toutefois sur le lavage du martyr, sur la prière funéraire accomplie sur lui et sur le lavage du polythéiste.

Concernant le martyr — c’est-à-dire celui que les polythéistes ont tué au combat —, la majorité des savants est d’avis de ne pas le laver, en raison du récit suivant :

« Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — donna des instructions concernant les morts d’Uhud : ils furent enterrés dans leurs vêtements, et il ne pria pas sur eux. »

Al-Hasan et Sa‘īd ibn al-Musayyab disaient, quant à eux : « Tout musulman doit être lavé, car tout défunt entre en état d’impureté majeure. »

يُسْتَحَبُّ فِي الْمَذْهَبِ تَأْخِيرُ دَفْنِهِ مَخَافَةَ أَنْ يَكُونَ الْمَاءُ قَدْ غَمَرَهُ فَلَمْ تَتَبَيَّنْ حَيَاتُهُ. قَالَ الْقَاضِي: وَإِذَا قِيلَ هَذَا فِي الْغَرِيقِ فَهُوَ أَوْلَى فِي كَثِيرٍ مِنَ الْمَرْضَى، مِثْلُ الَّذِينَ يُصِيبُهُمُ انْطِبَاقُ الْعُرُوقِ وَغَيْرُ ذَلِكَ مِمَّا هُوَ مَعْرُوفٌ عِنْدَ الْأَطِبَّاءِ، حَتَّى لقد قَالَ الْأَطِبَّاءُ إِنَّ الْمَسْكُوتِينَ لَا يَنْبَغِي أَنْ يُدْفَنُوا إِلَّا بَعْدَ ثَلَاثٍ. [الْبَابُ الثَّانِي فِي غُسْلِ الْمَيِّتِ] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي حُكْمِ الْغُسْلِ] الْبَابُ الثَّانِي فِي غُسْلِ الْمَيِّتِ وَيَتَعَلَّقُ بِهَذَا الْبَابِ فُصُولٌ أَرْبَعَةٌ: مِنْهَا فِي حُكْمِ الْغُسْلِ. وَمِنْهَا فِيمَنْ يَجِبُ غُسْلُهُ مِنَ الْمَوْتَى. وَمَنْ يَجُوزُ أَنْ يُغَسِّلَ، وَمَا حُكْمُ الْغَاسِلِ. وَمِنْهَا فِي صِفَةُ الْغُسْلِ. الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي حُكْمِ الْغُسْلِ فَأَمَّا حُكْمُ الْغُسْلِ: فَإِنَّهُ قِيلَ فِيهِ إِنَّهُ فَرْضٌ عَلَى الْكِفَايَةِ. وَقِيلَ سُنَّةٌ عَلَى الْكِفَايَةِ. وَالْقَوْلَانِ كِلَاهُمَا فِي الْمَذْهَبِ. وَالسَّبَبُ فِي ذَلِكَ: أَنَّهُ نُقِلَ بِالْعَمَلِ لَا بِالْقَوْلِ، وَالْعَمَلُ لَيْسَ لَهُ صِيغَةٌ تُفْهِمُ الْوُجُوبَ أَوْ لَا تُفْهِمُهُ. وَقَدِ احْتَجَّ عَبْدُ الْوَهَّابِ لِوُجُوبِهِ بِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - فِي ابْنَتِهِ «اغْسِلْنَهَا ثَلَاثًا أَوْ خَمْسًا» وَبِقَوْلِهِ فِي الْمُحْرِمِ «اغْسِلُوهُ» . فَمَنْ رَأَى أَنَّ هَذَا الْقَوْلَ خَرَجَ مَخْرَجَ تَعْلِيمٍ لِصِفَةِ الْغُسْلِ لَا مَخْرَجَ الْأَمْرِ بِهِ لَمْ يَقُلْ بِوُجُوبِهِ، وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَتَضَمَّنُ الْأَمْرَ وَالصِّفَةَ قَالَ بِوُجُوبِهِ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِيمَنْ يَجِبُ غُسْلُهُ مِنَ الْمَوْتَى] الْفَصْلُ الثَّانِي فِيمَنْ يَجِبُ غُسْلُهُ مِنَ الْمَوْتَى وَأَمَّا الْأَمْوَاتُ الَّذِينَ يَجِبُ غُسْلُهُمْ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا مِنْ ذَلِكَ عَلَى غُسْلِ الْمَيِّتِ الْمُسْلِمِ الَّذِي لَمْ يُقْتَلْ فِي مُعْتَرَكِ حَرْبِ الْكُفَّارِ. وَاخْتَلَفُوا فِي غُسْلِ الشَّهِيدِ، وَفِي الصَّلَاةِ عَلَيْهِ، وَفِي غُسْلِ الْمُشْرِكِ. فَأَمَّا الشَّهِيدُ - أَعْنِي: الَّذِي قَتَلَهُ فِي الْمُعْتَرَكِ الْمُشْرِكُونَ -: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى تَرْكِ غُسْلِهِ لِمَا رُوِيَ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَمَرَ بِقَتْلَى أُحُدٍ فَدُفِنُوا بِثِيَابِهِمْ وَلَمْ يُصَلِّ عَلَيْهِمْ» . وَكَانَ الْحَسَنُ وَسَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ يَقُولَانِ: يُغَسَّلُ كُلُّ مُسْلِمٍ فَإِنَّ كُلَّ مَيِّتٍ يُجْنِبُ،

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