Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Il est rapporté d’Ibn ‘Abbās qu’il prononçait trois fois :

« Allah est le plus grand. »

Puis disait, en quatrième lieu :

« Et à Allah la louange. »

D’autres savants ont dit : « Rien n’a été fixé en la matière. »

Cette divergence tient à l’absence de précisions dans la Loi, alors qu’ils comprennent néanmoins qu’elle prévoit une forme déterminée — je parle ici de la majorité. Leur divergence sur la délimitation de la période du takbīr a la même cause : ils comprennent qu’une période doit être fixée, sans qu’un texte ne la précise.

Ils s’accordent à considérer qu’il est recommandé, le jour de la fête de la rupture du jeûne, de manger avant de se rendre le matin à l’esplanade de prière et, le jour de la fête du sacrifice, de ne manger qu’au retour de la prière. Ils s’accordent également sur la recommandation de revenir par un autre chemin que celui emprunté à l’aller, car il est établi que le Prophète — sur lui la prière et la paix — agissait ainsi.

[Chapitre neuvième : des prosternations liées à la récitation du Coran]

Ce chapitre comporte cinq sections : le statut de la prosternation ; le nombre des prosternations prescrites — c’est-à-dire celles que l’on accomplit à la récitation du Coran — ; les moments où l’on se prosterne ; les personnes auxquelles la prosternation incombe ; et la manière de l’accomplir.

Concernant le statut de la prosternation de récitation, Abū Hanīfa et ses disciples la considèrent comme obligatoire. Mālik et al-Shāfi‘ī estiment, quant à eux, qu’elle relève de la sunna et n’est pas obligatoire.

Cette divergence tient à leur compréhension différente des ordres de se prosterner et des énoncés qui ont valeur de tels ordres, comme cette parole du Très-Haut :

« Lorsque les versets du Tout Miséricordieux leur sont récités, ils tombent prosternés et en pleurs. »
[Marie : 58]

Faut-il y voir une obligation ou une recommandation ? Abū Hanīfa les comprend selon leur sens apparent, qui implique l’obligation. Mālik et al-Shāfi‘ī suivent, dans leur interprétation, les Compagnons, ceux-ci étant les mieux placés pour comprendre les injonctions de la Loi.

En effet, il est établi que ‘Umar ibn al-Khattāb récita un verset de prosternation un vendredi, puis descendit et se prosterna ; les fidèles se prosternèrent avec lui. Le vendredi suivant, lorsqu’il le récita à nouveau, les fidèles se préparèrent à se prosterner. Il leur dit alors : « Attendez ! Allah ne nous l’a pas imposée ; nous pouvons l’accomplir si nous le souhaitons. »

Ils font valoir que cela eut lieu en présence des Compagnons, sans qu’aucune opposition de leur part ait été rapportée, alors qu’ils étaient les plus à même de comprendre la visée de la Loi. Toutefois, cet argument ne vaut que pour celui qui considère comme probante la parole d’un Compagnon lorsqu’aucun autre Compagnon ne s’y oppose.

وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ يَقُولُ: (اللَّهُ أَكْبَرُ) ثَلَاثَ مَرَّاتٍ، ثُمَّ يَقُولُ الرَّابِعَةَ: (وَلِلَّهِ الْحَمْدُ) . وَقَالَتْ جَمَاعَةٌ: لَيْسَ فِيهِ شَيْءٌ مُؤَقَّتٌ. وَالسَّبَبُ فِي هَذَا الِاخْتِلَافِ: عَدَمُ التَّحْدِيدِ فِي ذَلِكَ فِي الشَّرْعِ، مَعَ فَهْمِهِمْ مِنَ الشَّرْعِ فِي ذَلِكَ التَّوْقِيتِ - أَعْنِي: فَهْمَ الْأَكْثَرِ. وَهَذَا هُوَ السَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي تَوْقِيتِ زَمَانِ التَّكْبِيرِ - أَعْنِي: فَهْمَ التَّوْقِيتِ مَعَ عَدَمِ النَّصِّ فِي ذَلِكَ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ يُسْتَحَبُّ أَنْ يُفْطِرَ فِي عِيدِ الْفِطْرِ قَبْلَ الْغُدُوِّ إِلَى الْمُصَلَّى، وَأَنْ لَا يُفْطِرَ يَوْمَ الْأَضْحَى إِلَّا بَعْدَ الِانْصِرَافِ مِنَ الصَّلَاةِ، وَأَنَّهُ يُسْتَحَبُّ أَنْ يَرْجِعَ على غَيْرِ الطَّرِيقِ الَّتِي مَشَى عَلَيْهَا لِثُبُوتِ ذَلِكَ مِنْ فِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -. [الْبَابُ التَّاسِعُ فِي سُجُودِ الْقُرْآنِ] ِ وَالْكَلَامُ فِي هَذَا الْبَابِ يَنْحَصِرُ فِي خَمْسَةِ فُصُولٍ: فِي حُكْمِ السُّجُودِ، وَفِي عَدَدِ السَّجَدَاتِ الَّتِي هي عَزَائِمُ - أَعْنِي: الَّتِي يُسْجَدُ لَهَا -، وَفِي الْأَوْقَاتِ الَّتِي يُسْجَدُ لَهَا، وَعَلَى مَنْ يَجِبُ السُّجُودُ، وَفِي صِفَةِ السُّجُودِ. فَأَمَّا حُكْمُ سُجُودِ التِّلَاوَةِ: فَإِنَّ أَبَا حَنِيفَةَ وَأَصْحَابَهُ قَالُوا: هُوَ وَاجِبٌ، وَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: هُوَ مَسْنُونٌ وَلَيْسَ بِوَاجِبٍ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ الْأَوَامِرِ بِالسُّجُودِ، وَالْأَخْبَارِ الَّتِي مَعْنَاهَا مَعْنَى الْأَوَامِرِ بِالسُّجُودِ، مِثْلُ قَوْله تَعَالَى: {إِذَا تُتْلَى عَلَيْهِمْ آيَاتُ الرَّحْمَنِ خَرُّوا سُجَّدًا وَبُكِيًّا} [مريم: ٥٨] هَلْ هِيَ مَحْمُولَةٌ عَلَى الْوُجُوبِ، أَوْ عَلَى النَّدْبِ: فَأَبُو حَنِيفَةَ حَمَلَهَا عَلَى ظَاهِرِهَا مِنَ الْوُجُوبِ، وَمَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ اتَّبَعَا فِي مَفْهُومِهمَا الصَّحَابَةَ إِذْ كَانُوا هُمْ أَقْعَدَ بِفَهْمِهم الْأَوَامِرِ الشَّرْعِيَّةِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا ثَبَتَ: أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَرَأَ السَّجْدَةَ يَوْمَ الْجُمُعَةِ، فَنَزَلَ وَسَجَدَ، وَسَجَدَ النَّاسُ معه فَلَمَّا كَانَ يوم الْجُمُعَةِ الثَّانِيَةِ وَقَرَأَهَا تَهَيَّأَ النَّاسُ لِلسُّجُودِ فَقَالَ: عَلَى رِسْلِكُمْ إِنَّ اللَّهَ لَمْ يَكْتُبْهَا عَلَيْنَا إِلَّا أَنْ نَشَاءَ، قَالُوا: وَهَذه بِمَحْضَرِ الصَّحَابَةِ، فَلَمْ يُنْقَلْ عَنْ أَحَدٍ مِنْهُمْ خِلَافٌ، وَهُمْ أَفْهَمُ بِمَغْزَى الشَّرْعِ، وَهَذَا إِنَّمَا يَحْتَجُّ بِهِ مَنْ يَرَى قَوْلَ الصَّحَابِيِّ - إِذَا لَمْ يَكُنْ لَهُ مُخَالِفٌ - حُجَّةً.

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