Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

D’autres considèrent que les prières surérogatoires avant et après celle de la fête sont simplement permises, sans être ni recommandées ni réprouvées. Cette position soulève moins de difficultés, si le terme « mosquée » n’englobe pas l’esplanade de prière.

Ils divergent sur le moment du takbīr — la proclamation de la grandeur d’Allah — lors de la fête de la rupture du jeûne, la majorité s’accordant à le recommander en vertu de cette parole du Très-Haut :

« Afin que vous complétiez le nombre de jours et proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés. »
[La Vache : 185]

La majorité des savants considère que l’on prononce le takbīr en se rendant le matin à la prière. C’est l’avis d’Ibn ‘Umar et d’un groupe de Compagnons et de leurs Successeurs, également adopté par Mālik, Ahmad, Ishāq et Abū Thawr.

Selon d’autres, on le prononce dès la nuit précédant la fête de la rupture du jeûne, à l’observation du croissant, jusqu’au départ pour l’esplanade de prière et jusqu’à la sortie de l’imam. Ils préconisent la même chose pour la nuit précédant la fête du sacrifice, à condition de ne pas être en pèlerinage. Il est rapporté d’Ibn ‘Abbās qu’il désapprouvait tout takbīr, sauf lorsque l’imam le prononçait.

Ils s’accordent également sur le takbīr après les prières pendant les jours du pèlerinage, mais divergent considérablement sur la période durant laquelle il convient de le prononcer.

Certains estiment qu’on le prononce depuis la prière de l’aube du jour de ‘Arafa jusqu’à celle de l’après-midi du dernier des jours de tashrīq, les jours qui suivent la fête du sacrifice. C’est l’avis de Sufyān, d’Ahmad et d’Abū Thawr. Selon un autre avis, on le prononce depuis la prière de midi du jour du sacrifice jusqu’à celle de l’aube du dernier des jours de tashrīq. C’est la position de Mālik et d’al-Shāfi‘ī.

Al-Zuhrī a dit : « La sunna établie veut que, dans les villes, l’imam prononce le takbīr après les prières, depuis celle de midi du jour du sacrifice jusqu’à celle de l’après-midi du dernier des jours de tashrīq. »

En somme, les divergences sur ce point sont nombreuses : Ibn al-Mundhir en a rapporté dix avis.

Cette divergence tient au fait que cette pratique a été transmise par les actes, sans qu’aucune parole en fixant précisément les limites ait été rapportée. Les Compagnons ayant divergé sur ce point, ceux qui leur ont succédé ont divergé à leur tour.

Le fondement en la matière est cette parole du Très-Haut :

« Et évoquez Allah pendant des jours comptés. »
[La Vache : 203]

Bien que cette injonction s’adresse en premier lieu aux pèlerins, la majorité considère qu’elle englobe aussi bien les pèlerins que les autres. Cette compréhension s’est transmise dans la pratique, malgré les divergences sur la période concernée. Peut-être le choix entre ces différentes délimitations est-il laissé à chacun, puisque tous s’accordent à fixer une période, tout en divergeant sur ses limites.

Certains considèrent que, durant ces jours, le takbīr après la prière ne concerne que celui qui a prié en groupe.

Ils divergent également sur la formule du takbīr durant ces jours. Mālik et al-Shāfi‘ī préconisent de le prononcer trois fois :

« Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. »

Selon un autre avis, on ajoute ensuite :

« Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah, Lui seul, sans associé. À Lui la royauté et à Lui la louange ; Il est capable de toute chose. »

وَرَأَى قَوْمٌ أَنَّ التَّنَفُّلَ قَبْلَهَا وَبَعْدَهَا مِنْ بَابِ الْمُبَاحِ الْجَائِزِ لَا مِنْ بَابِ الْمَنْدُوبِ وَلَا مِنْ بَابِ الْمَكْرُوهِ، وَهُوَ أَقَلُّ اشْتِبَاهًا إِنْ لَمْ يَتَنَاوَلِ اسْمُ الْمَسْجِدِ الْمُصَلَّى. وَاخْتَلَفُوا فِي وَقْتِ التَّكْبِيرِ فِي عِيدِ الْفِطْرِ بَعْدَ أَنْ أَجْمَعَ عَلَى اسْتِحْبَابِهِ الْجُمْهُورُ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَلِتُكْمِلُوا الْعِدَّةَ وَلِتُكَبِّرُوا اللَّهَ عَلَى مَا هَدَاكُمْ} [البقرة: ١٨٥] فَقَالَ جُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ: يُكَبِّرُ عِنْدَ الْغُدُوِّ إِلَى الصَّلَاةِ، وَهُوَ مَذْهَبُ ابْنِ عُمَرَ وَجَمَاعَةٍ مِنَ الصَّحَابَةِ وَالتَّابِعِينَ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ وَأَحْمَدُ وَإِسْحَاقُ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَقَالَ قَوْمٌ: يُكَبِّرُ مِنْ لَيْلَةِ الْفِطْرِ إِذَا رَأَوُا الْهِلَالَ حَتَّى يَغْدُوَ إِلَى الْمُصَلَّى، وَحَتَّى يَخْرُجَ الْإِمَامُ، وَكَذَلِكَ فِي لَيْلَةِ الْأَضْحَى عِنْدَهُمْ إِنْ لَمْ يَكُنْ حَاجًّا. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ إِنْكَارُ التَّكْبِيرِ جُمْلَةً إِلَّا إِذَا كَبَّرَ الْإِمَامُ. وَاتَّفَقُوا أَيْضًا عَلَى التَّكْبِيرِ فِي أَدْبَارِ الصَّلَوَاتِ أَيَّامَ الْحَجِّ، وَاخْتَلَفُوا فِي تَوْقِيتِ ذَلِكَ اخْتِلَافًا كَثِيرًا: فَقَالَ قَوْمٌ: يُكَبِّرُ مِنْ صَلَاةِ الصُّبْحِ يَوْمَ عَرَفَةَ إِلَى الْعَصْرِ مِنْ آخَرَ أَيَّامِ التَّشْرِيقِ، وَبِهِ قَالَ سُفْيَانُ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَقِيلَ يُكَبِّرُ مِنْ صَلَاةِ الظُّهْرِ مِنْ يَوْمِ النَّحْرِ إِلَى صَلَاةِ الصُّبْحِ مِنْ آخِرِ أَيَّامِ التَّشْرِيقِ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ. وَقَالَ الزُّهْرِيُّ: مَضَتِ السُّنَّةُ أَنْ يُكَبِّرَ الْإِمَامُ فِي الْأَمْصَارِ دُبُرَ صَلَاةِ الظُّهْرِ مِنْ يَوْمِ النَّحْرِ إِلَى الْعَصْرِ مِنْ آخِرِ أَيَّامِ التَّشْرِيقِ. وَبِالْجُمْلَةِ فَالْخِلَافُ فِي ذَلِكَ كَثِيرٌ، حَكَى ابْنُ الْمُنْذِرِ فِيهَا عَشَرَةَ أَقْوَالٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ: هُوَ أَنَّهُ نُقِلَتْ بِالْعَمَلِ وَلَمْ يُنْقَلْ فِي ذَلِكَ قَوْلٌ مَحْدُودٌ، فَلَمَّا اخْتَلَفَ الصَّحَابَةُ فِي ذَلِكَ اخْتَلَفَ مَنْ بَعْدَهُمْ. وَالْأَصْلُ فِي هَذَا الْبَابِ قَوْله تَعَالَى: {وَاذْكُرُوا اللَّهَ فِي أَيَّامٍ مَعْدُودَاتٍ} [البقرة: ٢٠٣] . فَهَذَا الْخِطَابُ وَإِنْ كَانَ الْمَقْصُودُ بِهِ أَوَّلًا أَهْلَ الْحَجِّ، فَإِنَّ الْجُمْهُورَ رَأَوْا أَنَّهُ يَعُمُّ أَهْلَ الْحَجِّ وَغَيْرَهُمْ، وَتُلُقِّيَ ذَلِكَ بِالْعَمَلِ، وَإِنْ كَانُوا اخْتَلَفُوا فِي التَّوْقِيتِ فِي ذَلِكَ، وَلَعَلَّ التَّوْقِيتَ فِي ذَلِكَ عَلَى التَّخْيِيرِ ; لِأَنَّهُمْ كُلَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى التَّوْقِيتِ وَاخْتَلَفُوا فِيهِ. وَقَالَ قَوْمٌ: التَّكْبِيرُ دُبُرَ الصَّلَاةِ فِي هَذِهِ الْأَيَّامِ إِنَّمَا هُوَ لِمَنْ صَلَّى فِي جَمَاعَةٍ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي صِفَةِ التَّكْبِيرِ فِي هَذِهِ الْأَيَّامِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ: يُكَبِّرُ ثَلَاثًا: (اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ) . وَقِيلَ: يَزِيدُ بَعْدَ هَذَا: (لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْملكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ) .

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