Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ceux qui préconisent quatre unités de prière l’assimilent à la prière du vendredi, mais cette analogie est faible. Ceux qui préconisent deux unités, accomplies comme celles de l’imam, s’appuient sur le principe selon lequel le rattrapage doit se faire selon les mêmes modalités que l’accomplissement initial. Quant à ceux qui excluent le rattrapage, ils considèrent que cette prière exige, comme celle du vendredi, une assemblée et un imam. Son rattrapage ne s’impose donc ni en deux ni en quatre unités, puisqu’elle ne remplace aucune autre prière. L’examen de la question conduit à hésiter entre ces deux avis — celui d’al-Shāfi‘ī et celui de Mālik. Les autres opinions sur ce point sont faibles et dépourvues de fondement pertinent : la prière du vendredi remplace celle de midi, tandis que celle de la fête ne remplace aucune autre prière. Comment pourrait-on donc les assimiler l’une à l’autre en matière de rattrapage ? À vrai dire, lorsque celui qui a manqué la prière du vendredi accomplit celle de midi, il ne s’agit pas d’un rattrapage, mais d’un accomplissement à son heure : dès lors qu’il a manqué la prière qui la remplace, celle de midi redevient obligatoire pour lui. Allah est Celui qui guide vers ce qui est juste.

Ils divergent au sujet des prières surérogatoires avant et après la prière de la fête.

La majorité considère qu’on n’en accomplit ni avant ni après. Cet avis est rapporté de ‘Alī ibn Abī Tālib, d’Ibn Mas‘ūd, de Hudhayfa et de Jābir ; Ahmad l’a également adopté. Selon un autre avis, on en accomplit avant et après. C’est la position d’Anas et de ‘Urwa, également adoptée par al-Shāfi‘ī.

Un troisième avis consiste à en accomplir après, mais non avant. C’est l’avis d’al-Thawrī, d’al-Awzā‘ī et d’Abū Hanīfa, également rapporté d’Ibn Mas‘ūd. Certains distinguent selon que la prière a lieu sur l’esplanade de prière ou dans la mosquée. C’est la position bien connue de l’école de Mālik.

Leur divergence tient à ce qu’il est établi que :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — sortit un jour de la fête de la rupture du jeûne ou de la fête du sacrifice et accomplit deux unités de prière, sans prier ni avant ni après. »

Or, il a également dit — sur lui la prière et la paix :

« Lorsque l’un de vous entre dans la mosquée, qu’il accomplisse deux unités de prière. »

Elle tient aussi à l’hésitation concernant cette prière, en tant que prière instituée : faut-il lui appliquer la même règle qu’à la prière obligatoire quant à la recommandation d’accomplir des prières surérogatoires avant et après, ou non ?

Ceux qui considèrent que son abstention de prier avant et après relève de l’absence de prières surérogatoires avant et après les prières de sunna, et qui n’incluent pas l’esplanade de prière dans ce que désigne le mot « mosquée », ne recommandent aucune prière surérogatoire avant ni après celle de la fête. C’est pourquoi les avis divergent au sein de l’école sur la prière à accomplir avant celle de la fête lorsque cette dernière a lieu dans une mosquée : sur ce point, l’argument tiré de l’acte du Prophète s’oppose à celui tiré de sa parole. Autrement dit, en tant que personne entrant dans une mosquée, il est recommandé au fidèle de prier ; mais en tant que personne se trouvant au lieu où se célèbre la prière de la fête, il lui est recommandé de s’en abstenir, à l’exemple du Prophète — sur lui la prière et la paix.

Ceux qui considèrent que cette abstention relève d’une dispense et que le mot « mosquée » englobe l’esplanade de prière recommandent d’accomplir des prières surérogatoires avant celle de la fête.

Enfin, ceux qui l’assimilent à la prière obligatoire recommandent d’accomplir des prières surérogatoires avant et après, comme nous l’avons dit.

فَمَنْ قَالَ أَرْبَعًا شَبَّهَهَا بِصَلَاةِ الْجُمُعَةِ وَهُوَ تَشْبِيهٌ ضَعِيفٌ، وَمَنْ قَالَ رَكْعَتَيْنِ كَمَا صَلَّاهُمَا الْإِمَامُ فَمَصِيرًا إِلَى أَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنَّ الْقَضَاءَ يَجِبُ أَنْ يَكُونَ عَلَى صِفَةِ الْأَدَاءِ، وَمَنْ مَنَعَ الْقَضَاءَ فَلِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهَا صَلَاةٌ مِنْ شَرْطِهَا الْجَمَاعَةُ وَالْإِمَامُ كَالْجُمُعَةِ، فَلَمْ يَجِبْ قَضَاؤُهَا رَكْعَتَيْنِ وَلَا أَرْبَعًا إِذْ لَيْسَتْ هِيَ بَدَلًا مِنْ شَيْءٍ، وَهَذَانِ الْقَوْلَانِ هُمَا اللَّذَانِ يَتَرَدَّدُ فِيهِمَا النَّظَرُ - أَعْنِي: قَوْلَ الشَّافِعِيِّ وَقَوْلَ مَالِكٍ -، وَأَمَّا سَائِرُ الْأَقَاوِيلِ فِي ذَلِكَ فَضَعِيفٌ لَا مَعْنَى لَهُ، لِأَنَّ صَلَاةَ الْجُمُعَةِ بَدَلٌ مِنَ الظُّهْرِ، وَهَذِهِ لَيْسَتْ بَدَلًا مِنْ شَيْءٍ، فَكَيْفَ يَجِبُ أَنْ تُقَاسَ إِحْدَاهُمَا عَلَى الْأُخْرَى فِي الْقَضَاءِ، وَعَلَى الْحَقِيقَةِ فَلَيْسَ مِنْ فَاتَتْهُ الْجُمُعَةُ فَصَلَاتُهُ الظُّهْر قَضَاءٌ بَلْ أَدَاءٌ، لِأَنَّهُ إِذَا فَاتَهُ الْبَدَلُ وَجَبَتْ هِيَ. وَاللَّهُ الْمُوَفِّقُ لِلصَّوَابِ. وَاخْتَلَفُوا فِي التَّنَفُّلِ قَبْلَ صَلَاةِ الْعِيدِ وَبَعْدَهَا: فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ لَا يَتَنَفَّلُ لَا قَبْلَهَا وَلَا بَعْدَهَا، وَهُوَ مَرْوِيٌّ عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ وَابْنِ مَسْعُودٍ وَحُذَيْفَةَ وَجَابِرٍ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ. وَقِيلَ يَتَنَفَّلُ قَبْلَهَا وَبَعْدَهَا، وَهُوَ مَذْهَبُ أَنَسٍ وَعُرْوَةَ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَفِيهِ قَوْلٌ ثَالِثٌ: وَهُوَ أَنْ يَتَنَفَّلَ بَعْدَهَا وَلَا يَتَنَفَّلَ قَبْلَهَا، وَقَالَ بِهِ الثَّوْرِيُّ وَالْأَوْزَاعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَهُوَ مَرْوِيٌّ أَيْضًا عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ. وَفَرَّقَ قَوْمٌ بَيْنَ أَنْ تَكُونَ الصَّلَاةُ فِي الْمُصَلَّى أَوْ فِي الْمَسْجِدِ، وَهُوَ مَشْهُورُ مَذْهَبِ مَالِكٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: أَنَّهُ ثَبَتَ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - خَرَجَ يَوْمَ فِطْرٍ أَوْ يَوْمَ أَضْحَى فَصَلَّى رَكْعَتَيْنِ لَمْ يُصَلِّ قَبْلَهُمَا وَلَا بَعْدَهُمَا» وَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِذَا جَاءَ أَحَدُكُمُ الْمَسْجِدَ فَلْيَرْكَعْ رَكْعَتَيْنِ» . وَتَرَدُّدُهَا أَيْضًا مِنْ حَيْثُ هِيَ مَشْرُوعَةٌ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ حُكْمُهَا فِي اسْتِحْبَابِ التَّنَفُّلِ قَبْلَهَا وَبَعْدَهَا حُكْمَ الْمَكْتُوبَةِ أَوْ لَا يَكُونُ ذَلِكَ حُكْمَهَا؟ فَمَنْ رَأَى أَنَّ تَرْكَهُ الصَّلَاةَ قَبْلَهَا وَبَعْدَهَا هُوَ مِنْ بَابِ تَرْكِ الصَّلَاةِ قَبْلَ السُّنَنِ وَبَعْدَهَا، وَلَمْ يَنْطَلِقِ اسْمُ الْمَسْجِدِ عِنْدَهُ عَلَى الْمُصَلَّى لَمْ يُسْتَحَبَّ تَنَفُّلًا قَبْلَهَا وَلَا بَعْدَهَا، وَلِذَلِكَ تَرَدَّدَ الْمَذْهَبُ فِي الصَّلَاةِ قَبْلَهَا إِذَا صُلِّيَتْ فِي الْمَسْجِدِ، لِكَوْنِ دَلِيلِ الْفِعْلِ مُعَارِضًا فِي ذَلِكَ الْقَوْلِ - أَعْنِي: أَنَّهُ مِنْ حَيْثُ هُوَ دَاخِلٌ فِي مَسْجِدٍ يُسْتَحَبُّ لَهُ الرُّكُوعُ، وَمِنْ حَيْثُ هُوَ مُصَلَّى صَلَاةَ الْعِيدِ يُسْتَحَبُّ لَهُ أَنْ لَا يَرْكَعَ تَشَبُّهًا بِفِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -. وَمَنْ رَأَى أَنَّ ذَلِكَ مِنْ بَابِ الرُّخْصَةِ، وَرَأَى أَنَّ اسْمَ الْمَسْجِدِ يَنْطَلِقُ عَلَى الْمُصَلَّى نُدِبَ إِلَى التَّنَفُّلِ قَبْلَهَا. وَمَنْ شَبَّهَهَا بِالصَّلَاةِ الْمَفْرُوضَةِ اسْتَحَبَّ التَّنَفُّلَ قَبْلَهَا وَبَعْدَهَا كَمَا قُلْنَا.

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