Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

d’y réciter les sourates commençant par « Qāf. Par le Coran glorieux » [Qāf : 1] et « L’Heure approche » [La Lune : 1], cette pratique étant établie du Prophète — sur lui la prière et la paix.

Ils divergent toutefois sur plusieurs questions, dont la plus connue concerne les takbīr, ces proclamations de la grandeur d’Allah. Abū Bakr ibn al-Mundhir a rapporté à ce sujet quelque douze avis. Nous ne mentionnerons cependant que les avis connus qui s’appuient sur un Compagnon ou sur une tradition rapportée.

Selon Mālik, la première des deux unités de prière des fêtes comporte sept takbīr avant la récitation, en comptant celui qui ouvre la prière ; la seconde en comporte six, en comptant celui que l’on prononce en se relevant de la prosternation.

Selon al-Shāfi‘ī, il y en a huit dans la première et six dans la seconde, en comptant celui que l’on prononce en se relevant de la prosternation.

Abū Hanīfa dit : dans la première unité, on prononce trois takbīr après celui qui ouvre la prière, en levant les mains à chacun d’eux. On récite ensuite la Fātiha et une sourate, puis on prononce un takbīr en s’inclinant, sans lever les mains. Lorsqu’on se relève pour la seconde unité, on prononce un takbīr sans lever les mains, puis on récite la Fātiha et une sourate. On prononce ensuite trois takbīr en levant les mains à chacun d’eux, puis le takbīr de l’inclinaison, sans lever les mains.

D’autres considèrent que chacune des deux unités comporte neuf takbīr. Cet avis est rapporté d’Ibn ‘Abbās, d’al-Mughīra ibn Shu‘ba, d’Anas ibn Mālik et de Sa‘īd ibn al-Musayyab ; c’est aussi celui d’al-Nakha‘ī.

Leur divergence tient à la diversité des récits transmis à ce sujet des Compagnons.

Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — s’est fondé sur ce qu’il rapporte d’Ibn ‘Umar :

« J’ai assisté aux prières de la fête du Sacrifice et de la fête de la Rupture du jeûne avec Abū Hurayra. Il prononça sept takbīr dans la première unité, avant la récitation, et cinq dans la seconde, avant la récitation. »

Il s’est également fondé sur le fait que telle était la pratique observée à Médine. Al-Shāfi‘ī s’est appuyé sur ce même récit, mais il a considéré que les sept takbīr ne comprenaient pas celui qui ouvre la prière, de même que les cinq ne comprenaient pas celui que l’on prononce en se relevant.

Il semble que Mālik ait été amené à inclure le takbīr d’ouverture dans les sept, mais à compter celui du relèvement en plus des cinq rapportés, parce qu’il avait trouvé la pratique établie ainsi. C’était donc, semble-t-il, une manière pour lui de concilier le récit et la pratique. Abū Dāwūd a également rapporté, d’après ‘Ā’isha et ‘Amr ibn al-‘Ās, des récits de même sens que celui d’Abū Hurayra, mais remontant au Prophète.

On rapporte également ceci :

« On demanda à Abū Mūsā al-Ash‘arī et à Hudhayfa ibn al-Yamān : “Comment le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — prononçait-il les takbīr lors des prières de la fête du Sacrifice et de la fête de la Rupture du jeûne ?” Abū Mūsā répondit : “Il en prononçait quatre, comme lors de la prière funéraire.”

الْقِرَاءَةَ فِيهِمَا بِـ {ق وَالْقُرْآنِ الْمَجِيدِ} [ق: ١] و {اقْتَرَبَتِ السَّاعَةُ} [القمر: ١] لِثُبُوتِ ذَلِكَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -. وَاخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي مَسَائِلَ أَشْهَرُهَا: اخْتِلَافُهُمْ فِي التَّكْبِيرِ: وَذَلِكَ أَنَّهُ حَكَى فِي ذَلِكَ أَبُو بَكْرِ بْنُ الْمُنْذِرِ نَحْوًا مِنِ اثْنَيْ عَشَرَ قَوْلًا، إِلَّا أَنَّا نَذْكُرُ مِنْ ذَلِكَ الْمَشْهُورَ الَّذِي يَسْتَنِدُ إِلَى صَحَابِيٍّ أَوْ سَمَاعٍ فَنَقُولُ: ذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّ التَّكْبِيرَ فِي الْأُولَى مِنْ رَكْعَتَيِ الْعِيدَيْنِ: سَبْعٌ مَعَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ قَبْلَ الْقِرَاءَةِ، وَفِي الثَّانِيَةِ: سِتٌّ مَعَ تَكْبِيرَةِ الْقِيَامِ مِنَ السُّجُودِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: فِي الْأُولَى: ثَمَان، وَفِي الثَّانِيَةِ: سِتٌّ مَعَ تَكْبِيرَةِ الْقِيَامِ مِنَ السُّجُودِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يُكَبِّرُ فِي الْأُولَى ثَلَاثًا بَعْدَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ يَرْفَعُ يَدَيْهِ فِيهَا، ثُمَّ يَقْرَأُ أُمَّ الْقُرْآنِ وَسُورَةً، ثُمَّ يُكَبِّرُ رَاكِعًا وَلَا يَرْفَعُ يَدَيْهِ، فَإِذَا قَامَ إِلَى الثَّانِيَةِ كَبَّرَ وَلَمْ يَرْفَعْ يَدَيْهِ وَقَرَأَ فَاتِحَةَ الْكِتَابِ وَسُورَةً، ثُمَّ كَبَّرَ ثَلَاثَ تَكْبِيرَاتٍ يَرْفَعُ فِيهَا يَدَيْهِ، ثُمَّ يُكَبِّرُ لِلرُّكُوعِ وَلَا يَرْفَعُ فِيهَا يَدَيْهِ. وَقَالَ قَوْمٌ: فِيهَا تِسْعٌ فِي كُلِّ رَكْعَةٍ، وَهُوَ مَرْوِيٌّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَالْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ وَأَنَسِ بْنِ مَالِكٍ وَسَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ، وَبِهِ قَالَ النَّخَعِيُّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ الْمَنْقُولَةِ فِي ذَلِكَ عَنِ الصَّحَابَةِ. فَذَهَبَ مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - إِلَى مَا رَوَاهُ عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: شَهِدْتُ الْأَضْحَى وَالْفِطْرَ مَعَ أَبِي هُرَيْرَةَ، فَكَبَّرَ فِي الْأُولَى سَبْعَ تَكْبِيرَاتٍ قَبْلَ الْقِرَاءَةِ، وفِي الْآخِرَةِ خَمْسًا قَبْلَ الْقِرَاءَةِ، وَلِأَنَّ الْعَمَلَ عِنْدَهُ بِالْمَدِينَةِ كَانَ عَلَى هَذَا، وَبِهَذَا الْأَثَرِ بِعَيْنِهِ أَخَذَ الشَّافِعِيُّ، إِلَّا أَنَّهُ تَأَوَّلَ فِي السَّبْعِ أَنَّهُ لَيْسَ فِيهَا تَكْبِيرَةُ الْإِحْرَامِ، كَمَا لَيْسَ فِي الْخَمْسِ تَكْبِيرَةُ الْقِيَامِ، وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ مَالِكٌ إِنَّمَا أَصَارَهُ أَنْ يَعُدَّ تَكْبِيرَةَ الْإِحْرَامِ فِي السَّبْعِ، وَيَعُدَّ تَكْبِيرَةَ الْقِيَامِ زَائِدًا عَلَى الْخَمْسِ الْمَرْوِيَّةِ أَنَّ الْعَمَلَ أَلْفَاهُ عَلَى ذَلِكَ، فَكَأَنَّهُ عِنْدَهُ وَجْهٌ مِنَ الْجَمْعِ بَيْنَ الْأَثَرِ وَالْعَمَلِ، وَقَدْ خَرَّجَ أَبُو دَاوُدَ مَعْنَى حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ مَرْفُوعًا عَنْ عَائِشَةَ وَعَنْ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ. وَروي أَنَّهُ «سُئِلَ أَبُو مُوسَى الْأَشْعَرِيُّ وَحُذَيْفَةُ بْنُ الْيَمَانِ: كَيْفَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يُكَبِّرُ فِي الْأَضْحَى وَالْفِطْرِ؟ فَقَالَ أَبُو مُوسَى: " كَانَ يُكَبِّرُ أَرْبَعًا تكبيره عَلَى الْجَنَائِزِ "

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