Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Leur avis est toutefois réfuté par le fait que l’appellation d’eau, sans autre précision, s’applique aussi à l’eau de mer, ainsi que par le hadith rapporté par Mālik, dans lequel le Prophète — sur lui la prière et le salut — dit :

« Son eau est pure et purificatrice, et ses animaux morts sont licites à la consommation. »

Bien que l’authenticité de ce hadith soit discutée, le sens apparent des textes religieux le corrobore. De même, les savants s’accordent sur le fait que les modifications dues à des éléments dont l’eau ne peut habituellement être préservée ne lui ôtent ni sa pureté ni son pouvoir purificateur. Seul un avis divergent isolé est rapporté d’Ibn Sīrīn au sujet de l’eau dont les propriétés se sont altérées. Cet avis est lui aussi réfuté par le fait que l’appellation d’eau, sans autre précision, s’applique encore à celle-ci.

Ils s’accordent également sur le fait qu’une eau dont une impureté a modifié le goût, la couleur, l’odeur ou plusieurs de ces propriétés ne peut servir ni aux ablutions ni à la purification.

Ils s’accordent enfin sur le fait qu’une impureté ne nuit pas à une eau très abondante, formant une vaste étendue, lorsqu’elle n’en modifie aucune propriété : cette eau demeure pure. Tels sont les points de ce chapitre qui font l’objet d’un consensus.

Leurs divergences portent sur six questions qui constituent les règles et les fondements de ce chapitre.

Première question

Ils divergent au sujet d’une eau à laquelle s’est mêlée une impureté sans qu’aucune de ses propriétés soit modifiée.

Selon les uns, cette eau reste pure, qu’elle soit en grande ou en petite quantité. C’est l’un des avis rapportés de Mālik, et celui des tenants de l’interprétation littérale.

D’autres distinguent la petite quantité de la grande : si l’eau est en petite quantité, elle devient impure ; si elle est en grande quantité, elle ne le devient pas.

Ces derniers divergent sur le seuil qui sépare la petite quantité de la grande. Pour Abū Hanīfa, l’eau doit être assez abondante pour que, si une personne l’agite à l’une de ses extrémités, le mouvement ne se propage pas jusqu’à l’autre.

Pour al-Shāfi‘ī, ce seuil correspond à deux jarres de Hajar, soit environ cinq cents livres (ratl). D’autres ne fixent aucun seuil précis, mais considèrent qu’une impureté rend inutilisable pour la purification une petite quantité d’eau, même si aucune de ses propriétés n’a changé. Cet avis est également rapporté de Mālik. Il est aussi rapporté de lui que l’usage de cette eau est déconseillé.

Ainsi, trois avis sont rapportés de Mālik concernant une petite quantité d’eau dans laquelle tombe une faible quantité d’impureté : selon le premier, cette impureté la rend impropre à la purification ; selon le deuxième, elle ne la rend impropre que si l’une de ses propriétés est modifiée ; selon le troisième, son usage est déconseillé.

Leur divergence tient à l’opposition entre les sens apparents des hadiths rapportés à ce sujet. En effet, le hadith d’Abū Hurayra précédemment cité, dans lequel le Prophète — sur lui la prière et le salut — dit :

« Lorsque l’un de vous se réveille de son sommeil »

— et la suite du hadith — laisse entendre, selon son sens apparent, qu’une faible quantité d’impureté rend impure une petite quantité d’eau. Il en va de même du hadith authentique d’Abū Hurayra, selon lequel le Prophète — sur lui la prière et le salut — a dit :

« Que nul d’entre vous n’urine dans une eau stagnante, puis ne s’y baigne. »

Son sens apparent donne lui aussi à penser qu’une faible quantité d’impureté rend impure une petite quantité d’eau.

Il en va de même de l’interdiction rapportée

وَهُمْ مَحْجُوجُونَ بِتَنَاوُلِ اسْمِ الْمَاءِ الْمُطْلَقِ لَهُ، وَبِالْأَثَرِ الَّذِي خَرَّجَهُ مَالِكٌ وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «هُوَ الطَّهُورُ مَاؤُهُ الْحِلُّ مِيتَتُهُ» وَهُوَ وَإِنْ كَانَ حَدِيثًا مُخْتَلَفًا فِي صِحَّتِهِ، فَظَاهِرُ الشَّرْعِ يُعَضِّدُهُ، وَكَذَلِكَ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ كُلَّ مَا يُغَيِّرُ الْمَاءَ مِمَّا لَا يَنْفَكُّ عَنْهُ غَالِبًا أَنَّهُ لَا يَسْلُبُهُ صِفَةَ الطَّهَارَةِ وَالتَّطْهِيرِ إِلَّا خِلَافًا شَاذًّا رُوِيَ فِي الْمَاءِ الْآجِنِ عَنِ ابْنِ سِيرِينَ، وَهُوَ أَيْضًا مَحْجُوجٌ بِتَنَاوُلِ اسْمِ الْمَاءِ الْمُطْلَقِ لَهُ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْمَاءَ الَّذِي غَيَّرَتِ النَّجَاسَةُ إِمَّا طَعْمَهُ أَوْ لَوْنَهُ أَوْ رِيحَهُ أَوْ أَكْثَرَ مِنْ وَاحِدٍة مِنْ هَذِهِ الْأَوْصَافِ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ بِهِ الْوُضُوءُ وَلَا الطُّهُورُ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْمَاءَ الْكَثِيرَ الْمُسْتَبْحِرَ لَا تَضُرُّهُ النَّجَاسَةُ الَّتِي لَمْ تُغَيِّرْ أَحَدَ أَوْصَافِهِ وَأَنَّهُ طَاهِرٌ، فَهَذَا مَا أَجْمَعُوا عَلَيْهِ مِنْ هَذَا الْبَابِ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي سِتِّ مَسَائِلَ تَجْرِي مَجْرَى الْقَوَاعِدِ وَالْأُصُولِ لِهَذَا الْبَابِ. الْمَسْأَلَةُ الأُولَى اخْتَلَفُوا فِي الْمَاءِ إِذَا خَالَطَتْهُ نَجَاسَةٌ وَلَمْ تُغَيِّرْ أَحَدَ أَوْصَافِهِ، فَقَالَ قَوْمٌ: هُوَ طَاهِرٌ سَوَاءٌ أَكَانَ كَثِيرًا أَوْ قَلِيلًا، وَهِيَ إِحْدَى الرِّوَايَاتِ عَنْ مَالِكٍ، وَبِهِ قَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ، وَقَالَ قَوْمٌ بِالْفَرْقِ بَيْنَ الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ، فَقَالُوا: إِنْ كَانَ قَلِيلًا كَانَ نَجِسًا، وَإِنْ كَانَ كَثِيرًا لَمْ يَكُنْ نَجِسًا. وَهَؤُلَاءِ اخْتَلَفُوا فِي الْحَدِّ بَيْنَ الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ، فَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّ الْحَدَّ فِي هَذَا هُوَ أَنْ يَكُونَ الْمَاءُ مِنَ الْكَثْرَةِ بِحَيْثُ إِذَا حَرَّكَهُ آدَمِيٌّ مِنْ أَحَدِ طَرَفَيْهِ لَمْ تَسْرِ الْحَرَكَةُ إِلَى الطَّرَفِ الثَّانِي مِنْهُ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّ الْحَدَّ فِي ذَلِكَ هُوَ قُلَّتَانِ مِنْ قلال هَجَرَ، وَذَلِكَ نَحْوُ خَمْسِمِائَةِ رِطْلٍ، وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَحُدَّ فِي ذَلِكَ حَدًّا، وَلَكِنْ قَالَ: إِنَّ النَّجَاسَةَ تُفْسِدُ قَلِيلَ الْمَاءِ وَإِنْ لَمْ يَتَغَيَّرْ أَحَدَ أَوْصَافِهِ، وَهَذَا أَيْضًا مَرْوِيٌّ عَنْ مَالِكٍ، وَقَدْ رُوِيَ أَيْضًا أَنَّ هَذَا الْمَاءَ مَكْرُوهٌ. فَيَتَحَصَّلُ عَنْ مَالِكٍ فِي الْمَاءِ الْيَسِيرِ تَحُلُّهُ النَّجَاسَةُ الْيَسِيرَةُ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ: قَوْلٌ إِنَّ النَّجَاسَةَ تُفْسِدُهُ، وَقَوْلٌ إِنَّهَا لَا تُفْسِدُهُ إِلَّا أَنْ يَتَغَيَّرَ أَحَدُ أَوْصَافِهِ، وَقَوْلٌ إِنَّهُ مَكْرُوهٌ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ هُوَ تَعَارُضُ ظَوَاهِرِ الْأَحَادِيثِ الْوَارِدَةِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ الْمُتَقَدِّمَ وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «إِذَا اسْتَيْقَظَ أَحَدُكُمْ مِنْ نَوْمِهِ» الْحَدِيثَ، يُفْهَمُ مِنْ ظَاهِرِهِ أَنَّ قَلِيلَ النَّجَاسَةِ يُنَجِّسُ قَلِيلَ الْمَاءِ، وَكَذَلِكَ أَيْضًا حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ الثَّابِتُ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «لَا يَبُولَنَّ أَحَدُكُمْ فِي الْمَاءِ الدَّائِمِ، ثُمَّ يَغْتَسِلُ فِيهِ» فَإِنَّهُ يُوهِمُ بِظَاهِرِهِ أَيْضًا أَنَّ قَلِيلَ النَّجَاسَةِ يُنَجِّسُ قَلِيلَ الْمَاءِ. وَكَذَلِكَ لِمَا وَرَدَ مِنَ النَّهْيِ

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