Hanīfa, ils estiment qu’elle ne doit pas être accomplie collectivement et recommandent que les fidèles prient individuellement deux unités de prière, comme pour les autres prières surérogatoires.
Leur divergence tient à leur manière de comprendre cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Le soleil et la lune sont deux signes parmi les signes d’Allah. Ils ne s’éclipsent ni pour la mort ni pour la naissance de qui que ce soit. Lorsque vous les voyez s’éclipser, invoquez Allah et priez jusqu’à ce qu’Il dissipe ce qui vous frappe, et faites l’aumône. »
Ce hadith est rapporté par al-Bukhārī et Muslim.
Ceux qui comprennent que l’ordre de prier lors des deux éclipses désigne une même manière de prier, celle que le Prophète a suivie lors de l’éclipse de soleil, considèrent que la prière de l’éclipse de lune s’accomplit collectivement.
Ceux qui comprennent que cet ordre peut désigner des modalités différentes, puisqu’il n’est pas rapporté du Prophète — sur lui la prière et la paix — qu’il ait prié lors d’une éclipse de lune malgré la fréquence de ce phénomène, disent : cet ordre doit s’entendre de la forme minimale à laquelle s’applique le nom de prière dans la Loi, à savoir la prière surérogatoire accomplie individuellement. Le tenant de cet avis semble considérer que, par principe, lorsque la Loi ordonne une prière, ce terme doit être compris comme désignant la forme minimale à laquelle il s’applique, à moins qu’une preuve n’indique autre chose. Puisque la pratique du Prophète — sur lui la prière et la paix — lors de l’éclipse de soleil a indiqué une autre modalité, l’éclipse de lune reste soumise au sens initial. Al-Shāfi‘ī considère, quant à lui, que la pratique du Prophète lors de l’éclipse de soleil explique les modalités de l’ordre, formulé sans précision, de prier lors des deux types d’éclipses. Il faut donc s’en tenir à cette explication.
Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr affirme qu’il a été rapporté d’Ibn ‘Abbās et de ‘Uthmān qu’ils ont accompli, lors d’une éclipse de lune, une prière collective de deux unités, chacune comportant deux inclinaisons, conformément à l’avis d’al-Shāfi‘ī.
Certains ont recommandé de prier en cas de tremblement de terre, de vent, d’obscurité et d’autres signes semblables, par analogie avec les éclipses de lune et de soleil. En effet, le Prophète — sur lui la prière et la paix — a expressément indiqué la cause de cette prescription : le fait qu’il s’agit d’un signe. Cette analogie relève, à leurs yeux, des catégories les plus probantes du raisonnement analogique, puisqu’elle repose sur une cause explicitement énoncée. Mālik, al-Shāfi‘ī et un groupe de savants n’ont toutefois pas retenu cet avis.
Abū Hanīfa a dit : « Celui qui prie à l’occasion d’un tremblement de terre fait une bonne chose ; s’il ne le fait pas, il n’encourt aucun reproche. » Il est rapporté d’Ibn ‘Abbās qu’il a accompli à cette occasion une prière semblable à celle de l’éclipse.
[Septième chapitre : la prière de demande de pluie]
Les savants sont unanimes pour considérer que sortir afin de demander la pluie, se rendre hors de la ville, invoquer Allah — exalté soit-Il — et Le supplier de faire tomber la pluie constituent une sunna instituée par le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. Ils ont divergé au sujet de la prière lors de