qui ordonne de prier à l’entrée dans la mosquée a une portée générale quant au moment, mais particulière quant à la prière concernée. À l’inverse, l’interdiction de prier après l’aube, hormis les deux unités du matin, a une portée particulière quant au moment, mais générale quant aux prières concernées. Ceux qui font de cette prière particulière une exception à l’interdiction générale considèrent qu’il convient de prier après les deux unités de l’aube. Ceux qui font de ce moment particulier une exception à la portée temporelle générale de l’ordre ne le prescrivent pas.
Nous avons déjà dit que, lorsqu’une opposition de cette nature se présente, on ne doit retenir l’une des deux restrictions de portée qu’en vertu d’une preuve. Or, le hadith énonçant l’interdiction ne saurait être opposé au hadith authentiquement établi qui énonce l’ordre — et Allah sait mieux. Si toutefois l’authenticité du hadith d’interdiction est établie, il faut rechercher ailleurs une preuve permettant de trancher.
[Chapitre cinquième : les prières nocturnes de Ramadan]
Les savants sont unanimes pour reconnaître que la prière nocturne est plus vivement recommandée durant le mois de Ramadan que durant les autres mois, en raison de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« Quiconque accomplit les prières nocturnes de Ramadan avec foi et dans l’espoir de la récompense divine verra ses péchés passés pardonnés. »
Ils s’accordent également sur le caractère recommandé des prières de tarāwīh, pour lesquelles ‘Umar ibn al-Khattāb réunit les fidèles. Ils divergent toutefois sur ce qui est préférable : ces prières ou la prière en fin de nuit ? J’entends par celle-ci la prière que pratiquait le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. La majorité estime néanmoins que la prière en fin de nuit est préférable, en raison de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« La meilleure prière est celle que vous accomplissez chez vous, à l’exception de la prière obligatoire. »
Et de cette parole de ‘Umar au sujet des tarāwīh :
« La prière à l’heure où vous dormez est meilleure. »
Ils divergent sur le nombre d’unités à privilégier pour les prières nocturnes de Ramadan. Mālik, selon l’un de ses deux avis, ainsi qu’Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, Ahmad et Dāwūd, retiennent vingt unités, sans compter le witr, la prière impaire. Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik qu’il privilégiait trente-six unités, auxquelles s’ajoutaient trois unités pour le witr.
Cette divergence tient à la diversité des récits transmis à ce sujet. Ainsi, Mālik rapporte de Yazīd ibn Rūmān :
« À l’époque de ‘Umar ibn al-Khattāb, les fidèles accomplissaient vingt-trois unités de prière. »
Ibn Abī Shayba rapporte de Dāwūd ibn Qays :
« J’ai connu les fidèles de Médine, à l’époque de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz et d’Abān ibn ‘Uthmān : ils accomplissaient trente-six unités de prière, puis trois unités pour le witr. »
Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik que telle était la pratique ancienne — à savoir accomplir trente-six unités de prière.