Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

De ces principes découle également la réponse concernant celui qui enfile un chausson après avoir lavé un pied, mais avant de laver l’autre. Mālik dit :

« Il ne peut passer les mains mouillées sur ses chaussons, car il a enfilé l’un d’eux avant d’avoir achevé sa purification. »

C’est également l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Ahmad et d’Ishāq.

Abū Hanīfa, al-Thawrī, al-Muzzī, al-Tabarī et Dāwūd l’autorisent. Plusieurs disciples de Mālik, dont Mutarrif, partagent cet avis. Tous s’accordent cependant sur le fait que, s’il retire le premier chausson après avoir lavé le second pied, puis le remet, il peut passer les mains mouillées sur ses chaussons.

Cette pratique exige-t-elle que le chausson ne soit pas porté par-dessus un autre ? Deux avis sont rapportés de Mālik à ce sujet.

Le désaccord tient à la question suivante : de même que la purification du pied se reporte sur le chausson qui le recouvre, la purification requise pour le chausson inférieur se reporte-t-elle sur le chausson supérieur ? Ceux qui assimilent le second transfert au premier autorisent le passage des mains mouillées sur le chausson supérieur. Ceux qui ne les assimilent pas et y voient une différence ne l’autorisent pas.

Septième question : ce qui annule cette purification

Les juristes s’accordent sur le fait que les causes qui annulent cette purification sont celles-là mêmes qui annulent les ablutions. Ils divergent toutefois sur la question de savoir si le retrait du chausson l’annule également.

Selon les uns, celui qui retire ses chaussons et se lave les pieds conserve son état de pureté. S’il prie sans les avoir lavés, il doit refaire sa prière après les avoir lavés. Mālik et ses disciples, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa soutiennent cet avis. Toutefois, Mālik estime que, s’il tarde à les laver, il doit recommencer ses ablutions, conformément à sa position sur l’obligation d’enchaîner les actes sans interruption, sous la condition précédemment indiquée.

Selon d’autres, son état de pureté demeure jusqu’à ce que survienne un événement qui annule les ablutions, et il n’a pas à se laver les pieds. Dāwūd et Ibn Abī Laylā soutiennent cet avis.

Al-Hasan ibn Hayy dit, quant à lui :

« Dès qu’il retire ses chaussons, son état de pureté est annulé. »

Chacun de ces trois avis a été soutenu par un groupe de juristes parmi les Successeurs. Cette question n’est pas expressément traitée par les textes.

Leur divergence tient à la question suivante : le passage des mains mouillées sur les chaussons constitue-t-il un mode de purification à part entière, ou remplace-t-il le lavage des pieds lorsque ceux-ci sont recouverts par les chaussons ? Si nous disons qu’il constitue un mode de purification à part entière, l’état de pureté demeure même après le retrait des chaussons, comme pour celui dont les pieds sont amputés après qu’il les a lavés. Si nous disons qu’il se substitue au lavage, on peut soutenir que le retrait du chausson annule l’état de pureté si l’on exige l’enchaînement immédiat des actes. On peut aussi soutenir que le lavage des pieds suffit à rendre la purification valide si cet enchaînement immédiat n’est pas exigé.

Quant à exiger que les pieds soient lavés immédiatement après le retrait des chaussons, cette position est peu fondée et ne repose que sur une supposition. Voilà ce que nous avons jugé bon de consigner dans ce chapitre.

[Chapitre troisième : les eaux]

Chapitre troisième
Les eaux

L’obligation de se purifier avec de l’eau repose sur cette parole du Très-Haut :

« Il fait descendre sur vous du ciel une eau afin de vous en purifier. »

[Al-Anfāl : 11]

Ainsi que sur Sa parole :

« Si vous ne trouvez pas d’eau, recourez à une terre pure. »

[Al-Nisā’ : 43]

Les savants s’accordent sur le fait que toutes les sortes d’eau sont pures en elles-mêmes et permettent de purifier autre chose, à l’exception de l’eau de mer, au sujet de laquelle un avis divergent isolé a été émis dans les premiers temps de l’islam.

وَعَلَى هَذِهِ الْأُصُولِ يَتَفَرَّعُ الْجَوَابُ فِيمَنْ لَبِسَ أَحَدَ خُفَّيْهِ بَعْدَ أَنْ غَسَلَ إِحْدَى رِجْلَيْهِ وَقَبْلَ أَنْ يَغْسِلَ الْأُخْرَى ; فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يَمْسَحُ عَلَى الْخُفَّيْنِ ; لِأَنَّهُ لَابِسٌ لِلْخُفِّ قَبْلَ تَمَامِ الطَّهَارَةِ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ وَأَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ وَالْمُزِّيُّ وَالطَّبَرِيُّ وَدَاوُدُ: يَجُوزُ لَهُ الْمَسْحُ، وَبِهِ قَالَ جَمَاعَةٌ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ، مِنْهُمْ مُطَرِّفٌ وَغَيْرُهُ، وَكُلُّهُمْ أَجْمَعُوا أَنَّهُ لَوْ نَزَعَ الْخُفَّ الْأَوَّلَ بَعْدَ غَسْلِ الرِّجْلِ الثَّانِيَةِ، ثُمَّ لَبِسَهَا جَازَ لَهُ الْمَسْحُ، وَهَلْ مِنْ شَرْطِ الْمَسْحِ عَلَى الْخُفِّ أَنْ لَا يَكُونَ عَلَى خُفٍّ آخَرَ عَنْ مَالِكٍ فِيهِ قَوْلَانِ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ كَمَا تَنْتَقِلُ طَهَارَةُ الْقَدَمِ إِلَى الْخُفِّ إِذَا سَتَرَهُ الْخُفُّ، كَذَلِكَ تَنْتَقِلُ طَهَارَةُ الْخُفِّ الْأَسْفَلِ الْوَاجِبَةُ إِلَى الْخُفِّ الْأَعْلَى؟ فَمَنْ شَبَّهَ النَّقْلَةَ الثَّانِيَةَ بِالْأُولَى أَجَازَ الْمَسْحَ عَلَى الْخُفِّ الْأَعْلَى، وَمَنْ لَمْ يُشَبِّهْهَا بِهَا وَظَهَرَ لَهُ الْفَرْقُ لَمْ يُجِزْ ذَلِكَ. الْمَسْأَلَةُ السَّابِعَةُ فَأَمَّا نَوَاقِضُ هَذِهِ الطَّهَارَةِ، فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهَا نَوَاقِضُ الْوُضُوءِ بِعَيْنِهَا، وَاخْتَلَفُوا هَلْ نَزْعُ الْخُفِّ نَاقِضٌ لِهَذِهِ الطَّهَارَةِ أَمْ لَا؟ فَقَالَ قَوْمٌ: إِنْ نَزَعَهُ وَغَسَلَ قَدَمَيْهِ فَطَهَارَتُهُ بَاقِيَةٌ، وَإِنْ لَمْ يَغْسِلْهُمَا وَصَلَّى أَعَادَ الصَّلَاةَ بَعْدَ غَسْلِ قَدَمَيْهِ، وَمِمَّنْ قَالَ بِذَلِكَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا رَأَى أَنَّهُ إِنْ أَخَّرَ ذَلِكَ اسْتَأْنَفَ الْوُضُوءَ عَلَى رَأْيِهِ فِي وُجُوبِ الْمُوَالَاةِ عَلَى الشَّرْطِ الَّذِي تَقَدَّمَ. وَقَالَ قَوْمٌ: طَهَارَتُهُ بَاقِيَةٌ حَتَّى يُحْدِثَ حَدَثًا يَنْقُضُ الْوُضُوءَ، وَلَيْسَ عَلَيْهِ غَسْلٌ، وَمِمَّنْ قَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ دَاوُدُ، وَابْنُ أَبِي لَيْلَى. وَقَالَ الْحَسَنُ بْنُ حَيٍّ: إِذَا نَزَعَ خُفَّيْهِ فَقَدْ بَطَلَتْ طَهَارَتُهُ، وَبِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْ هَذِهِ الْأَقْوَالِ الثَّلَاثَةِ قَالَتْ طَائِفَةٌ مِنْ فُقَهَاءِ التَّابِعِينَ، وَهَذِهِ الْمَسْأَلَةُ هِيَ مَسْكُوتٌ عَنْهَا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هَلِ الْمَسْحُ عَلَى الْخُفَّيْنِ هُوَ أَصْلٌ بِذَاتِهِ فِي الطَّهَارَةِ أَوْ بَدَلٌ مِنْ غَسْلِ الْقَدَمَيْنِ عِنْدَ غَيْبُوبَتِهِمَا فِي الْخُفَّيْنِ؟ فَإِنْ قُلْنَا هُوَ أَصْلٌ بِذَاتِهِ فَالطَّهَارَةُ بَاقِيَةٌ وَإِنْ نَزَعَ الْخُفَّيْنِ كَمَنْ قُطِعَتْ رِجْلَاهُ بَعْدَ غَسْلِهِمَا، وَإِنْ قُلْنَا إِنَّهُ بَدَلٌ، فَيُحْتَمَلُ أَنْ يُقَالَ إِذَا نَزَعَ الْخُفَّ بَطَلَتِ الطَّهَارَةُ وَإِنْ كُنَّا نَشْتَرِطُ الْفَوْرَ، وَيُحْتَمَلُ أَنْ يُقَالَ إِنْ غَسَلَهُمَا أَجَزَأَتِ الطَّهَارَةُ إِذَا لَمْ يُشْتَرَطِ الْفَوْرُ. وَأَمَّا اشْتِرَاطُ الْفَوْرِ مِنْ حِينِ نَزْعِ الْخُفِّ فَضَعِيفٌ، وَإِنَّمَا هُوَ شَيْءٌ يُتَخَيَّلُ. فَهَذَا مَا رَأَيْنَا أَنَّ نُثْبِتَهُ فِي هَذَا الْبَابِ. [الْبَابُ الثَّالِثُ فِي الْمِيَاهِ] الْبَابُ الثَّالِثُ فِي الْمِيَاهِ - وَالْأَصْلُ فِي وُجُوبِ الطَّهَارَةِ بِالْمِيَاهِ قَوْله تَعَالَى: {وَيُنَزِّلُ عَلَيْكُمْ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً لِيُطَهِّرَكُمْ بِهِ} [الأنفال: ١١] وَقَوْلُهُ: {فَلَمْ تَجِدُوا مَاءً فَتَيَمَّمُوا صَعِيدًا طَيِّبًا} [النساء: ٤٣] وَأَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ جَمِيعَ أَنْوَاعِ الْمِيَاهِ طَاهِرَةٌ فِي نَفْسِهَا مُطَهِّرَةٌ لِغَيْرِهَا، إِلَّا مَاءَ الْبَحْرِ، فَإِنَّ فِيهِ خِلَافًا فِي الصَّدْرِ الْأَوَّلِ شَاذًّا.

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