Il ressort donc de ce récit qu’il n’y récitait que la sourate al-Fātiha.
Il est également rapporté de lui, par l’intermédiaire d’Abū Hurayra, dans un récit consigné par Abū Dāwūd :
« Il y récitait : “Dis : Il est Allah, l’Unique” [al-Ikhlās : 1] et “Dis : Ô vous les mécréants” [al-Kāfirūn : 1]. »
Ceux qui suivent le hadith de ‘Ā’isha préconisent donc de réciter uniquement al-Fātiha, tandis que ceux qui suivent le second hadith préconisent de réciter al-Fātiha accompagnée d’une courte sourate. Quant à ceux qui s’en tiennent à leur principe selon lequel aucune récitation particulière n’est imposée dans la prière, en vertu de cette parole du Très-Haut :
« Récitez-en donc ce qui vous est aisé » [al-Muzzammil : 20],
ils estiment que l’on peut y réciter ce que l’on souhaite.
La deuxième question concerne la manière dont il est recommandé de réciter dans ces deux unités de prière. Mālik, al-Shāfi‘ī et la plupart des savants estiment qu’il est recommandé d’y réciter à voix haute. D’autres laissent le choix entre la récitation à voix basse et celle à voix haute.
Cette divergence tient à l’opposition entre les sens qui se dégagent des récits. En effet, le sens apparent du hadith de ‘Ā’isha cité précédemment indique que le Prophète — sur lui la prière et la paix — y récitait à voix basse. Sans cela, ‘Ā’isha ne se serait pas demandé s’il y avait récité al-Fātiha ou non. En revanche, le sens apparent du récit d’Abū Hurayra, selon lequel il y récitait « Dis : Ô vous les mécréants » [al-Kāfirūn : 1] et « Dis : Il est Allah, l’Unique » [al-Ikhlās : 1], indique que le Prophète — sur lui la prière et la paix — y récitait à voix haute. Sans cela, Abū Hurayra n’aurait pas su ce qu’il y récitait.
Ceux qui cherchent à donner la prépondérance à l’un de ces deux récits préconisent soit la récitation à voix haute, s’ils privilégient le hadith d’Abū Hurayra, soit la récitation à voix basse, s’ils privilégient celui de ‘Ā’isha. Ceux qui cherchent à concilier les deux laissent le choix.
La troisième question concerne celui qui n’a pas accompli les deux unités de prière précédant la prière de l’aube et trouve l’imam en prière, ou qui entre dans la mosquée pour les accomplir au moment où l’on prononce l’appel annonçant le début de la prière obligatoire.
Mālik dit : « S’il est déjà entré dans la mosquée lorsque cet appel est prononcé, qu’il rejoigne l’imam dans la prière et n’accomplisse pas ces deux unités dans la mosquée pendant que l’imam dirige la prière obligatoire. S’il n’est pas encore entré dans la mosquée et ne craint pas de manquer une unité de prière avec l’imam, qu’il les accomplisse à l’extérieur de la mosquée. S’il craint de manquer une unité, qu’il rejoigne l’imam, puis accomplisse ces deux unités après le lever du soleil. »
Abū Hanīfa rejoint Mālik dans la distinction entre celui qui est entré dans la mosquée et celui qui n’y est pas encore entré. Il diverge toutefois avec lui sur la limite à retenir : selon lui, on peut accomplir ces deux unités à l’extérieur de la mosquée tant que l’on pense pouvoir encore accomplir une unité de la prière de l’aube avec l’imam.
Al-Shāfi‘ī dit : « Une fois prononcé l’appel annonçant le début de la prière obligatoire, on ne doit en aucun cas accomplir ces deux unités, ni à l’intérieur ni à l’extérieur de la mosquée. »
Ibn al-Mundhir rapporte que certains ont autorisé leur accomplissement dans la mosquée pendant que l’imam dirige la prière. C’est toutefois un avis marginal.
Leur divergence tient à leur interprétation de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Lorsque l’appel annonçant le début de la prière est prononcé, il n’y a d’autre prière que la prière obligatoire. »
Ceux qui donnent à cette parole une portée générale n’autorisent pas l’accomplissement des deux unités de prière précédant la prière de l’aube lorsque