La majorité des savants estime que celui qui accomplit le witr, puis dort et se relève pour accomplir des prières surérogatoires, ne doit pas accomplir un second witr, conformément à cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« On n’accomplit pas deux witr au cours d’une même nuit. »
Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd. Certains estiment toutefois qu’il rend pair le premier witr en lui ajoutant une seconde unité de prière, puis accomplit un nouveau witr après avoir effectué des prières surérogatoires par paires. C’est la question qu’ils désignent comme celle de « l’annulation du witr ».
Cet avis présente deux faiblesses :
Premièrement, le witr ne se transforme pas en simple prière surérogatoire par l’ajout d’une unité qui le rend pair.
Deuxièmement, l’accomplissement d’une prière surérogatoire d’une seule unité n’est pas attesté dans la Loi religieuse.
Leur divergence sur cette question tient précisément au fait d’admettre ou non cette possibilité. Celui qui considère le witr selon son sens rationnellement intelligible, à savoir l’opposé du nombre pair, affirme qu’il devient pair lorsqu’on lui ajoute une seconde unité de prière. Celui qui considère son sens dans la Loi religieuse affirme qu’il ne se transforme pas en prière paire, car celle-ci est une simple prière surérogatoire, tandis que le witr est soit une sunna fortement recommandée, soit une obligation.
[CHAPITRE II — LES DEUX UNITÉS DE PRIÈRE PRÉCÉDANT LA PRIÈRE DE L’AUBE]
CHAPITRE II
LES DEUX UNITÉS DE PRIÈRE PRÉCÉDANT LA PRIÈRE DE L’AUBE
Ils s’accordent à reconnaître que ces deux unités de prière constituent une sunna, car le Prophète — sur lui la prière et la paix — les accomplissait avec plus d’assiduité que les autres prières surérogatoires, encourageait leur accomplissement et les a rattrapées après le lever du soleil lorsqu’il avait manqué la prière en raison du sommeil.
Ils divergent cependant sur plusieurs questions à leur sujet.
La première concerne la récitation qu’il est recommandé d’y faire. Selon Mālik, il est recommandé de n’y réciter que la sourate al-Fātiha. Al-Shāfi‘ī affirme qu’il n’y a aucun mal à y réciter al-Fātiha accompagnée d’une courte sourate. Abū Hanīfa estime qu’aucune récitation particulière n’y est fixée comme recommandée et qu’il est permis d’y réciter sa portion habituelle de récitation nocturne.
Cette divergence tient à la diversité des récitations rapportées du Prophète — sur lui la prière et la paix — dans cette prière, ainsi qu’à leur désaccord concernant la détermination de ce qui doit être récité dans la prière. Il est en effet rapporté du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Qu’il accomplissait brièvement les deux unités de prière précédant la prière de l’aube, selon le récit de ‘Ā’isha, qui déclara : “J’en venais même à me demander s’il avait récité al-Fātiha ou non.” »