Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

il considère que le witr prescrit comprend à la fois un nombre pair et un nombre impair d’unités : lorsqu’on ajoute un nombre impair à un nombre pair, l’ensemble devient impair. Le hadith de ‘Abd Allāh ibn Qays cité précédemment appuie cette position, puisque le terme witr y désigne l’ensemble constitué d’un nombre pair et d’un nombre impair d’unités.

En revanche, les paroles suivantes de Mālik indiquent qu’il considérait le witr comme une seule unité :

« Comment accomplir le witr en une seule unité sans l’avoir fait précéder d’aucune autre ? Quel ensemble rendrait-elle donc impair ? Or, le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — a dit : “Elle rend impair le nombre d’unités qu’il a déjà accomplies.” »

Le sens apparent de ces paroles est qu’il considérait le witr prescrit comme le nombre impair pris en lui-même — c’est-à-dire sans y inclure l’ensemble formé d’un nombre pair et d’un nombre impair —, puisqu’il sert à rendre impair autre chose que lui-même. C’est cette interprétation qu’il convient davantage de donner à sa position.

En réalité, le sens apparent de ces hadiths laisse le choix quant à la manière d’accomplir le witr, d’une à neuf unités, conformément à ce qui est rapporté de la pratique du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. La question à examiner est seulement la suivante : le witr doit-il nécessairement être précédé d’un nombre pair d’unités accomplies séparément ?

On pourrait soutenir que c’est une condition, car telle était la manière dont le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplissait le witr. Mais on pourrait aussi soutenir que ce n’en est pas une, puisque Muslim rapporte à son sujet — sur lui la prière et la paix :

« Lorsqu’il arrivait au witr, il réveillait ‘Ā’isha, qui accomplissait alors le witr. »

Le sens apparent de ce récit est qu’elle accomplissait le witr sans le faire précéder d’un nombre pair d’unités.

Muslim rapporte également, d’après ‘Ā’isha :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplissait le witr en neuf unités. Il s’asseyait à la huitième et à la neuvième, mais ne prononçait la salutation finale qu’à la neuvième. Puis il accomplissait deux unités en restant assis, ce qui faisait onze unités. Lorsqu’il prit de l’âge et du poids, il accomplit le witr en sept unités, ne s’asseyant qu’à la sixième et à la septième et ne prononçant la salutation finale qu’à la septième. Puis il accomplissait deux unités en restant assis, ce qui faisait neuf unités. »

Dans ce hadith, le witr précède les unités en nombre pair. Il constitue donc un argument indiquant qu’il n’est pas nécessaire que le witr soit précédé d’un nombre pair d’unités, et que le terme witr s’applique aux trois unités.

Parmi les arguments à cet égard figure aussi ce que rapporte Abū Dāwūd d’après Ubayy ibn Ka‘b :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplissait le witr en récitant : “Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut”, “Dis : Ô vous, les mécréants” et “Dis : Il est Allah, Unique”. »

Il rapporte un récit semblable d’après ‘Ā’isha, qui précise :

« Dans la troisième unité, il récitait “Dis : Il est Allah, Unique”, ainsi que les deux sourates protectrices. »

Quant à l’horaire du witr, les savants s’accordent à dire qu’il s’étend de la fin de la prière du ‘ishā’ jusqu’à l’apparition de l’aube, car cela a été rapporté du Prophète — sur lui la prière et la paix — par diverses voies de transmission. Parmi les récits les plus solidement établis à ce sujet figure celui que Muslim rapporte d’après Abū

أَنْ يَرَى أَنَّ الْوِتْرَ الْمَأْمُورَ بِهِ هُوَ يَشْتَمِلُ عَلَى شَفْعٍ وَوَتْرٍ، فَإِنَّهُ إِذَا زِيدَ عَلَى الشَّفْعِ وَتْرٌ صَارَ الْكُلُّ وَتْرًا، وَيَشْهَدُ لِهَذَا الْمَذْهَبِ حَدِيثُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قَيْسٍ الْمُتَقَدِّمُ، فَإِنَّهُ سُمِّيَ الْوِتْرُ فِيهِ الْعَدَدَ الْمُرَكَّبَ مَنْ شَفْعٍ وَوَتْرٍ، وَيَشْهَدُ لِاعْتِقَادِهِ أَنَّ الْوِتْرَ هُوَ الرَّكْعَةُ الْوَاحِدَةُ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: كَيْفَ يُوتِرُ بِوَاحِدَةٍ لَيْسَ قَبْلَهَا شَيْءٌ، وَأَيُّ شَيْءٍ يُوتَرُ لَهُ؟ وَقَدْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «تُوتِرُ لَهُ مَا قَدْ صَلَّى» . فَإِنَّ ظَاهِرَ هَذَا الْقَوْلِ أَنَّهُ كَانَ يَرَى أَنَّ الْوِتْرَ الشَّرْعِيَّ هُوَ عَدَدُ الْوِتْر بِنَفْسِهِ - أَعْنِي: الغَيْر مَرْكَب مِنَ الشَّفْعِ وَالْوِتْرِ - ذَلِكَ أَنَّ هَذَا هُوَ وِتْرٌ لِغَيْرِهِ، وَهَذَا التَّأْوِيلُ عَلَيْهِ أَوْلَى. وَالْحَقُّ فِي هَذَا: أَنَّ ظَاهِرَ هَذِهِ الْأَحَادِيثِ يَقْتَضِي التَّخْيِيرَ فِي صِفَةِ الْوِتْرِ مِنَ الْوَاحِدَةِ إِلَى التِّسْعِ عَلَى مَا رُوِيَ ذَلِكَ في فِعْلِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَالنَّظَرُ إِنَّمَا هُوَ فِي: هَلْ مِنْ شَرْطِ الْوِتْرِ أَنْ يَتَقَدَّمَهُ شَفْعٌ مُنْفَصِلٌ أَمْ لَيْسَ ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ؟ فَيُشْبِهُ أَنْ يُقَالَ: ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ، لِأَنَّهُ هَكَذَا كَانَ وِتْرُ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَيُشْبِهُ أَنْ يُقَالَ: لَيْسَ ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ لِأَنَّ مُسْلِمًا قَدْ خَرَّجَ: " أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «كَانَ إِذَا انْتَهَى إِلَى الْوِتْرِ أَيْقَظَ عَائِشَةَ فَأَوْتَرَتْ» . وَظَاهِرُهُ أَنَّهَا كَانَتْ تُوتِرُ دُونَ أَنْ تُقَدِّمَ عَلَى وِتْرِهَا شَفْعًا. وَأَيْضًا فَإِنَّهُ خَرَّجَ مِنْ طَرِيقِ عَائِشَةَ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ يُوتِرُ بِتِسْعِ رَكَعَاتٍ يَجْلِسُ فِي الثَّامِنَةِ وَالتَّاسِعَةِ، وَلَا يُسَلِّمُ إِلَّا فِي التَّاسِعَةِ، ثُمَّ يُصَلِّي رَكْعَتَيْنِ وَهُوَ جَالِسٌ، فَتِلْكَ إِحْدَى عَشْرَةَ رَكْعَةً، فَلَمَّا أَسَنَّ وَأَخَذَ اللَّحْمُ أَوْتَرَ بِسَبْعِ رَكَعَاتٍ وَلَمْ يَجْلِسْ إِلَّا فِي السَّادِسَةِ وَالسَّابِعَةِ، وَلَمْ يُسَلِّمْ إِلَّا فِي السَّابِعَةِ، ثُمَّ يُصَلِّي رَكْعَتَيْنِ وَهُوَ جَالِسٌ، فَتِلْكَ تِسْعُ رَكَعَاتٍ» . وَهَذَا الْحَدِيثُ: الْوِتْرُ فِيهِ مُتَقَدِّمٌ عَلَى الشَّفْعِ، فَفِيهِ حُجَّةٌ عَلَى أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ شَرْطِ الْوِتْرِ أَنْ يَتَقَدَّمَهُ شَفْعٌ، وَأَنَّ الْوِتْرَ يَنْطَلِقُ عَلَى الثَّلَاثِ، وَمِنَ الْحُجَّةِ فِي ذَلِكَ مَا رَوَى أَبُو دَاوُدَ عَنْ أُبَيِّ بْنِ كَعْبٍ قَالَ: «كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يُوتِرُ بِسَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الْأَعْلَى، وَقُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ، وَقُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ» . وَعَنْ عَائِشَةَ مِثْلَهُ، وَقَالَتْ «فِي الثَّالِثَةِ: بِقُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ، وَالْمُعَوِّذَتَيْنِ» . وَأَمَّا وَقْتُهُ: فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ وَقْتَهُ مِنْ بَعْدِ صَلَاةِ الْعِشَاءِ إِلَى طُلُوعِ الْفَجْرِ، لِوُرُودِ ذَلِكَ مِنْ طُرُقٍ شَتَّى عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -، وَمِنْ أَثْبَتِ مَا فِي ذَلِكَ: مَا خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي

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