ne concerne que celui qui n’a pas d’opinion prépondérante sur laquelle se fonder, tandis que le hadith d’Ibn Mas‘ūd concerne celui chez qui une opinion prévaut. Il a écarté l’application du hadith d’Abū Hurayra, en expliquant que les hadiths d’Abū Sa‘īd et d’Ibn Mas‘ūd apportent un élément supplémentaire, lequel doit être accepté et retenu. Cette démarche semble donc, elle aussi, constituer une forme de conciliation.
Quant à ceux qui ont fait prévaloir certains de ces hadiths et écarté l’application des autres, ce sont ceux qui estiment que seules les prosternations incombent au fidèle. Ils ont en effet privilégié le hadith d’Abū Hurayra et écarté ceux d’Abū Sa‘īd et d’Ibn Mas‘ūd. C’est pourquoi cet avis est le plus faible.
Voilà ce que nous avons jugé bon de consigner dans cette première des deux parties du Livre de la prière, consacrée à la prière obligatoire. Passons maintenant à la seconde catégorie des prières instituées par la Loi : celles qui ne constituent pas des obligations individuelles.
[Deuxième Livre de la prière]
[Chapitre premier : du witr (prière impaire)]
Deuxième Livre de la prière
Parmi les prières qui ne sont pas obligatoires pour chaque individu, certaines relèvent de la sunna, d’autres sont surérogatoires et d’autres encore constituent une obligation collective. Ces qualifications faisant, selon les cas, l’objet d’un accord ou d’une divergence, nous avons jugé bon de traiter séparément chacune de ces prières.
Elles sont au nombre de dix : les deux unités de prière de l’aube, le witr, les prières surérogatoires, les deux unités accomplies en entrant dans la mosquée, les prières nocturnes de Ramadan, la prière de l’éclipse, celle par laquelle on demande la pluie, les prières des deux fêtes et la prosternation liée à la récitation du Coran, car celle-ci constitue une prière. Ce livre comprendra donc dix chapitres. Quant à la prière sur le défunt, nous en traiterons séparément dans le chapitre consacré aux règles relatives au défunt, conformément à l’usage des juristes, qui l’intitulent « Livre des funérailles ».
Chapitre premier
Du witr
Les savants ont divergé sur cinq points concernant le witr : son statut juridique, la manière de l’accomplir, son horaire, le qunūt (invocation) qui y est récité et son accomplissement sur une monture.
Son statut juridique a déjà été examiné lorsque nous avons exposé le nombre des prières obligatoires.
Quant à la manière de l’accomplir, Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — recommande de prier trois unités, en les séparant par une salutation finale.
Abū Hanīfa affirme que le witr comporte trois unités, sans les séparer par une salutation finale.
Al-Shāfi‘ī estime, pour sa part, que le witr consiste en une seule unité. Chacun de ces avis a été précédemment soutenu par des Compagnons et des savants de la génération suivante.
Cette divergence tient à la diversité des traditions rapportées à ce sujet. Il est en effet établi, d’après un hadith de ‘Ā’isha, que le Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« Accomplissait la nuit onze unités de prière, dont une seule pour le witr. »