Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Cette divergence tient à leur désaccord sur la manière la plus appropriée de suivre l’imam : faut-il se prosterner en même temps que lui ou à la fin de sa propre prière ? Ils semblent donc s’accorder sur l’obligation de suivre l’imam, conformément à cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« L’imam n’a été institué que pour être suivi. »

Ils divergent cependant sur le moment où le fidèle doit accomplir ces prosternations : est-ce à leur place habituelle, c’est-à-dire à la fin de la prière, ou au moment où l’imam se prosterne ? Ceux qui donnent la priorité à la simultanéité des actes du fidèle et de l’imam plutôt qu’à la place des prosternations, et qui en font une condition du suivi — à savoir que leurs deux actes coïncident véritablement —, estiment que le fidèle se prosterne avec l’imam, même s’il n’accomplit pas ces prosternations à leur place habituelle. Ceux qui donnent la priorité à leur place estiment qu’il les reporte à la fin de sa prière. Quant à ceux qui lui imposent de satisfaire aux deux exigences, ils lui imposent d’accomplir les prosternations à deux reprises ; cet avis est peu solide.

[Chapitre sixième : Comment le fidèle avertit l’imam qui commet un oubli]

Chapitre sixième.

Ils s’accordent à considérer que, lorsqu’une personne commet un oubli dans sa prière, la sunna consiste à l’en avertir en disant : « Gloire à Allah ». Cela vaut pour les hommes, conformément à cette parole authentiquement rapportée du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Pourquoi vous ai-je vus tant frapper dans vos mains ? Que celui à qui il survient quelque chose pendant sa prière dise : “Gloire à Allah”. Lorsqu’il le dira, on se tournera vers lui. Frapper dans les mains est réservé aux femmes. »

Ils divergent au sujet des femmes. Mālik et un groupe de savants estiment que les hommes comme les femmes disent : « Gloire à Allah ». Al-Shāfi‘ī et un groupe de savants estiment que les hommes disent : « Gloire à Allah », tandis que les femmes frappent dans leurs mains.

Cette divergence tient à leur compréhension de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix : « Frapper dans les mains est réservé aux femmes. » Ceux qui comprennent qu’elle indique la conduite prescrite aux femmes en cas d’oubli — et tel en est le sens apparent — estiment que les femmes frappent dans leurs mains et ne disent pas : « Gloire à Allah ». Ceux qui y voient une réprobation du fait de frapper dans les mains estiment que les hommes et les femmes disent pareillement : « Gloire à Allah ». Cette interprétation est peu solide, car elle s’écarte du sens apparent sans preuve, à moins de procéder ici par analogie entre la femme et l’homme. Or les règles de la prière applicables à la femme diffèrent souvent de celles qui s’appliquent à l’homme, ce qui affaiblit cette analogie.

[Les prosternations accomplies en cas de doute]

Quant aux prosternations de l’oubli motivées par un doute, les juristes ont émis trois avis au sujet de celui qui doute pendant sa prière et ne sait plus combien d’unités il a accomplies : une, deux, trois ou quatre.

Certains estiment qu’il doit se fonder sur ce dont il est certain, à savoir le nombre le plus faible, sans pouvoir se contenter d’une estimation, puis accomplir les deux prosternations de l’oubli. C’est l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī et de Dāwūd.

Abū Hanīfa estime que, si cela lui arrive pour la première fois, sa prière est invalidée. Si cela se répète, il procède à une estimation et se fonde sur ce qui lui paraît le plus probable, puis accomplit deux prosternations après la salutation finale.

وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ أَيٌّ أَوْلَى وَأَخْلَقُ أَنْ يَتْبَعَهُ: فِي السُّجُودِ مُصَاحِبًا لَهُ، أَوْ فِي آخِرِ صَلَاتِهِ، فَكَأَنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الِاتِّبَاعَ وَاجِبٌ لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّمَا جُعِلَ الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ» . وَاخْتَلَفُوا هَلْ مَوْضِعُهَا لِلْمَأْمُومِ هُوَ مَوْضِعُ السُّجُودِ - أَعْنِي: فِي آخِرِ الصَّلَاةِ -؟ أَوْ مَوْضِعُهَا هُوَ وَقْتُ سُجُودِ الْإِمَامِ؟ فَمَنْ آثَرَ مُقَارَنَةَ فِعْلِهِ لِفِعْلِ الْإِمَامِ عَلَى مَوْضِعِ السُّجُودِ، وَرَأَى ذَلِكَ شَرْطًا فِي الِاتِّبَاعِ - أَعْنِي: أَنْ يَكُونَ فِعْلُهُمَا وَاحِدًا حَقًّا - وقَالَ: يَسْجُدُ مَعَ الْإِمَامِ وَإِنْ لَمْ يَأْتِ بِهَا فِي مَوْضِعِ السُّجُودِ. وَمَنْ آثَرَ مَوْضِعَ السُّجُودِ قَالَ: يُؤَخِّرُهَا إِلَى آخِرِ الصَّلَاةِ. وَمَنْ أَوْجَبَ عَلَيْهِ الْأَمْرَيْنِ أَوْجَبَ عَلَيْهِ السُّجُودَ مَرَّتَيْنِ وَهُوَ ضَعِيفٌ. [الْفَصْلُ السَّادِسُ بِمَاذَا يُنَبِّهُ الْمَأْمُومُ الْإِمَامَ السَّاهِيَ] الْفَصْلُ السَّادِسُ ; وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ السُّنَّةَ لِمَنْ سَهَا فِي صَلَاتِهِ أَنْ يُسَبَّحَ لَهُ، وَذَلِكَ لِلرَّجُلِ ; لِمَا ثَبَتَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «مَالِي أَرَاكُمْ أَكْثَرْتُمْ مِنَ التَّصْفِيقِ؟ مَنْ نَابَهُ شَيْءٌ فِي صَلَاتِهِ فَلْيُسَبِّحْ، فَإِنَّهُ إِذَا سَبَّحَ الْتُفِتَ إِلَيْهِ، وَإِنَّمَا التَّصْفِيقُ لِلنِّسَاءِ» . وَاخْتَلَفُوا فِي النِّسَاءِ فَقَالَ مَالِكٌ وَجَمَاعَةٌ: إِنَّ التَّسْبِيحَ لِلرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَجَمَاعَةٌ: لِلرِّجَالِ التَّسْبِيحُ وَلِلنِّسَاءِ التَّصْفِيقُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «وَإِنَّمَا التَّصْفِيقُ لِلنِّسَاءِ» ". فَمَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّ مَعْنَى ذَلِكَ أَنَّ التَّصْفِيقَ هُوَ حُكْمُ النِّسَاءِ فِي السَّهْوِ - وَهُوَ الظَّاهِرُ - قَالَ: النِّسَاءُ يُصَفِّقْنَ وَلَا يُسَبِّحْنَ، وَمَنْ فَهِمَ مِنْ ذَلِكَ الذَّمَّ لِلتَّصْفِيقِ قَالَ: الرِّجَالُ وَالنِّسَاءُ فِي التَّسْبِيحِ سَوَاءٌ، وَفِيهِ ضَعْفٌ لِأَنَّهُ خُرُوجٌ عَنِ الظَّاهِرِ بِغَيْرِ دَلِيلٍ، إِلَّا أَنْ تُقَاسَ الْمَرْأَةُ فِي ذَلِكَ عَلَى الرَّجُلِ، وَالْمَرْأَةُ كَثِيرًا مَا يُخَالِفُ حُكْمُهَا فِي الصَّلَاةِ حُكْمَ الرَّجُلِ، وَلِذَلِكَ يَضْعُفُ الْقِيَاسُ. [السُّجُودُ الَّذِي يَكُونُ لِلشَّكِّ] وَأَمَّا سُجُودُ السَّهْوِ الَّذِي هُوَ لِمَوْضِعِ الشَّكِّ: فَإِنَّ الْفُقَهَاءَ اخْتَلَفُوا فِيمَنْ شَكَّ فِي صَلَاتِهِ فَلَمْ يَدْرِ كَمْ صَلَّى وَاحِدَةً أَوِ اثْنَتَيْنِ أَوْ ثَلَاثًا أَوْ أَرْبَعًا عَلَى ثَلَاثَةِ مَذَاهِبَ: فَقَالَ قَوْمٌ: يَبْنِي عَلَى الْيَقِينِ وَهُوَ الْأَقَلُّ وَلَا يُجْزِيهِ التَّحَرِّي، وَيَسْجُدُ سَجْدَتَيِ السَّهْوِ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَدَاوُدَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ كَانَ أَوَّلَ مرة فَسَدَتْ صَلَاتُهُ، وَإِنْ تَكَرَّرَ ذَلِكَ مِنْهُ تَحَرَّى وَعَمِلَ عَلَى غَلَبَةِ الظَّنِّ ثُمَّ يَسْجُدُ سَجْدَتَيْنِ بَعْدَ السَّلَامِ.

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