Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Abū ‘Umar a dit :
« La salutation qui suit les prosternations accomplies après la salutation finale est bien attestée du Prophète — sur lui la prière et la paix. Quant au tashahhud, je ne connais aucune transmission solidement établie qui le rapporte. »

Cette divergence tient à leur désaccord sur l’authenticité du passage du hadith d’Ibn Mas‘ūd selon lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — « prononça le tashahhud, puis la salutation finale ». Elle tient aussi à l’analogie entre les deux prosternations de l’oubli et les deux dernières prosternations de la prière. Ceux qui les assimilent à ces dernières ne rendent pas obligatoire un tashahhud propre aux prosternations de l’oubli, surtout lorsqu’elles ont lieu au cours même de la prière.

Abū Bakr ibn al-Mundhir a dit que les savants avaient émis six avis sur cette question :

Un groupe estime qu’elles ne sont suivies ni d’un tashahhud ni d’une salutation. C’est l’avis d’Anas ibn Mālik, d’al-Hasan et de ‘Atā’.

D’autres soutiennent l’avis opposé : elles sont suivies d’un tashahhud et d’une salutation.

D’autres estiment qu’elles sont suivies du seul tashahhud, sans salutation. C’est l’avis d’al-Hakam, de Hammād et d’al-Nakha‘ī.

D’autres soutiennent l’avis inverse : elles sont suivies d’une salutation, mais sans tashahhud. C’est l’avis d’Ibn Sīrīn.

Selon le cinquième avis, on peut, au choix, prononcer le tashahhud et la salutation, ou s’en abstenir. Cet avis est rapporté de ‘Atā’.

Le sixième est celui d’Ahmad ibn Hanbal : si les prosternations ont lieu après la salutation finale, on prononce le tashahhud ; si elles ont lieu avant, on ne le prononce pas. C’est l’avis que nous avons rapporté de Mālik.

Abū Bakr a dit : « Il est établi que le Prophète — sur lui la prière et la paix — a prononcé quatre takbīr lors de ces prosternations et qu’il les a fait suivre d’une salutation. Quant à savoir s’il est établi qu’il y a prononcé le tashahhud, cela demande examen. »

[Chapitre cinquième : Les personnes auxquelles incombent les prosternations de l’oubli]

Chapitre cinquième.

Ils s’accordent à considérer que les prosternations de l’oubli relèvent de la sunna pour celui qui prie seul comme pour l’imam. Ils divergent cependant au sujet du fidèle qui commet un oubli en priant derrière l’imam : doit-il ou non accomplir les prosternations ? La majorité estime que l’imam le dispense de réparer son propre oubli. Mak-hūl s’est singularisé en lui imposant de se prosterner à titre individuel.

Cette divergence tient à leur désaccord sur les piliers de la prière dont l’imam peut dispenser le fidèle qui prie derrière lui et sur ceux dont il ne peut le dispenser.

Ils s’accordent à considérer que, lorsque l’imam commet un oubli, le fidèle le suit dans les prosternations de l’oubli, même s’il n’a pas partagé son oubli.

Ils divergent sur le moment où le fidèle doit se prosterner lorsqu’il a manqué une partie de la prière avec l’imam et que celui-ci doit accomplir les prosternations de l’oubli.

Certains estiment qu’il se prosterne avec l’imam, puis se lève pour accomplir la partie de la prière qui lui reste, que les prosternations de l’imam aient lieu avant ou après la salutation finale. C’est l’avis de ‘Atā’, d’al-Hasan, d’al-Nakha‘ī, d’al-Sha‘bī, d’Ahmad, d’Abū Thawr et des partisans du raisonnement juridique.

D’autres estiment qu’il accomplit d’abord la partie qui lui reste, puis se prosterne. C’est l’avis d’Ibn Sīrīn et d’Ishāq.

D’autres estiment que, si l’imam accomplit les deux prosternations avant la salutation finale, le fidèle les accomplit avec lui ; mais si l’imam les accomplit après la salutation finale, le fidèle les accomplit après avoir achevé la partie de la prière qui lui reste. C’est l’avis de Mālik, d’al-Layth et d’al-Awzā‘ī.

D’autres estiment qu’il accomplit les deux prosternations avec l’imam, puis les accomplit une seconde fois après avoir achevé la partie de la prière qui lui reste. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī.

قَالَ أَبُو عُمَرَ: أَمَّا السَّلَامُ مِنَ الَّتِي بَعْدَ السَّلَامِ فَثَابِتٌ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَأَمَّا التَّشَهُّدُ فَلَا أَحْفَظُهُ مِنْ وَجْهٍ ثَابِتٍ. وَسَبَبُ هَذَا الِاخْتِلَافِ: هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي تَصْحِيحِ مَا وَرَدَ مِنْ ذَلِكَ فِي حَدِيثِ ابْنِ مَسْعُودٍ - أَعْنِي: مِنْ «أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - " تَشَهَّدَ ثُمَّ سَلَّمَ» -، وَتَشْبِيهُ سَجْدَتَيِ السَّهْوِ بِالسَّجْدَتَيْنِ الْأَخِيرَتَيْنِ مِنَ الصَّلَاةِ. فَمَنْ شَبَّهَهَا بِهَا لَمْ يُوجِبْ لَهَا التَّشَهُّدَ، وَبِخَاصَّةٍ إِذَا كَانَتْ فِي نَفْسِ الصَّلَاةِ. وَقَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ الْمُنْذِرِ: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ عَلَى سِتَّةِ أَقْوَالٍ: فَقَالَتْ طَائِفَةٌ: لَا تَشَهُّدَ فِيهَا وَلَا تَسْلِيمَ، وَبِهِ قَالَ أَنَسُ بْنُ مَالِكٍ وَالْحَسَنُ وَعَطَاءٌ. وَقَالَ قَوْمٌ مُقَابِلَ هَذَا وَهُوَ: أَنَّ فِيهَا تَشَهُّدًا وَتَسْلِيمًا. وَقَالَ قَوْمٌ: فِيهَا تَشَهُّدٌ فَقَطْ بدُون تَسْلِيمٍ، وَبِهِ قَالَ الْحَكَمُ وَحَمَّادٌ وَالنَّخَعِيُّ. وَقَالَ قَوْمٌ مُقَابِلَ هَذَا وَهُوَ: أَنَّ فِيهَا تَسْلِيمًا وَلَيْسَ فِيهَا تَشَهُّدٌ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ سِيرِينَ. وَالْقَوْلُ الْخَامِسُ: إِنْ شَاءَ تَشَهَّدَ وَسَلَّمَ، وَإِنْ شَاءَ لَمْ يَفْعَلْ، وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنْ عَطَاءٍ. وَالسَّادِسُ: قَوْلُ أَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ أنَّهُ إِنْ سَجَدَ بَعْدَ السَّلَامِ تَشَهَّدَ، وَإِنَّ سَجَدَ قَبْلَ السَّلَامِ لَمْ يَتَشَهَّدْ، وَهُوَ الَّذِي حَكَيْنَاهُ نَحْنُ عَنْ مَالِكٍ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ قَدْ ثَبَتَ: «أَنَّهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَبَّرَ فِيهَا أَرْبَعَ تَكْبِيرَاتٍ وَأَنَّهُ سَلَّمَ» . وَفِي ثُبُوتِ تَشَهُّدِهِ فِيهَا نَظَرٌ. [الْفَصْلُ الْخَامِسُ فِي مَعْرِفَةِ مَنْ يَجِبُ عَلَيْهِ سُجُودُ السَّهْوِ] الْفَصْلُ الْخَامِسُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ سُجُودَ السَّهْوِ مِنْ سُنَّةِ الْمُنْفَرِدِ وَالْإِمَامِ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْمَأْمُومِ يَسْهُو وَرَاءَ الْإِمَامِ هَلْ عَلَيْهِ سُجُودٌ أَمْ لَا؟ فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّ الْإِمَامَ يَحْمِلُ عَنْهُ السَّهْوَ، وَشَذَّ مَكْحُولٌ فَأَلْزَمَهُ السُّجُودَ فِي خَاصَّةِ نَفْسِهِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِيمَا يَحْمِلُ الْإِمَامُ مِنَ الْأَرْكَانِ عَنِ الْمَأْمُومِ وَمَا لَا يَحْمِلُهُ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْإِمَامَ إِذَا سَهَا أَنَّ الْمَأْمُومَ يَتْبَعُهُ فِي سُجُودِ السَّهْوِ وَإِنْ لَمْ يَتْبَعْهُ فِي سَهْوِهِ. وَاخْتَلَفُوا مَتَى يَسْجُدُ الْمَأْمُومُ إِذَا فَاتَهُ مَعَ الْإِمَامِ بَعْضُ الصَّلَاةِ وَعَلَى الْإِمَامِ سُجُودُ سَهْوٍ: فَقَالَ قَوْمٌ: يَسْجُدُ مَعَ الْإِمَامِ، ثُمَّ يَقُومُ لِقَضَاءِ مَا عَلَيْهِ، وَسَوَاءً كَانَ سُجُودُهُ قَبْلَ السَّلَامِ أَم بَعْدَهُ، وَبِهِ قَالَ عَطَاءٌ وَالْحَسَنُ وَالنَّخَعِيُّ وَالشَّعْبِيُّ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ وَأَصْحَابُ الرَّأْيِ. وَقَالَ قَوْمٌ: يَقْضِي ثُمَّ يَسْجُدُ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ سِيرِينَ وَإِسْحَاقُ. وَقَالَ قَوْمٌ: إِذَا سَجَدَ قَبْلَ التَّسْلِيمِ سَجَدَهُمَا مَعَهُ، وَإِنْ سَجَدَ بَعْدَ التَّسْلِيمِ سَجَدَهُمَا بَعْدَ أَنْ يَقْضِيَ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ وَاللَّيْثُ وَالْأَوْزَاعِيُّ. وَقَالَ قَوْمٌ: يَسْجُدُهُمَا مَعَ الْإِمَامِ، ثُمَّ يَسْجُدُهُمَا ثَانِيَةً بَعْدَ الْقَضَاءِ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ.

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