Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant à ceux qui donnent la prépondérance au hadith de Dhū al-Yadayn, ils estiment que les prosternations s’accomplissent après la salutation finale. Pour justifier cette prépondérance, ils font valoir qu’au hadith d’Ibn Buhayna s’oppose celui d’al-Mughīra ibn Shu‘ba :

« Il — sur lui la prière et la paix — se releva après deux unités de prière sans s’asseoir, puis accomplit les prosternations après la salutation finale. »

Abū ‘Umar a dit : « La transmission de ce récit n’a pas la même solidité que celle du hadith d’Ibn Buhayna ; il ne peut donc lui être opposé. »

Ils invoquent également à l’appui le hadith authentique d’Ibn Mas‘ūd :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplit par inadvertance cinq unités de prière, puis effectua les prosternations de l’oubli après la salutation finale. »

Quant à ceux qui adoptent la démarche de conciliation, ils disent : ces hadiths ne se contredisent pas. En effet, les prosternations qui y sont accomplies après la salutation finale concernent un ajout, tandis que celles qui précèdent la salutation finale concernent une omission. La même règle doit donc s’appliquer aux prosternations dans tous les autres cas. Ils ajoutent : cette interprétation est préférable à celle qui tient ces hadiths pour contradictoires.

Quant à ceux qui combinent conciliation et prépondérance, ils estiment que, dans les cas où le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné, on accomplit les prosternations de la même manière que lui : telle est la règle propre à ces cas. Dans les cas où le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — ne s’est pas prosterné, la règle est de les accomplir avant la salutation finale.

Cette démarche revient donc, semble-t-il, à raisonner par analogie à partir des cas où il — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné avant la salutation finale, sans le faire à partir de ceux où il s’est prosterné après celle-ci, tout en maintenant, pour les cas où il s’est prosterné, la manière dont il l’a fait. En maintenant pour chacun de ces cas la règle transmise à son sujet et en leur attribuant des règles distinctes, cette démarche constitue une forme de conciliation qui lève la contradiction entre les enseignements qui s’en dégagent. En revanche, étendre la portée de certains de ces récits, mais non des autres, aux cas sur lesquels les textes ne se prononcent pas constitue une forme de prépondérance. Je veux dire que l’analogie est fondée sur les prosternations accomplies avant la salutation finale, et non sur celles accomplies après celle-ci.

Quant à ceux qui ne déduisent de ces actes aucune règle applicable au-delà des cas concernés et en limitent la portée à ces seuls cas — à savoir les tenants de l’école littéraliste —, ils restreignent les prosternations à ces cas uniquement.

Le raisonnement d’Ahmad ibn Hanbal combine, pour sa part, celui des littéralistes et celui des partisans de l’analogie. En effet, comme nous l’avons dit, il limite les prosternations après la salutation finale aux cas pour lesquels un récit a été transmis, sans en étendre la règle à d’autres cas, tandis qu’il étend celle des prosternations accomplies avant la salutation finale.

Chacun de ces juristes — je veux dire les partisans de l’analogie — dispose d’arguments tirés du raisonnement analogique pour donner la prépondérance à son avis. Toutefois, dans cet ouvrage, nous n’entendons généralement pas exposer les divergences auxquelles donne lieu l’analogie, de même que nous n’entendons pas

وَأَمَّا مَنْ رَجَّحَ حَدِيثَ ذِي الْيَدَيْنِ فَقَالَ: السُّجُودُ بَعْدَ السَّلَامِ، وَاحْتَجُّوا لِتَرْجِيحِ هَذَا الْحَدِيثِ بِأَنَّ حَدِيثَ ابْنِ بُحَيْنَةَ قَدْ عَارَضَ حَدِيث الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ: «أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَامَ مِنِ اثْنَتَيْنِ وَلَمْ يَجْلِسْ، ثُمَّ سَجَدَ بَعْدَ السَّلَامِ» . قَالَ أَبُو عُمَرَ: لَيْسَ مِثْلَهُ فِي النَّقْلِ فَيُعَارَضُ بِهِ. وَاحْتَجُّوا أَيْضًا لِذَلِكَ بِحَدِيثِ ابْنِ مَسْعُودٍ الثَّابِتِ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - صَلَّى خَمْسًا سَاهِيًا وَسَجَدَ لِسَهْوِهِ بَعْدَ السَّلَامِ» . وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ فَإِنَّهُمْ قَالُوا: إِنَّ هَذِهِ الْأَحَادِيثَ لَا تَتَنَاقَضُ، وَذَلِكَ أَنَّ السُّجُودَ فِيهَا بَعْدَ السَّلَامِ إِنَّمَا هُوَ فِي الزِّيَادَةِ، وَالسُّجُودُ قَبْلَ السَّلَامِ فِي النُّقْصَانِ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ حُكْمُ السُّجُودِ فِي سَائِرِ الْمَوَاضِعِ كَمَا هُوَ فِي هَذَا الْمَوْضِعِ، قَالُوا: وَهُوَ أَوْلَى مِنْ حَمْلِ الْأَحَادِيثِ عَلَى التَّعَارُضِ. وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ وَالتَّرْجِيحِ فَقَالَ: يَسْجُدُ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَلَى النَّحْوِ الَّذِي سَجَدَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَإِنَّ ذَلِكَ هُوَ حُكْمُ تِلْكَ الْمَوَاضِعِ، وَأَمَّا الْمَوَاضِعُ الَّتِي لَمْ يَسْجُدْ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَالْحُكْمُ فِيهَا: السُّجُودُ قَبْلَ السَّلَامِ. فَكَأَنَّهُ قَاسَ عَلَى الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَبْلَ السَّلَامِ، وَلَمْ يَقِسْ عَلَى الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا بَعْدَ السَّلَامِ، وَأَبْقَى سُجُودَ الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا عَلَى مَا سَجَدَ فِيهَا، فَمِنْ جِهَةِ أَنَّهُ أَبْقَى حُكْمَ هَذِهِ الْمَوَاضِعِ عَلَى مَا وَرَدَتْ عَلَيْهِ، وَجَعَلَهَا مُتَغَايِرَةَ الْأَحْكَامِ هُوَ ضَرْبٌ مِنَ الْجَمْعِ وَرَفْعٌ لِلتَّعَارُضِ بَيْنَ مَفْهُومِهَا، وَمِنْ جِهَةِ أَنَّهُ عَدَّى مَفْهُومَ بَعْضِهَا دُونَ الْبَعْضِ، وَأَلْحَقَ بِهِ الْمَسْكُوتَ عَنْهُ فَذَلِكَ ضَرْبٌ مِنَ التَّرْجِيحِ - أَعْنِي: أَنَّهُ قَاسَ عَلَى السُّجُودِ الَّذِي قَبْلَ السَّلَامِ، وَلَمْ يَقِسْ عَلَى الَّذِي بَعْدَهُ -. وَأَمَّا مَنْ لَمْ يَفْهَمْ مِنْ هَذِهِ الْأَفْعَالِ حُكْمًا خَارِجًا عَنْهَا، وَقَصَرَ حُكْمَهَا عَلَى أَنْفُسِهَا وَهُمْ أَهْلُ الظَّاهِرِ فَاقْتَصَرُوا بِالسُّجُودِ عَلَى هَذِهِ الْمَوَاضِعِ فَقَطْ. وَأَمَّا أَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ، فَجَاءَ نَظَرُهُ مُخْتَلِطًا مِنْ نَظَرِ أَهْلِ الظَّاهِرِ وَنَظَرِ أَهْلِ الْقِيَاسِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ اقْتَصَرَ بِالسُّجُودِ كَمَا قُلْنَا بَعْدَ السَّلَامِ عَلَى الْمَوَاضِعِ الَّتِي وَرَدَ فِيهَا الْأَثَرُ وَلَمْ يُعَدِّهُ، وَعَدَّى السُّجُودَ الَّذِي وَرَدَ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي قَبْلَ السَّلَامِ. وَلِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْ هَؤُلَاءِ أَدِلَّةٌ يُرَجِّحُ بِهَا مَذْهَبَهُ مِنْ جِهَةِ الْقِيَاسِ - أَعْنِي: لِأَصْحَابِ الْقِيَاسِ -. وَلَيْسَ قَصْدُنَا فِي هَذَا الْكِتَابِ فِي الْأَكْثَرِ ذِكْرَ الْخِلَافِ الَّذِي يُوجِبُهُ الْقِيَاسُ، كَمَا لَيْسَ

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