Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Deuxième section : la place des prosternations de l’oubli]

Deuxième section

Les juristes divergent sur la place des prosternations de l’oubli et soutiennent cinq avis.

L’école d’al-Shāfi‘ī considère qu’elles s’accomplissent toujours avant la salutation finale.

L’école hanafite considère qu’elles s’accomplissent toujours après la salutation finale.

L’école de Mālik établit une distinction : si les prosternations sont dues à une omission, elles s’accomplissent avant la salutation finale ; si elles sont dues à un ajout, elles s’accomplissent après celle-ci.

Ahmad ibn Hanbal estime que l’on se prosterne avant la salutation finale dans les cas où le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné avant celle-ci, et après la salutation finale dans les cas où le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné après celle-ci. Dans tous les autres cas donnant lieu à ces prosternations, on les accomplit toujours avant la salutation finale.

Les tenants de l’école littéraliste considèrent que l’on n’accomplit les prosternations de l’oubli que dans les cinq cas où le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — les a accomplies. Pour les autres actes, s’il s’agit d’un acte obligatoire, le fidèle doit l’accomplir ; s’il s’agit d’un acte recommandé, rien ne lui incombe.

Cette divergence tient au fait qu’il est établi que le Prophète — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné tantôt avant la salutation finale, tantôt après celle-ci. Ainsi, il est établi qu’Ibn Buhayna a rapporté :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — dirigea notre prière. Après deux unités de prière, il se releva sans s’asseoir, et les fidèles se levèrent avec lui. Lorsqu’il eut achevé sa prière, alors qu’il était assis, il accomplit deux prosternations. »

Il est également établi qu’il s’est prosterné après la salutation finale dans le hadith de Dhū al-Yadayn précédemment cité, lorsqu’il avait prononcé la salutation après deux unités de prière.

Ceux qui admettent le raisonnement par analogie en matière de prosternations de l’oubli — je veux dire ceux qui étendent la règle applicable aux cas dans lesquels le Prophète — sur lui la prière et la paix — s’est prosterné à des cas semblables — ont adopté trois démarches à l’égard de ces récits authentiques : la première consiste à donner la prépondérance à certains récits ; la deuxième, à les concilier ; la troisième, à combiner conciliation et prépondérance.

Ceux qui donnent la prépondérance au hadith d’Ibn Buhayna considèrent que les prosternations s’accomplissent avant la salutation finale. Ils invoquent à l’appui le hadith authentique d’Abū Sa‘īd al-Khudrī, selon lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Lorsque l’un de vous doute au cours de sa prière et ne sait plus s’il a accompli trois ou quatre unités de prière, qu’il en accomplisse une autre, puis, étant assis, qu’il effectue deux prosternations avant la salutation finale. Si l’unité qu’il vient d’accomplir est la cinquième, ces deux prosternations rendront ce nombre pair ; si elle est la quatrième, les deux prosternations seront une humiliation pour Satan. »

Ils disent : ce hadith prévoit donc des prosternations avant la salutation finale pour un ajout, puisqu’il est possible que cette unité de prière soit la cinquième.

Ils invoquent également à l’appui ce qui est rapporté d’Ibn Shihāb :

« Des deux pratiques du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, la dernière fut d’accomplir les prosternations avant la salutation finale. »

[الْفَصْلُ الثَّانِي فِي مَعْرِفَةِ مَوَاضِعِ سُجُودِ السَّهْوِ] الْفَصْلُ الثَّانِي. اخْتَلَفُوا فِي مَوَاضِعِ سُجُودِ السَّهْوِ عَلَى خَمْسَةِ أَقْوَالٍ: فَذَهَبَتِ الشَّافِعِيَّةُ إِلَى أَنَّ سُجُودَ السَّهْوِ مَوْضِعُهُ أَبَدًا قَبْلَ السَّلَامِ. وَذَهَبَتِ الْحَنَفِيَّةُ إِلَى أَنَّ مَوْضِعَهُ أَبَدًا بَعْدَ السَّلَامِ. وَفَرَّقَتِ الْمَالِكِيَّةُ فَقَالَتْ: إِنْ كَانَ السُّجُودُ لِنُقْصَانٍ كَانَ قَبْلَ السَّلَامِ، وَإِنْ كَانَ لِزِيَادَةٍ كَانَ بَعْدَ السَّلَامِ. وَقَالَ أَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ: يَسْجُدُ قَبْلَ السَّلَامِ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَبْلَ السَّلَامِ، وَيَسْجُدُ بَعْدَ السَّلَامِ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بَعْدَ السَّلَامِ، فَمَا كَانَ مِنْ سُجُودٍ فِي غَيْرِ تِلْكَ الْمَوَاضِعِ يَسْجُدُ لَهُ أَبَدًا قَبْلَ السَّلَامِ. وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: لَا يَسْجُدُ لِلسَّهْوِ إِلَّا فِي الْمَوَاضِعِ الْخَمْسَةِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَطْ، وَغَيْرُ ذَلِكَ إِنْ كَانَ فَرْضًا أَتَى بِهِ، وَإِنْ كَانَ نَدْبًا فَلَيْسَ عَلَيْهِ شَيْءٌ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - ثَبَتَ عَنْهُ أَنَّهُ سَجَدَ قَبْلَ السَّلَامِ وَسَجَدَ بَعْدَ السَّلَامِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ ثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ ابْنِ بُحَيْنَةَ أَنَّهُ قَالَ: «صَلَّى لَنَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - رَكْعَتَيْنِ، ثُمَّ قَامَ فَلَمْ يَجْلِسْ، فَقَامَ النَّاسُ مَعَهُ، فَلَمَّا قَضَى صَلَاتَهُ سَجَدَ سَجْدَتَيْنِ وَهُوَ جَالِسٌ» . وَثَبَتَ أَيْضًا أَنَّهُ سَجَدَ بَعْدَ السَّلَامِ فِي حَدِيثِ ذِي الْيَدَيْنِ الْمُتَقَدِّمِ إِذْ سَلَّمَ مِنِ اثْنَتَيْنِ. فَذَهَبَ الَّذِينَ جَوَّزُوا الْقِيَاسَ فِي سُجُودِ السَّهْوِ - أَعْنِي: الَّذِينَ رَأَوْا تَعْدِيَةَ الْحُكْمِ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي سَجَدَ فِيهَا - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - إِلَى أَشْبَاهِهَا - فِي هَذِهِ الْآثَارِ الصَّحِيحَةِ ثَلَاثَةَ مَذَاهِبَ: أَحَدُهَا: مَذْهَبُ التَّرْجِيحِ. وَالثَّانِي: مَذْهَبُ الْجَمْعِ. وَالثَّالِثُ: مَذْهَبُ الْجَمْعِ وَالتَّرْجِيحِ. فَمَنْ رَجَّحَ حَدِيثَ ابْنِ بُحَيْنَةَ قَالَ: السُّجُودُ قَبْلَ السَّلَامِ، وَاحْتَجَّ لِذَلِكَ بِحَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ الثَّابِتِ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «إِذَا شَكَّ أَحَدُكُمْ فِي صَلَاتِهِ فَلَمْ يَدْرِ كَمْ صَلَّى، أَثْلَاثًا أَمْ أَرْبَعًا، فَلْيُصَلِّ رَكْعَةً، وَلْيَسْجُدْ سَجْدَتَيْنِ وَهُوَ جَالِسٌ قَبْلَ التَّسْلِيمِ، فَإِنْ كَانَتِ الرَّكْعَةُ الَّتِي صَلَّاهَا خَامِسَةً شَفَعَهَا بِهَاتَيْنِ السَّجْدَتَيْنِ، وَإِنْ كَانَتْ رَابِعَةً فَالسَّجْدَتَانِ تَرْغِيمٌ لِلشَّيْطَانِ» قَالُوا: فَفِيهِ السُّجُودُ لِلزِّيَادَةِ قَبْلَ السَّلَامِ لِأَنَّهَا مُمْكِنَةُ الْوُقُوعِ خَامِسَةً، وَاحْتَجُّوا لِذَلِكَ أَيْضًا بِمَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ أَنَّهُ قَالَ: «كَانَ آخِرَ الْأَمْرَيْنِ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - السُّجُودُ قَبْلَ السَّلَامِ» .

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