Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la troisième question :

Certains disent que si le voyageur rejoint moins d’une unité de la prière d’un imam résident, il n’a pas à accomplir la prière intégralement ; s’il en rejoint une unité, il est tenu de l’accomplir intégralement. Telles sont les règles du rattrapage d’une partie de la prière manquée parce que l’imam avait commencé avant le fidèle.

[Rattrapage d’une partie de la prière omise par oubli]

Quant au rattrapage d’une partie de la prière omise par oubli, pour l’imam comme pour celui qui prie seul, les juristes s’accordent à dire que tout pilier — c’est-à-dire tout acte obligatoire — doit être rattrapé et que rien ne dispense de l’accomplir effectivement. Certaines questions font toutefois l’objet de divergences : les uns imposent le rattrapage, tandis que les autres imposent de recommencer la prière.

Ainsi, lorsqu’une personne a oublié quatre prosternations dans une prière de quatre unités, à raison d’une prosternation par unité, certains disent qu’elle rectifie la quatrième unité en y accomplissant une prosternation, ne tient pas compte des unités précédentes, puis les accomplit de nouveau. C’est l’avis de Mālik.

D’autres disent que la prière est entièrement invalidée et qu’elle doit être recommencée. C’est l’un des deux avis rapportés d’Ahmad ibn Hanbal.

D’autres encore disent que cette personne accomplit quatre prosternations successives, par lesquelles sa prière se trouve complétée. C’est l’avis d’Abū Hanīfa, d’al-Thawrī et d’al-Awzā‘ī.

D’autres disent qu’elle rectifie la quatrième unité et tient compte de deux prosternations. C’est la position d’al-Shāfi‘ī.

Cette divergence porte sur le respect de l’ordre des actes. Ceux qui l’exigent aussi bien pour les prosternations que pour les unités déclarent la prière invalide. Ceux qui l’exigent pour les prosternations invalident toutes les unités, sauf la dernière, par analogie avec le rattrapage de la partie de la prière que le fidèle a manquée derrière l’imam. Ceux qui n’exigent pas cet ordre permettent d’accomplir toutes ces prosternations dans une seule unité, surtout s’ils estiment que cet ordre n’est pas obligatoire pour l’acte répété dans chaque unité, à savoir la prosternation. En effet, chaque unité comprend une station debout, une inclinaison et une prosternation, cette dernière étant répétée. Les disciples d’Abū Hanīfa soutiennent donc que, puisque la prosternation est répétée, il n’est pas obligatoire de respecter la place de cette répétition dans l’enchaînement des actes.

Relève du même ordre la divergence entre les disciples de Mālik au sujet de celui qui a oublié de réciter la Mère du Coran dans la première unité. Selon un avis, il ne tient pas compte de cette unité et la rattrape ; selon un autre, il recommence la prière ; selon un troisième, il accomplit les prosternations de l’oubli et sa prière est complète. Les questions particulières de ce chapitre sont nombreuses et aucune ne fait l’objet d’un énoncé explicite. Notre propos se limite ici à celles qui tiennent lieu de principes généraux.

[Troisième chapitre de la quatrième partie : les prosternations de l’oubli]
[Les prosternations dues à un oubli]
[Première section : le statut des prosternations]

Troisième chapitre de la quatrième partie : les prosternations de l’oubli

Les prosternations rapportées dans la Loi religieuse interviennent dans l’une de ces deux situations :

Soit en cas d’ajout ou d’omission dans les actes ou les paroles de la prière, survenus par oubli et non délibérément ;

Soit en cas de doute concernant les actes de la prière.

Quant aux prosternations dues à un oubli, et non à un doute, leur étude se répartit en six sections :

الْمَسْأَلَةِ الثَّالِثَةِ: فَقَالَ قَوْمٌ: إِنَّ الْمُسَافِرَ إِذَا أَدْرَكَ مِنْ صَلَاةِ الْإِمَامِ الْحَاضِرِ أَقَلَّ مِنْ رَكْعَةٍ لَمْ يُتِمَّ، وَإِذَا أَدْرَكَ رَكْعَةً لَزِمَهُ الْإِتْمَامُ، فَهَذَا حُكْمُ الْقَضَاءِ الَّذِي يَكُونُ لِبَعْضِ الصَّلَاةِ مِنْ قِبَلِ سَبْقِ الْإِمَامِ لَهُ. [قَضَاءُ بَعْضِ الصَّلَاةِ بِسَبَبِ النِّسْيَانِ] ; وَأَمَّا حُكْمُ الْقَضَاءِ لِبَعْضِ الصَّلَاةِ الَّذِي يَكُونُ لِلْإِمَامِ وَالْمُنْفَرِدِ مِنْ قِبَلِ النِّسْيَانِ: فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ مَا كَانَ مِنْهَا رُكْنًا فَهُوَ يُقْضَى - أَعْنِي فَرِيضَةً -، وَأَنَّهُ لَيْسَ يُجْزِي مِنْهُ إِلَّا الْإِتْيَانُ بِهِ، وَفِيهِ مَسَائِلُ اخْتَلَفُوا فِيهَا، بَعْضُهُمْ أَوْجَبَ فِيهَا الْقَضَاءَ، وَبَعْضُهُمْ أَوْجَبَ فِيهَا الْإِعَادَةَ. مِثْلُ مَنْ نَسِيَ أَرْبَعَ سَجَدَاتٍ مِنْ أَرْبَعِ رَكَعَاتٍ، سَجْدَةً مِنْ كُلِّ رَكْعَةٍ، فَإِنَّ قَوْمًا قَالُوا: يُصْلِحُ الرَّابِعَةَ بِأَنْ يَسْجُدَ لَهَا، وَيُبْطِلُ مَا قَبْلَهَا مِنَ الرَّكَعَاتِ ثُمَّ يَأْتِي بِهَا، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ. وَقَوْمٌ قَالُوا: تَبْطُلُ الصَّلَاةُ بِأَسْرِهَا وَيَلْزَمُهُ الْإِعَادَةُ، وَهِيَ إِحْدَى الرِّوَايَتَيْنِ عَنْ أَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ. وَقَوْمٌ قَالُوا: يَأْتِي بِأَرْبَعِ سَجَدَاتٍ مُتَوَالِيَةٍ وَتَكْمُلُ بِهَا صَلَاتُهُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ وَالْأَوْزَاعِيُّ. وَقَوْمٌ قَالُوا: يُصْلِحُ الرَّابِعَةَ وَيَعْتَدُّ بِسَجْدَتَيْنِ، وَهُوَ مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ فِي هَذَا: مُرَاعَاةُ التَّرْتِيبِ، فَمَنْ رَاعَاهُ فِي السَّجَدَاتِ والرَّكَعَاتِ أَبْطَلَ الصَّلَاةَ، وَمَنْ رَاعَاهُ فِي السَّجَدَاتِ أَبْطَلَ الرَّكَعَاتِ مَا عَدَا الْأَخِيرَةَ، قِيَاسًا عَلَى قَضَاءِ مَا فَاتَ الْمَأْمُومَ مِنْ صَلَاةِ الْإِمَامِ. وَمَنْ لَمْ يُرَاعِ التَّرْتِيبَ أَجَازَ سُجُودَهَا مَعًا فِي رَكْعَةٍ وَاحِدَةٍ، وَلَا سِيَّمَا إِذَا اعْتَقَدَ أَنَّ التَّرْتِيبَ لَيْسَ هُوَ وَاجِبًا فِي الْفِعْلِ الْمُكَرَّرِ فِي كُلِّ رَكْعَةٍ - أَعْنِي السُّجُودَ -، وَذَلِكَ أَنَّ كُلَّ رَكْعَةٍ تَشْتَمِلُ عَلَى قِيَامٍ وَانْحِنَاءٍ وَسُجُودٍ، وَالسُّجُودُ مُكَرَّرٌ، فَزَعَمَ أَصْحَابُ أَبِي حَنِيفَةَ أَنَّ السُّجُودَ لَمَّا كَانَ مُكَرَّرًا لَمْ يَجِبْ أَنْ يُرَاعِيَ فِيهِ التَّكْرِيرَ فِي التَّرْتِيبِ. وَمِنْ هَذَا الْجِنْسِ اخْتِلَافُ أَصْحَابِ مَالِكٍ فِيمَنْ نَسِيَ قِرَاءَةَ أُمِّ الْقُرْآنِ مِنَ الرَّكْعَةِ الْأُولَى فَقِيلَ: لَا يَعْتَدُّ بِالرَّكْعَةِ وَيَقْضِيهَا، وَقِيلَ: يُعِيدُ الصَّلَاةَ، وَقِيلَ: يَسْجُدُ لِلسَّهْوِ وَصَلَاتُهُ تَامَّةٌ. وَفُرُوعُ هَذَا الْبَابِ كَثِيرَةٌ، وَكُلُّهَا غَيْرُ مَنْطُوقٍ بِهِ، وَلَيْسَ قَصْدُنَا هَاهُنَا إِلَّا مَا يَجْرِي مَجْرَى الْأُصُولِ. [الْبَابُ الثَّالِثُ مِنَ الْجُمْلَةِ الرَّابِعَةِ فِي سُجُودِ السَّهْوِ] [السُّجُودُ الَّذِي يَكُونُ لِلنِّسْيَانِ] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي مَعْرِفَةِ حُكْمِ السُّجُودِ] الْبَابُ الثَّالِثُ مِنَ الْجُمْلَةِ الرَّابِعَةِ: فِي سُجُودِ السَّهْوِ وَالسُّجُودُ الْمَنْقُولُ فِي الشَّرِيعَةِ فِي أَحَدِ مَوْضِعَيْنِ: إِمَّا عِنْدَ الزِّيَادَةِ أَوِ النُّقْصَانِ اللَّذَيْنِ يَقَعَانِ فِي أَفْعَالِ الصَّلَاةِ وَأَقْوَالِهَا مِنْ قِبَلِ النِّسْيَانِ لَا مِنْ قِبَلِ الْعَمْدِ. وَإِمَّا عِنْدَ الشَّكِّ فِي أَفْعَالِ الصَّلَاةِ. فَأَمَّا السُّجُودُ الَّذِي يَكُونُ مِنْ قِبَلِ النِّسْيَانِ لَا مِنْ قِبَلِ الشَّكِّ، فَالْكَلَامُ فِيهِ يَنْحَصِرُ فِي سِتَّةِ فُصُولٍ:

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