Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

si l’imam s’est relevé de l’inclinaison de la deuxième unité, cette unité ne compte pas pour le fidèle s’il l’y suit : celui-ci en serait alors à sa première unité, tandis que l’imam en serait à sa deuxième, ce qui constitue le plus grand décalage avec lui.

Quant à la deuxième des trois questions initiales qui constituent les fondements de ce chapitre, elle est la suivante : lorsque le fidèle accomplit la partie de la prière qu’il a manquée avec l’imam, cela relève-t-il de l’accomplissement ou du rattrapage ? Il existe trois avis à ce sujet.

Certains disent que ce qu’il effectue après la salutation finale de l’imam est un rattrapage et que la partie qu’il a priée avec lui ne constitue pas le début de sa propre prière.

D’autres disent que ce qu’il effectue après la salutation finale de l’imam relève de l’accomplissement et que la partie qu’il a priée avec lui constitue le début de sa propre prière.

D’autres encore distinguent les paroles des gestes : il rattrape les paroles (ils entendent par là la récitation) et poursuit sa prière pour les gestes (c’est-à-dire qu’il s’agit d’un accomplissement).

Ainsi, selon le premier avis (celui du rattrapage), le fidèle qui a rejoint l’imam pour une unité de la prière du maghrib se lève, après la salutation finale de l’imam, pour effectuer deux unités dans lesquelles il récite la Fātiha et une sourate, sans s’asseoir entre les deux.

Selon le deuxième avis (celui de la poursuite de la prière), il se lève pour effectuer une unité dans laquelle il récite la Fātiha et une sourate, puis s’assied. Il se relève ensuite pour une unité dans laquelle il récite seulement la Fātiha.

Selon le troisième avis, il se lève pour effectuer une unité dans laquelle il récite la Fātiha et une sourate. Ces trois avis ont été attribués à l’école. Toutefois, l’avis authentiquement rapporté de Mālik est qu’il rattrape les paroles et poursuit sa prière pour les gestes. En effet, concernant la prière du maghrib, Mālik a toujours affirmé que celui qui en a rejoint une unité se lève pour effectuer la deuxième, puis s’assied. Il a également toujours affirmé que le fidèle récite, en rattrapant les unités manquées, la Fātiha et une sourate.

Leur divergence vient de ce que certaines versions du célèbre hadith rapportent :

« Priez la partie que vous rejoignez et complétez ce que vous avez manqué. »

Or, compléter implique que la partie rejointe constitue le début de sa prière.

D’autres versions rapportent :

« Priez la partie que vous rejoignez et rattrapez ce que vous avez manqué. »

Le rattrapage implique alors que la partie rejointe constitue la fin de sa prière. Ceux qui retiennent la notion de complément disent donc que la partie rejointe constitue le début de sa prière. Ceux qui retiennent celle de rattrapage disent qu’elle en constitue la fin. Ceux qui cherchent à concilier les deux versions appliquent le rattrapage aux paroles et l’accomplissement aux gestes. Cet avis est faible (je veux dire celui selon lequel une partie de la prière relèverait de l’accomplissement et une autre du rattrapage).

Leur accord sur l’obligation de respecter l’ordre des différentes parties de la prière et sur le fait que le takbīr d’entrée en prière doit se situer à son commencement constitue une preuve claire que la partie rejointe est le début de la prière du fidèle. Toutefois, l’intention du fidèle et celle de l’imam diffèrent quant à l’ordre des unités. Médite donc ce point. Il semble que ce soit là l’une des considérations prises en compte par ceux qui disent que la partie rejointe constitue la fin de sa prière.

Quant à la troisième des questions initiales, elle est la suivante : à partir de quand les règles propres à la prière de l’imam s’imposent-elles au fidèle qui le suit ? Elle comprend plusieurs questions, dont la première est : à partir de quand le fidèle est-il considéré comme ayant rejoint la prière du vendredi ?

إِذَا قَامَ مِنْ الِانْحِنَاءِ فِي الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ أَنَّهُ لَا يَعْتَدُّ بِتِلْكَ الرَّكْعَةِ إِنِ اتَّبَعَهُ فِيهَا ; لِأَنَّهُ يَكُونُ فِي حُكْمِ الْأَوْلَى، وَالْإِمَامُ فِي حُكْمِ الثَّانِيَةِ، وَذَلِكَ غَايَةُ الِاخْتِلَافِ عَلَيْهِ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ مِنَ الْمَسَائِلِ الثَّلَاثِ الْأُوَلِ الَّتِي هِيَ أُصُولُ هَذَا الْبَابِ وَهِيَ: هَلْ إِتْيَانُ الْمَأْمُومِ بِمَا فَاتَهُ مِنَ الصَّلَاةِ مَعَ الْإِمَامِ أَدَاءٌ أَوْ قَضَاءٌ؟ فَإِنَّ فِي ذَلِكَ ثَلَاثَةَ مَذَاهِبَ، قَوْمٌ قَالُوا: إِنَّ مَا يَأْتِي بَعْدَ سَلَامِ الْإِمَامِ هُوَ قَضَاءٌ وَإِنَّ مَا أَدْرَكَ لَيْسَ هُوَ أَوَّلَ صَلَاتِهِ. وَقَوْمٌ قَالُوا: إِنَّ الَّذِي يَأْتِي بِهِ بَعْدَ سَلَامِ الْإِمَامِ هُوَ أَدَاءٌ، وَإِنَّ مَا أَدْرَكَ هُوَ أَوَّلُ صَلَاتِهِ. وَقَوْمٌ فَرَّقُوا بَيْنَ الْأَقْوَالِ وَالْأَفْعَالِ فَقَالُوا: يَقْضِي فِي الْأَقْوَالِ (يَعْنُونَ فِي الْقِرَاءَةِ) ، وَيَبْنِي فِي الْأَفْعَالِ (يَعْني: الْأَدَاءَ) ، فَمَنْ أَدْرَكَ رَكْعَةً مِنْ صَلَاةِ الْمَغْرِبِ عَلَى الْمَذْهَبِ الْأَوَّلِ: (أَعْنِي مَذْهَبَ الْقَضَاءِ) قَامَ إِذَا سَلَّمَ الْإِمَامُ إِلَى رَكْعَتَيْنِ يَقْرَأُ فِيهِمَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ وَسُورَةٍ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَجْلِسَ بَيْنَهُمَا، وَعَلَى الْمَذْهَبِ الثَّانِي: (أَعْنِي عَلَى الْبِنَاءِ) قَامَ إِلَى رَكْعَةٍ وَاحِدَةٍ يَقْرَأُ فِيهَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ وَسُورَةٍ، وَيَجْلِسُ، ثُمَّ يَقُومُ إِلَى رَكْعَةٍ يَقْرَأُ فِيهَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ فَقَطْ، وَعَلَى الْمَذْهَبِ الثَّالِثِ يَقُومُ إِلَى رَكْعَةٍ فَيَقْرَأُ فِيهَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ وَسُورَةٍ، وَقَدْ نُسِبَتِ الْأَقَاوِيلُ الثَّلَاثَةُ إِلَى الْمَذْهَبِ، وَالصَّحِيحُ عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ يَقْضِي فِي الْأَقْوَالِ، وَيَبْنِي فِي الْأَفْعَالِ ; لِأَنَّهُ لَمْ يَخْتَلِفْ قَوْلُهُ فِي الْمَغْرِبِ إِنَّهُ إِذَا أَدْرَكَ مِنْهَا رَكْعَةً أَن يَقُوم إِلَى الرَّكْعَةِ الثَّانِيَةِ، ثُمَّ يَجْلِسُ، وَلَا اخْتِلَافَ فِي قَوْلِهِ إِنَّهُ يَقْضِي بِأُمِّ الْقُرْآنِ وَسُورَةٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: أَنَّهُ وَرَدَ فِي بَعْضِ رِوَايَاتِ الْحَدِيثِ الْمَشْهُورِ: «فَمَا أَدْرَكْتُمْ فَصَلُّوا وَمَا فَاتَكُمْ فَأَتِمُّوا» ، وَالْإِتْمَامُ يَقْتَضِي أَنْ يَكُونَ مَا أَدْرَكَ هُوَ أَوَّلَ صَلَاتِهِ. وَفِي بَعْضِ رِوَايَاتِهِ «فَمَا أَدْرَكْتُمْ فَصَلُّوا وَمَا فَاتَكُمْ فَاقْضُوا» وَالْقَضَاءُ يُوجِبُ أَنَّ مَا أَدْرَكَ هُوَ آخِرُ صَلَاتِهِ ; فَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْإِتْمَامِ قَالَ: مَا أَدْرَكَ هُوَ أَوَّلُ صَلَاتِهِ ; وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْقَضَاءِ قَالَ: مَا أَدْرَكَ هُوَ آخِرُ صَلَاتِهِ، وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ جَعَلَ الْقَضَاءَ فِي الْأَقْوَالِ وَالْأَدَاءَ فِي الْأَفْعَالِ، وَهُوَ ضَعِيفٌ (أَعْنِي أَنْ يَكُونَ بَعْضُ الصَّلَاةِ أَدَاءً وَبَعْضُهَا قَضَاءً) وَاتِّفَاقُهُمْ عَلَى وُجُوبِ التَّرْتِيبِ فِي أَجْزَاءِ الصَّلَاةِ، وَعَلَى أَنَّ مَوْضِعَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ هُوَ افْتِتَاحُ الصَّلَاةِ، فَفِيهِ دَلِيلٌ وَاضِحٌ عَلَى أَنَّ مَا أَدْرَكَ هُوَ أَوَّلُ صَلَاتِهِ لَكِنْ تَخْتَلِفُ نِيَّةُ الْمَأْمُومِ وَالْإِمَامِ فِي التَّرْتِيبِ، فَتَأَمَّلْ هَذَا، وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ هَذَا هُوَ أَحَدَ مَا رَاعَاهُ مَنْ قَالَ: مَا أَدْرَكَ فَهُوَ آخِرُ صَلَاتِهِ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ مِنَ الْمَسَائِلِ الْأُوَلِ، وَهِيَ مَتَى يَلْزَمُ الْمَأْمُومَ حُكْمُ صَلَاةِ الْإِمَامِ فِي الِاتِّبَاعِ؟ فَإِنَّ فِيهَا مَسَائِلَ: إِحْدَاهَا: مَتَى يَكُونُ مُدْرِكًا لِصَلَاةِ الْجُمُعَةِ؟

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