divergent sur le point suivant : ce fidèle qui rejoint la prière doit-il prononcer deux takbīrs (proclamations de la grandeur d’Allah), l’un pour entrer en prière et l’autre pour s’incliner, ou le takbīr de l’inclinaison lui suffit-il ? Si ce dernier suffit, doit-il avoir l’intention d’en faire le takbīr d’entrée en prière, ou cette intention n’est-elle pas requise ?
Certains disent qu’un seul takbīr suffit, à condition d’avoir l’intention d’entrer ainsi en prière. Tel est l’avis de Mālik et d’al-Shāfi‘ī, qui préconisent néanmoins d’en prononcer deux. D’autres estiment que deux takbīrs sont indispensables. D’autres encore considèrent qu’un seul suffit, même sans avoir l’intention d’en faire le takbīr d’entrée en prière.
Selon le deuxième avis, dès que l’imam s’est incliné, l’unité de prière a échappé au fidèle : elle ne lui est comptée que s’il rejoint l’imam alors que celui-ci est encore debout. Cet avis est attribué à Abū Hurayra.
Selon le troisième avis, si le fidèle parvient au dernier rang alors que l’imam a déjà relevé la tête, mais que certains fidèles ne l’ont pas encore fait, il lui suffit de les rejoindre dans cette position pour que l’unité lui soit comptée, car les uns servent d’imams aux autres. Tel est l’avis d’al-Sha‘bī.
Cette divergence tient au fait que le terme rak‘a peut désigner soit le seul fait de s’incliner, soit à la fois l’inclinaison et la station debout. En effet, le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :
« Quiconque rejoint une unité de la prière a rejoint la prière. »
Ibn al-Mundhir a dit : « Cette parole est authentiquement établie du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. »
Ceux pour qui le terme rak‘a désigne à la fois la station debout et l’inclinaison disent donc que, si le fidèle n’a pas rejoint l’imam pendant la station debout, l’unité de prière lui a échappé. Ceux pour qui ce terme désigne l’inclinaison elle-même considèrent qu’en rejoignant l’imam dans l’inclinaison, le fidèle a rejoint l’unité de prière.
Cette équivoque vient de ce que le terme oscille entre son sens linguistique et son sens religieux : dans la langue, rak‘a désigne l’inclinaison ; dans l’usage religieux, il désigne la station debout, l’inclinaison et la prosternation. Ainsi, celui qui comprend le terme rak‘a dans la parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« Quiconque rejoint une unité de prière »
au sens d’une unité de prière telle que la définit la Loi religieuse, et qui n’admet pas de ne retenir qu’une partie de ce que désignent les termes, exige que le fidèle accomplisse avec l’imam les trois positions, à savoir la station debout, l’inclinaison et la prosternation.
Il se peut, en revanche, que celui qui ne prend en considération que l’inclinaison ait retenu la majeure partie de ce que désigne ici le terme. En effet, celui qui rejoint l’inclinaison accomplit deux des parties de l’unité de prière, tandis que celui qui la manque n’en accomplit qu’une seule. Selon cette analyse, leur divergence se ramènerait donc à la question de savoir s’il faut retenir une partie seulement de ce que les termes désignent, ou sa totalité. La divergence peut ainsi s’expliquer de ces deux manières.
Quant à celui qui prend en considération l’inclinaison des fidèles présents dans le rang, son avis tient à ce que l’unité de prière peut être rapportée à l’imam seul, ou à l’imam et aux fidèles qui le suivent.
La divergence vient donc de l’ambiguïté de ce rattachement, je veux dire dans la parole du Prophète — sur lui la prière et la paix — :
« Quiconque rejoint une unité de la prière. »
L’avis de la majorité est toutefois le plus évident.
Quant à leur divergence sur la question de savoir si un seul takbīr suffit ou s’il en faut deux — pour le fidèle qui entre en prière alors que l’imam est incliné —, elle tient à la question suivante : le takbīr d’entrée en prière doit-il nécessairement être prononcé debout ou non ? Celui qui estime que l’une des