La sixième modalité est celle rapportée dans les hadiths d’Abū Bakra et de Jābir, selon lesquels le Prophète — sur lui la bénédiction et la paix — « accomplit deux unités de prière avec chacun des deux groupes ».
Al-Hasan rendait ses avis juridiques conformément à cette modalité. Ce récit prouve que l’intention de l’imam peut différer de celle des fidèles qu’il dirige, puisqu’il accomplissait la prière intégralement, tandis qu’eux la raccourcissaient. Muslim l’a rapporté d’après Jābir.
La septième modalité est celle rapportée dans le hadith d’Ibn Umar, d’après le Prophète — sur lui la bénédiction et la paix :
« Lorsqu’on l’interrogeait sur la prière en situation de crainte, il disait : “L’imam s’avance avec un groupe de fidèles et dirige pour eux une unité de prière. Un autre groupe, qui n’a pas encore prié, se tient entre lui et l’ennemi. Lorsque ceux qui sont avec lui ont accompli une unité, ils reculent pour prendre la place de ceux qui n’ont pas prié avec lui, sans prononcer la salutation finale. Ceux qui n’ont pas encore prié s’avancent alors et accomplissent avec lui une unité. Puis l’imam termine sa prière, ayant accompli deux unités. Chacun des deux groupes s’avance ensuite et accomplit pour son propre compte une unité, après que l’imam a terminé sa prière. Chacun des deux groupes a ainsi accompli deux unités. Si la crainte est plus intense encore, ils prient à pied, debout sur leurs jambes, ou sur leurs montures, tournés ou non vers la qibla.” »
Ashhab, dans ce qu’il rapporte de Mālik, ainsi que plusieurs autres savants, ont retenu cette modalité.
Abū Umar dit : L’argument de ceux qui retiennent ce hadith d’Ibn Umar est qu’il a été transmis par les imams de Médine, dont la transmission fait autorité face à ceux qui les contredisent. Cette modalité est, de surcroît, plus conforme aux règles fondamentales, puisque le premier et le second groupe n’ont complété l’unité manquante qu’après que le Messager d’Allah — sur lui la bénédiction et la paix — eut terminé sa prière. Telle est la pratique connue, unanimement admise, pour compléter les unités manquantes dans les autres prières.
La majorité des savants retiennent également ce qu’indique ce hadith : lorsque la crainte s’intensifie, il est permis de prier en étant tourné ou non vers la qibla, et de faire des gestes en guise d’inclinaison et de prosternation, sans les accomplir réellement.
Abū Hanīfa s’y oppose et dit : « Celui qui est en situation de crainte ne prie qu’en direction de la qibla, et nul ne prie pendant le combat à l’épée. »
Ce désaccord tient au fait que cette manière d’agir déroge aux règles fondamentales. Certains ont estimé que toutes ces modalités étaient permises et que la personne tenue d’accomplir la prière pouvait choisir celle qu’elle souhaitait. Il a également été dit que cette diversité tenait uniquement à celle des situations.
[Chapitre six de la troisième partie : la prière du malade]
Chapitre six de la troisième partie
La prière du malade
Les savants sont unanimes sur le fait que le malade reste tenu d’accomplir la prière et que l’obligation de se tenir debout cesse lorsqu’il en est incapable : il prie alors assis. De même, l’obligation de s’incliner et de se prosterner cesse lorsqu’il est incapable d’accomplir ces deux gestes, ou l’un d’eux ; il remplace alors ce qu’il ne peut accomplir par des gestes esquissés.
Ils divergent toutefois sur les personnes autorisées à prier assises, sur la manière de s’asseoir et sur la posture de celui qui ne peut ni s’asseoir ni se tenir debout.
Quant à celui qui est autorisé à prier assis, certains ont dit : c’est