Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

se heurte au sens dégagé par le raisonnement, tandis que sa qualification de dispense se heurte à la formulation du texte transmis. Il doit donc s’agir d’une obligation laissant le choix ou d’une sunna. C’est là une manière de concilier les preuves. Ils ont également objecté au hadith de ‘Ā’isha le fait, bien connu, qu’elle accomplissait la prière intégralement. ‘Atā’ rapporte d’elle :
« Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait tantôt la prière intégralement en voyage, tantôt la raccourcissait ; il jeûnait ou s’abstenait de jeûner ; il retardait la prière de midi et avançait celle de l’après-midi, retardait celle du coucher du soleil et avançait celle de la nuit. »

S’y opposent également le hadith d’Anas et celui d’Abū Najīh al-Makkī, qui a dit :
« J’ai voyagé en compagnie des Compagnons de Muhammad — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Certains accomplissaient la prière intégralement, d’autres la raccourcissaient ; certains jeûnaient, d’autres s’abstenaient de jeûner, sans que les uns adressent de reproches aux autres, ni réciproquement. »

Il n’existe aucune divergence dans les récits rapportant que ‘Uthmān et ‘Ā’isha accomplissaient la prière intégralement. Telle est donc leur divergence sur le premier point.

Quant au deuxième point (la distance à partir de laquelle le raccourcissement est permis), les savants ont également beaucoup divergé à ce sujet. Mālik, al-Shāfi‘ī, Ahmad et un grand nombre de savants estiment que l’on raccourcit la prière pour une distance de quatre barīd (relais de poste), soit une journée de marche à allure moyenne. Abū Hanīfa, ses disciples et les savants de Kūfa ont dit : « La distance minimale permettant de raccourcir la prière est de trois jours de marche ; le raccourcissement ne concerne que celui qui se rend d’une région à une autre. »

Les tenants de l’école littéraliste ont dit : « Le raccourcissement s’applique à tout voyage, court ou long. »

Leur divergence tient à l’opposition entre le sens dégagé par le raisonnement et la lettre du texte. En effet, on comprend que le voyage justifie le raccourcissement en raison de la difficulté qu’il comporte, comme il justifie la dispense de jeûne. S’il en est ainsi, le raccourcissement doit s’appliquer là où cette difficulté existe.

Quant à ceux qui ne prennent en considération que la lettre du texte, ils disent : le Prophète — sur lui la bénédiction et la paix — a déclaré :
« Allah a dispensé le voyageur du jeûne et de la moitié de la prière. »

Toute personne pouvant être qualifiée de voyageur peut donc raccourcir la prière et s’abstenir de jeûner. Ils appuient cet avis sur ce que Muslim rapporte de ‘Umar ibn al-Khattāb :
« Le Prophète — sur lui la bénédiction et la paix — raccourcissait la prière pour une distance d’environ dix-sept milles. »

Certains ont adopté un cinquième avis, comme nous l’avons dit, selon lequel

يُعَارِضُهُ الْمَعْنَى الْمَعْقُولُ، وَكَوْنَهُ رُخْصَةً يُعَارِضُهُ اللَّفْظُ الْمَنْقُولُ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ وَاجِبًا مُخَيَّرًا أَوْ سُنَّةً، وَكَانَ هَذَا نَوْعًا مِنْ طَرِيقِ الْجَمْعِ، وَقَدِ اعْتَلُّوا لِحَدِيثِ عَائِشَةَ بِالْمَشْهُورِ عَنْهَا مِنْ أَنَّهَا كَانَتْ تُتِمُّ، وَرَوَى عَطَاءٌ «عنها أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ يُتِمُّ الصَّلَاةَ فِي السَّفَرِ وَيَقْصُرُ وَيَصُومُ وَيُفْطِرُ وَيُؤَخِّرُ الظُّهْرَ وَيُعَجِّلُ الْعَصْرَ وَيُؤَخِّرُ الْمَغْرِبَ وَيُعَجِّلُ الْعِشَاءَ» وَمِمَّا يُعَارِضُهُ أَيْضًا حَدِيثُ أَنَسٍ، وَأَبِي نَجِيحٍ الْمَكِّيِّ قَالَ: اصْطَحَبْتُ أَصْحَابَ مُحَمَّدٍ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَكَانَ بَعْضُهُمْ يُتِمُّ وَبَعْضُهُمْ يَقْصُرُ وَبَعْضُهُمْ يَصُومُ، وَبَعْضُهُمْ يُفْطِرُ، فَلَا يَعِيبُ هَؤُلَاءِ عَلَى هَؤُلَاءِ، وَلَا هَؤُلَاءِ عَلَى هَؤُلَاءِ، وَلَمْ يُخْتَلَفْ فِي إِتْمَامِ الصَّلَاةِ عَنْ عُثْمَانَ وَعَائِشَةَ، فَهَذَا هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي الْمَوْضِعِ الْأَوَّلِ. أَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْمَوْضِعِ الثَّانِي، (وَهِيَ الْمَسَافَةُ الَّتِي يَجُوزُ فِيهَا الْقَصْرُ) ، فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ أَيْضًا اخْتِلَافًا كَثِيرًا، فَذَهَبَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَجَمَاعَةٌ كَثِيرَةٌ إِلَى أَنَّ الصَّلَاةَ تُقْصَرُ فِي أَرْبَعَةِ بُرُدٍ، وَذَلِكَ مَسِيرَةَ يَوْمٍ بِالسَّيْرِ الْوَسَطِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ، وَالْكُوفِيُّونَ: أَقَلُّ مَا تُقْصَرُ فِيهِ الصَّلَاةُ ثَلَاثَةُ أَيَّامٍ، وَإِنَّ الْقَصْرَ إِنَّمَا هُوَ لِمَنْ سَارَ مِنْ أُفُقٍ إِلَى أُفُقٍ. وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: الْقَصْرُ فِي كُلِّ سَفَرٍ قَرِيبًا أَوْ بَعِيدًا. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْمَعْنَى الْمَعْقُولِ مِنْ ذَلِكَ اللَّفْظِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْمَعْقُولَ مِنْ تَأْثِيرِ السَّفَرِ فِي الْقَصْرِ أَنَّهُ لِمَكَانِ الْمَشَقَّةِ الْمَوْجُودَةِ فِيهِ مِثْلُ تَأْثِيرِهِ فِي الصَّوْمِ، وَإِذَا كَانَ الْأَمْرُ عَلَى ذَلِكَ، فَيَجِبُ الْقَصْرُ حَيْثُ الْمَشَقَّةُ. وَأَمَّا مَنْ لَا يُرَاعِي فِي ذَلِكَ إِلَّا اللَّفْظَ فَقَطْ، فَقَال: قَدْ قَالَ النَّبِيُّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّ اللَّهَ وَضَعَ عَنِ الْمُسَافِرِ الصَّوْمَ وَشَطْرَ الصَّلَاةِ» فَكُلُّ مَنِ انْطَلَقَ عَلَيْهِ اسْمُ مُسَافِرٍ جَازَ لَهُ الْقَصْرُ وَالْفِطْرُ، وَأَيَّدُوا ذَلِكَ بِمَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ يَقْصُرُ فِي نَحْوِ السَبْعَةَ عَشَرَ مِيلًا» وَذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى خَامِسٍ كَمَا قُلْنَا وَهُوَ أَنَّ

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