al-Shāfi'ī et un groupe de savants ont considéré que ces heures étaient les heures de la journée ; ils recommandaient donc de s’y rendre tôt dans la journée. Mālik estimait, quant à lui, qu’il s’agissait des subdivisions d’une seule heure, à cheval sur le moment où le soleil passe au zénith.
D’autres ont dit qu’il s’agissait des subdivisions d’une heure précédant le passage du soleil au zénith. Cet avis paraît le plus évident, puisque, passé ce moment, il devient obligatoire de se rendre à la prière, sauf selon ceux qui admettent un mérite supplémentaire dans l’accomplissement d’un acte obligatoire.
Quatrième question
Concernant la vente et l’achat au moment de l’appel à la prière, certains estiment qu’une vente conclue à ce moment doit être annulée, tandis que d’autres considèrent qu’elle ne doit pas l’être.
Leur divergence tient à la question suivante : lorsqu’une interdiction porte sur un acte en soi licite, mais le vise sous une caractéristique particulière, entraîne-t-elle ou non l’invalidité de l’acte interdit ?
Les bonnes pratiques du vendredi sont au nombre de trois : se parfumer, se nettoyer les dents au bâtonnet et porter de beaux vêtements. Elles ne font l’objet d’aucune divergence, en raison des traditions rapportées à ce sujet.
[Chapitre quatrième : La prière en voyage]
[Première section : Le raccourcissement de la prière]
Chapitre quatrième
La prière en voyage
Ce chapitre comprend deux sections :
Première section : le raccourcissement des prières.
Deuxième section : le regroupement des prières.
Première section
Le raccourcissement des prières
Tous s’accordent à reconnaître que le voyage a une incidence sur le raccourcissement des prières, mais divergent quant à son incidence sur leur regroupement.
Les savants s’accordent sur la permission accordée au voyageur de raccourcir ses prières, à l’exception d’un avis marginal, celui de 'Ā’isha : le raccourcissement ne serait permis qu’en situation de crainte, conformément à cette parole du Très-Haut :
« Si vous craignez que ceux qui ont mécru ne vous attaquent. »
[Les Femmes : 101]
Les tenants de cet avis affirment que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — n’a raccourci ses prières que parce qu’il se trouvait en situation de crainte.
Ils divergent à ce sujet sur cinq points :
Le premier : le statut juridique du raccourcissement.
Le deuxième : la distance à partir de laquelle le raccourcissement s’impose.
Le troisième : le type de voyage dans lequel le raccourcissement s’impose.
Le quatrième : l’endroit à partir duquel le voyageur commence à raccourcir ses prières.
Le cinquième : la durée pendant laquelle le voyageur peut raccourcir ses prières lorsqu’il séjourne en un lieu.
Concernant le statut juridique du raccourcissement, ils ont émis quatre avis. Certains considèrent que le raccourcissement est l’obligation qui incombe au voyageur, à l’exclusion de toute autre possibilité. D’autres estiment que raccourcir la prière ou l’accomplir intégralement sont deux modalités entre lesquelles il peut choisir pour s’acquitter de son obligation, comme pour les différentes formes d’expiation. D’autres considèrent que le raccourcissement relève de la sunna. D’autres enfin estiment qu’il s’agit d’une dispense et que l’accomplissement intégral de la prière