Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et de Sa‘īd ibn Jubayr et d’Ibrāhīm al-Nakha‘ī.

Le troisième avis distingue selon que l’on entend ou non le sermon : si on l’entend, on garde le silence ; sinon, il est permis de glorifier Allah ou de discuter d’une question de science religieuse. C’est l’avis d’Ahmad, de ‘Atā’ et d’un groupe de savants. La majorité estime que parler n’invalide pas la prière.

Il est rapporté d’Ibn Wahb qu’il a dit : « Pour celui qui tient des propos futiles, la prière est celle de midi, en quatre unités. »

La majorité a retenu l’obligation de garder le silence en raison du hadith d’Abū Hurayra selon lequel le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Si tu dis à ton compagnon : “Garde le silence”, le vendredi, pendant que l’imam prononce le sermon, tu as toi-même tenu un propos futile. »

Quant à ceux qui ne considèrent pas le silence comme obligatoire, je ne leur connais d’argument possible que celui-ci : ils estimeraient que cette injonction se heurte au sens déduit, par raisonnement a contrario, de cette parole du Très-Haut :

« Lorsque le Coran est récité, prêtez-lui l’oreille et gardez le silence, afin qu’il vous soit fait miséricorde. »
[Al-A‘rāf : 204]

Autrement dit, il ne serait pas obligatoire de garder le silence pour autre chose que le Coran. Cet argument est toutefois faible — et Allah sait mieux. Il est plus vraisemblable que ce hadith ne leur soit pas parvenu.

Leur divergence concernant la réponse au salut et l’invocation de la miséricorde d’Allah en faveur de celui qui éternue tient à l’opposition entre la portée générale de l’ordre de le faire et celle de l’ordre de garder le silence : chacune de ces prescriptions peut constituer une exception à l’autre. Ceux qui font de l’ordre de saluer et d’invoquer la miséricorde d’Allah en faveur de celui qui éternue une exception à l’ordre général de garder le silence le vendredi autorisent ces deux actes. Ceux qui font de l’ordre de garder le silence pendant le sermon une exception à l’ordre général de répondre au salut et de faire cette invocation ne les autorisent pas.

Quant à ceux qui distinguent les deux actes, ils font de la réponse au salut une exception à l’interdiction de parler pendant le sermon, mais excluent le temps du sermon de la portée générale de l’ordre d’invoquer la miséricorde d’Allah en faveur de celui qui éternue. Chacun a retenu l’une de ces exceptions selon ce qui lui paraissait le plus probable quant à la force de la portée générale d’une prescription et à la faiblesse de celle de l’autre.

En effet, l’ordre de garder le silence est général quant aux paroles concernées, mais particulier quant au moment où il s’applique. À l’inverse, l’ordre de répondre au salut et d’invoquer la miséricorde d’Allah en faveur de celui qui éternue est général quant au moment, mais particulier quant aux paroles concernées. Ceux qui excluent ce moment particulier de l’autorisation de prononcer ces paroles ne permettent ni de répondre au salut ni de faire cette invocation pendant le sermon. Ceux qui font de ces paroles particulières une exception à l’interdiction générale de parler les autorisent.

La démarche juste consiste à ne restreindre la portée de l’un des deux énoncés généraux par l’un des deux énoncés particuliers qu’en présence d’une preuve. Si celle-ci est difficile à établir, il faut examiner la force respective des énoncés généraux et particuliers, ainsi que le degré d’insistance des injonctions correspondantes. Détailler cette question serait long. On peut toutefois la résumer ainsi : si les injonctions ont la même force, si les énoncés généraux et particuliers ont également la même force et si aucune preuve n’indique lequel doit faire exception à l’autre, les prescriptions se font nécessairement obstacle. Cette situation est rare. Dans le cas contraire, la manière de départager les énoncés généraux et particuliers dans de tels

وَسَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ وَإِبْرَاهِيمَ النَّخَعِيِّ. وَالْقَوْلُ الثَّالِثُ: الْفَرْقُ بَيْنَ أَنْ يَسْمَعَ الْخُطْبَةَ أَوْ لَا يَسْمَعَهَا، فَإِنْ سَمِعَهَا أَنْصَتَ وَإِنْ لَمْ يَسْمَعْ جَازَ لَهُ أَنْ يُسَبِّحَ أَوْ يَتَكَلَّمَ فِي مَسْأَلَةٍ مِنَ الْعِلْمِ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ وَعَطَاءٌ وَجَمَاعَةٌ، وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ إِنْ تَكَلَّمَ لَمْ تَفْسُدْ صَلَاتُهُ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ وَهْبٍ أَنَّهُ قَالَ: مَنْ لَغَا فَصَلَاتُهُ ظُهْرٌ أَرْبَعٌ وَإِنَّمَا صَارَ الْجُمْهُورُ لِوُجُوبِ الْإِنْصَاتِ لِحَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «إِذَا قُلْتَ لِصَاحِبِكَ أَنْصِتْ يَوْمَ الْجُمُعَةِ وَالْإِمَامُ يَخْطُبُ فَقَدْ لَغَوْتَ» ، وَأَمَّا مَنْ لَمْ يُوجِبْهُ فَلَا أَعْلَمُ لَهُمْ شُبْهَةً إِلَّا أَنْ يَكُونُوا يَرَوْنَ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ قَدْ عَارَضَهُ دَلِيلُ الْخِطَابِ فِي قَوْله تَعَالَى: {وَإِذَا قُرِئَ الْقُرْآنُ فَاسْتَمِعُوا لَهُ وَأَنْصِتُوا لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ} [الأعراف: ٢٠٤] أَيْ أَنَّ مَا عَدَا الْقُرْآنَ فَلَيْسَ يَجِبُ لَهُ الْإِنْصَاتُ، وَهَذَا فِيهِ ضَعْفٌ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - وَالْأَشْبَهُ أَنَّ يَكُونَ هَذَا الْحَدِيثُ لَمْ يَصِلْهُمْ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي رَدِّ السَّلَامِ وَتَشْمِيتِ الْعَاطِسِ، فَالسَّبَبُ فِيهِ تَعَارُضُ عُمُومِ الْأَمْرِ بِذَلِكَ لِعُمُومِ الْأَمْرِ بِالْإِنْصَاتِ، وَاحْتِمَالِ أَنْ يَكُونَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا مُسْتَثْنًى مِنْ صَاحِبِهِ، فَمَنِ اسْتَثْنَى مِنْ عُمُومِ الْأَمْرِ بِالصَّمْتِ يَوْمَ الْجُمُعَةِ الْأَمْرَ بِالسَّلَامِ وَتَشْمِيتِ الْعَاطِسِ أَجَازَهُمَا، وَمَنِ اسْتَثْنَى مِنْ عُمُومِ الْأَمْرِ بِرَدِّ السَّلَامِ وَالتَّشْمِيتِ الْأَمْرَ بِالصَّمْتِ فِي حِينِ الْخُطْبَةِ لَمْ يُجِزْ ذَلِكَ، وَمَنْ فَرَّقَ فَإِنَّهُ اسْتَثْنَى رَدَّ السَّلَامِ مِنَ النَّهْيِ عَنِ التَّكَلُّمِ فِي الْخُطْبَةِ، وَاسْتَثْنَى مِنْ عُمُومِ الْأَمْرِ التَّشْمِيتَ وَقْتَ الْخُطْبَةِ، وَإِنَّمَا ذَهَبَ وَاحِدٌ وَاحِدٌ مِنْ هَؤُلَاءِ إِلَى وَاحِدٍ وَاحِدٍ مِنَ هذه الْمُسْتَثْنَيَاتِ لِمَا غَلَبَ عَلَى ظَنِّهِ مِنْ قُوَّةِ الْعُمُومِ فِي أَحَدِهَا وَضَعْفِهِ فِي الْآخَرِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْأَمْرَ بِالصَّمْتِ هُوَ عَامٌّ فِي الْكَلَامِ خَاصٌّ فِي الْوَقْتِ، وَالْأَمْرَ بِرَدِّ السَّلَامِ وَالتَّشْمِيتِ هُوَ عَامٌّ فِي الْوَقْتِ خَاصٌّ فِي الْكَلَامِ، فَمَنِ اسْتَثْنَى الزَّمَنَ الْخَاصَّ مِنَ الْكَلَامِ لَمْ يُجِزْ رَدَّ السَّلَامِ وَلَا التَّشْمِيتَ فِي وَقْتِ الْخُطْبَةِ، وَمَنِ اسْتَثْنَى الْكَلَامَ الْخَاصَّ مِنَ النَّهْيِ عَنِ الْكَلَامِ الْعَامِّ أَجَازَ ذَلِكَ. وَالصَّوَابُ أَلَّا يُصَارَ لِاسْتِثْنَاءِ أَحَدِ الْعُمُومَيْنِ بِأَحَدِ الْخُصُوصَيْنِ إِلَّا بِدَلِيلٍ، فَإِنْ عَسُرَ ذَلِكَ فَبِالنَّظَرِ فِي تَرْجِيحِ الْعُمُومَاتِ، وَالْخُصُوصَاتِ، وَتَرْجِيحِ تَأْكِيدِ الْأَوَامِرِ بِهَا وَالْقَوْلُ فِي تَفْصِيلِ ذَلِكَ يَطُولُ، وَلَكِنَّ مَعْرِفَةَ ذَلِكَ بِإِيجَازٍ أَنَّهُ إِنْ كَانَتِ الْأَوَامِرُ قُوَّتُهَا وَاحِدَةٌ وَالْعُمُومَاتُ وَالْخُصُوصَاتُ قُوَّتُهَا وَاحِدَةٌ وَلَمْ يَكُنْ هُنَالِكَ دَلِيلٌ عَلَى أَيٍّ يُسْتَثْنَى مِنْ أَيٍّ وَقَعَ التَّمَانُعُ ضَرُورَةً، وَهَذَا يَقِلُّ وَجُودُهُ، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فَوَجْهُ التَّرْجِيحِ فِي الْعُمُومَاتِ وَالْخُصُوصَاتِ الْوَاقِعَةِ فِي أَمْثَالِ

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