ou encore le récit selon lequel ils accomplissaient la prière puis repartaient alors que les murs ne projetaient pas d’ombre. Ceux qui ont compris de ces récits que la prière était accomplie avant le déclin du soleil l’ont permis. Ceux qui y ont seulement vu le fait de l’accomplir de bonne heure ne l’ont pas permis, afin de ne pas mettre en contradiction les principes établis en la matière. En effet, il est établi, d’après un hadith d’Anas ibn Mālik, que le Prophète — sur lui la prière et la paix —
« accomplissait la prière du vendredi lorsque le soleil commençait à décliner ».
En outre, puisqu’elle remplace la prière de midi, elle doit avoir le même horaire. Pour concilier ces récits, il faut donc comprendre les précédents comme indiquant simplement que la prière était accomplie de bonne heure, puisqu’ils ne mentionnent pas explicitement son accomplissement avant le déclin du soleil. Tel est l’avis de la majorité.
Quant à l’appel à la prière, la majorité des juristes s’accorde à dire qu’il doit avoir lieu lorsque l’imam s’assied sur la chaire. Ils divergent toutefois sur la question suivante : un seul muezzin doit-il faire l’appel devant l’imam, ou plusieurs ? Certains considèrent qu’un seul muezzin doit faire l’appel devant l’imam et que c’est cet appel qui rend interdits la vente et l’achat. D’autres disent qu’ils doivent être deux seulement ; d’autres encore, trois.
Leur divergence tient aux différences entre les récits rapportés à ce sujet. Al-Bukhārī rapporte ainsi d’après al-Sā’ib ibn Yazīd :
« À l’époque du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, d’Abū Bakr et de ‘Umar, l’appel du vendredi avait lieu lorsque l’imam s’asseyait sur la chaire. Puis, à l’époque de ‘Uthmān, la population ayant augmenté, celui-ci ajouta le troisième appel à al-Zawrā’. »
Il est également rapporté d’al-Sā’ib ibn Yazīd qu’il a dit :
« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — n’avait qu’un seul muezzin le vendredi. »
Il est aussi rapporté de Sa‘īd ibn al-Musayyab qu’il a dit :
« À l’époque du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, d’Abū Bakr et de ‘Umar, il n’y avait le vendredi qu’un seul appel à la prière, au moment où l’imam paraissait. Puis, à l’époque de ‘Uthmān, la population ayant augmenté, celui-ci ajouta le premier appel afin que les gens se préparent à la prière du vendredi. »
Ibn Habīb rapporte quant à lui :
« À l’époque du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, les muezzins étaient au nombre de trois le vendredi. »
Certains s’en sont tenus au sens apparent du récit rapporté par al-Bukhārī et ont affirmé que deux muezzins font l’appel le vendredi. D’autres ont considéré qu’il n’y avait qu’un seul muezzin. Ils ont expliqué que, dans les propos : « Puis, à l’époque de ‘Uthmān, la population ayant augmenté, celui-ci ajouta le troisième appel », le deuxième appel désigne en réalité l’annonce du commencement de la prière.
D’autres encore ont retenu le récit rapporté par Ibn Habīb. Toutefois, les spécialistes du hadith jugent faibles les hadiths rapportés par Ibn Habīb, particulièrement ceux qu’il est seul à rapporter.