Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ibn al-Qāsim rapporte qu’il n’est pas permis à un imam de diriger la prière en position assise et que, si les fidèles prient derrière lui, debout ou assis, leur prière est invalide. On rapporte également de Mālik qu’ils doivent refaire la prière tant que son temps prescrit n’est pas écoulé. Cette dernière position implique une simple réprobation, non une interdiction ; toutefois, le premier avis est celui qui est le plus connu de lui.

Cette divergence tient à l’opposition entre les traditions rapportées à ce sujet, ainsi qu’entre ces traditions et la pratique — je veux dire la pratique des habitants de Médine, telle que Mālik la prend en considération.

Il existe en effet deux hadiths qui s’opposent sur cette question. Le premier est le hadith d’Anas, dans lequel le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit :

« Lorsqu’il prie assis, priez assis. »

Le hadith de ‘Ā’isha va dans le même sens :

« Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — pria assis alors qu’il était malade. Des gens prièrent debout derrière lui, mais il leur fit signe de s’asseoir. Lorsqu’il eut terminé, il dit : “L’imam n’a été institué que pour être suivi. Lorsqu’il s’incline, inclinez-vous ; lorsqu’il se redresse, redressez-vous ; et lorsqu’il prie assis, priez assis.” »

Le second est cet autre hadith de ‘Ā’isha :

« Durant la maladie dont il mourut, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — sortit et se rendit à la mosquée. Il y trouva Abū Bakr debout, dirigeant la prière. Abū Bakr recula, mais le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui fit signe de rester à sa place. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — s’assit alors à côté d’Abū Bakr. Celui-ci suivait la prière du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, tandis que les fidèles suivaient celle d’Abū Bakr. »

Les savants ont adopté deux démarches à l’égard de ces deux hadiths : l’abrogation ou la prépondérance.

Ceux qui retiennent l’abrogation affirment que le sens apparent du hadith de ‘Ā’isha est que « le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dirigeait la prière, tandis qu’Abū Bakr faisait entendre sa voix aux fidèles ». En effet, il ne peut y avoir deux imams dans une même prière. Les fidèles étaient donc debout, tandis que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — était assis. Cette pratique du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — étant la dernière, elle doit donc abroger ses paroles et sa pratique antérieures.

Quant à ceux qui retiennent la prépondérance, ils donnent la préférence au hadith d’Anas, en faisant valoir que les versions du récit de ‘Ā’isha divergent sur l’identité de celui qui dirigeait la prière : était-ce le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ou Abū Bakr ?

Quant à Mālik, il ne dispose ici d’aucun appui dans les textes transmis : les deux hadiths s’accordent sur la permission, pour un imam, de diriger la prière en position assise ; ils ne divergent que sur la position, debout ou assise, du fidèle qui le suit. Abū Muhammad ibn Hazm est même allé jusqu’à dire que le hadith de ‘Ā’isha ne précise pas si les fidèles prièrent debout ou assis. Or, il n’y a pas lieu de délaisser ce qu’un texte énonce expressément au profit de ce qu’il ne précise pas.

Abū ‘Umar a dit :

Abū al-Mus‘ab rapporte dans son Abrégé que Mālik a dit : « Nul ne doit diriger la prière assis. S’il

وَرَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ إِمَامَةُ الْقَاعِدِ وَأَنَّهُ إِنْ صَلَّوْا خَلْفَهُ قِيَامًا أَوْ قُعُودًا بَطَلَتْ صَلَاتُهُمْ، وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُمْ يُعِيدُونَ الصَّلَاةَ فِي الْوَقْتِ، وَهَذَا إِنَّمَا عَلَى الْكَرَاهَةِ لَا عَلَى الْمَنْعِ، وَالْأَوَّلُ هُوَ الْمَشْهُورُ عَنْهُ. وَسَبَبُ الِاخْتِلَافِ تَعَارُضُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ وَمُعَارَضَةُ الْعَمَلِ لِلْآثَارِ (أَعْنِي عَمَلَ أَهْلِ الْمَدِينَةِ عِنْدَ مَالِكٍ) وَذَلِكَ أَنَّ فِي ذَلِكَ حَدِيثَيْنِ مُتَعَارِضَيْنِ: أَحَدُهُمَا حَدِيثُ أَنَسٍ، وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «وَإِذَا صَلَّى قَاعِدًا فَصَلُّوا قُعُودًا» وَحَدِيثُ عَائِشَةَ فِي مَعْنَاهُ، وَهُوَ «أَنَّهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - صَلَّى وَهُوَ شَاكٍ جَالِسًا وَصَلَّى وَرَاءَهُ قَوْمٌ قِيَامًا فَأَشَارَ إِلَيْهِمْ أَنِ اجْلِسُوا فَلَمَّا انْصَرَفَ قَالَ " إِنَّمَا جُعِلَ الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ، فَإِذَا رَكَعَ فَارْكَعُوا، وَإِذَا رَفَعَ فَارْفَعُوا، وَإِذَا صَلَّى جَالِسًا فَصَلُّوا جُلُوسًا» وَالْحَدِيثُ الثَّانِي حَدِيثُ عَائِشَةَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - خَرَجَ فِي مَرَضِهِ الَّذِي تُوُفِّيَ فيه، فَأَتَى الْمَسْجِدَ فَوَجَدَ أَبَا بَكْرٍ وَهُوَ قَائِمٌ يُصَلِّي بِالنَّاسِ، فَاسْتَأْخَرَ أَبُو بَكْرٍ فَأَشَارَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ كَمَا أَنْتَ، فَجَلَسَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِلَى جَنْبِ أَبِي بَكْرٍ، فَكَانَ أَبُو بَكْرٍ يُصَلِّي بِصَلَاةِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَكَانَ النَّاسُ يُصَلُّونَ بِصَلَاةِ أَبِي بَكْرٍ» فَذَهَبَ النَّاسُ فِي هَذَيْنِ الْحَدِيثَيْنِ مَذْهَبَيْنِ: مَذْهَبَ النَّسْخِ، وَمَذْهَبَ التَّرْجِيحِ. فَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ النَّسْخِ فَإِنَّهُمْ قَالُوا: إِنَّ ظَاهِرَ حَدِيثِ عَائِشَةَ وَهُوَ " أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ يَؤُمُّ النَّاسَ، وَأَنَّ أَبَا بَكْرٍ كَانَ مُسْمِعًا " ; لِأَنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ إِمَامَانِ فِي صَلَاةٍ وَاحِدَةٍ، وَأَنَّ النَّاسَ كَانُوا قِيَامًا، وَأَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ جَالِسًا، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ هَذَا مِنْ فِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - إِذْ كَانَ آخِرُ فعله نَاسِخًا لِقَوْلِهِ وَفِعْلِهِ الْمُتَقَدِّمِ. وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ فَإِنَّهُمْ رَجَّحُوا حَدِيثَ أَنَسٍ بِأَنْ قَالُوا إِنَّ هَذَا الْحَدِيثَ قَدِ اضْطَرَبَتِ الرِّوَايَةُ عَنْ عَائِشَةَ فِيهِ فِيمَنْ كَانَ الْإِمَامَ، هَلْ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَوْ أَبُو بَكْرٍ؟ . وَأَمَّا مَالِكٌ فَلَيْسَ لَهُ مُسْتَنَدٌ مِنَ السَّمَاعِ لِأَنَّ كِلَا الْحَدِيثَيْنِ اتَّفَقَا عَلَى جَوَازِ إِمَامَةِ الْقَاعِدِ، وَإِنَّمَا اخْتَلَفَا فِي قِيَامِ الْمَأْمُومِ أَوْ قُعُودِهِ، حَتَّى إِنَّهُ لقَدْ قَالَ أَبُو مُحَمَّدِ بْنُ حَزْمٍ إِنَّهُ لَيْسَ فِي حَدِيثِ عَائِشَةَ أَنَّ النَّاسَ صَلَّوْا لَا قِيَامًا وَلَا قُعُودًا، وَلَيْسَ يَجِبُ أَنْ يُتْرَكَ الْمَنْصُوصُ عَلَيْهِ لِشَيْءٍ لَمْ يُنَصَّ عَلَيْهِ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَقَدْ ذَكَرَ أَبُو الْمُصْعَبِ فِي مُخْتَصَرِهِ عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ قَالَ: لَا يَؤُمُّ النَّاسَ أَحَدٌ قَاعِدًا، فَإِن

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies