Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

le lavage, car la saleté des pieds ne s’enlève généralement que par le lavage, tandis que celle de la tête s’enlève généralement par le passage des mains mouillées. Il n’est pas exclu que des bienfaits accessibles à la raison motivent les actes cultuels obligatoires, de sorte que la Loi ait pris en considération, dans ces deux procédés, deux dimensions : l’une utilitaire, l’autre cultuelle. (Par « utilitaire », j’entends ce qui relève des réalités sensibles, et par « cultuel », ce qui relève de la purification de l’âme.)

Ils divergent également sur l’inclusion des chevilles dans la partie à essuyer ou à laver, chez ceux qui autorisent le passage des mains mouillées. Leur divergence tient à la pluralité des sens de la préposition ilā (« jusqu’à »), dans cette parole du Très-Haut : « et vos pieds jusqu’aux chevilles » [al-Mā’ida : 6]. Il a déjà été question de cette ambiguïté à propos de Sa parole : « jusqu’aux coudes » [al-Mā’ida : 6]. Toutefois, dans ce dernier cas, l’ambiguïté avait deux origines : la polysémie du mot yad (« main ») et celle de la préposition ilā. Ici, elle tient uniquement à cette préposition.

Ils divergent aussi sur ce que désigne le mot kaʿb (« cheville »), en raison de sa polysémie et du désaccord des lexicographes sur sa signification. Selon les uns, il s’agit des deux os situés à l’endroit où s’attache la lanière de la sandale ; selon les autres, des deux os saillants à l’extrémité de la jambe. À ma connaissance, ceux qui les situent à l’attache de la lanière ne divergent pas sur leur inclusion dans le lavage, dès lors qu’ils font partie du pied. C’est pourquoi certains disent que, lorsque la borne est de même nature que ce qu’elle délimite, elle y est incluse (j’entends par là ce que désigne la préposition ilā). Si elle n’est pas de même nature, elle n’y est pas incluse, comme dans cette parole du Très-Haut :

« Puis poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. » [al-Baqara : 187]

Onzième question relative aux conditions

Ils divergent sur l’obligation d’accomplir les actes des ablutions dans l’ordre où ils sont énumérés dans le verset.

Certains considèrent cet ordre comme une sunna. C’est la position de l’école que rapportent les disciples tardifs de Mālik ; c’est aussi l’avis d’Abū Hanīfa, d’al-Thawrī et de Dāwūd. D’autres le tiennent pour obligatoire : tel est l’avis d’al-Shāfiʿī, d’Ahmad et d’Abū ʿUbayd.

Tout cela concerne l’ordre des actes obligatoires entre eux. Quant à l’ordre des actes obligatoires par rapport aux actes relevant de la sunna, Mālik le considère comme recommandé, tandis qu’Abū Hanīfa le qualifie de sunna.

Leur divergence a deux causes. La première est la pluralité des emplois de la conjonction wa (« et ») : elle peut relier des éléments qui se succèdent dans un ordre déterminé, comme elle peut en relier d’autres sans ordre déterminé. L’examen de l’usage arabe le montre clairement. C’est pourquoi les grammairiens se sont divisés en deux groupes à son sujet. Ceux de Bassora estiment qu’elle n’implique ni succession ni ordre, mais seulement la réunion des éléments ; ceux de Koufa soutiennent, au contraire, qu’elle implique une succession ordonnée. Ainsi, ceux qui considèrent que la conjonction wa implique un ordre dans le verset des ablutions rendent cet ordre obligatoire ; ceux qui estiment qu’elle ne l’implique pas ne le rendent pas obligatoire.

La seconde cause est leur divergence sur la portée des actes du Prophète — sur lui la prière et le salut : indiquent-ils l’obligation ou la recommandation ? Ceux qui leur attribuent une valeur obligatoire rendent l’ordre obligatoire, car il n’a jamais été rapporté qu’il ait accompli les ablutions autrement que dans cet ordre — sur lui la prière et le salut.

الْغَسْلِ، إِذْ كَانَتِ الْقَدَمَانِ لَا يُنْفَى دَنَسُهُمَا غَالِبًا إِلَّا بِالْغَسْلِ، وَيُنْفَى دَنَسُ الرَّأْسِ بِالْمَسْحِ وَذَلِكَ أَيْضًا غَالِبٌ، وَالْمَصَالِحُ الْمَعْقُولَةُ لَا يَمْتَنِعُ أَنْ تَكُونَ أَسْبَابًا لِلْعِبَادَاتِ الْمَفْرُوضَةِ حَتَّى يَكُونَ الشَّرْعُ لَاحَظَ فِيهِمَا مَعْنَيَيْنِ: مَعْنًى مَصْلَحِيًّا، وَمَعْنًى عِبَادِيًّا (وَأَعْنِي بِالْمَصْلَحِيِّ: مَا رَجَعَ إِلَى الْأُمُورِ الْمَحْسُوسَةِ، وَبِالْعِبَادِيِّ: مَا رَجَعَ إِلَى زَكَاةِ النَّفْسِ) . وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي الْكَعْبَيْنِ هَلْ يَدْخُلَانِ فِي الْمَسْحِ أَوْ فِي الْغَسْلِ عِنْدَ مَنْ أَجَازَ الْمَسْحَ؟ وَأَصْلُ اخْتِلَافِهِمْ الِاشْتِرَاكُ الَّذِي فِي حَرْفِ (إِلَى) أَعْنِي: فِي قَوْله تَعَالَى: {وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَيْنِ} [المائدة: ٦] وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِي اشْتِرَاكِ هَذَا الْحَرْفِ فِي قَوْله تَعَالَى: {إِلَى الْمَرَافِقِ} [المائدة: ٦] لَكِنَّ الِاشْتِرَاكَ وَقَعَ هُنَالِكَ مِنْ جِهَتَيْنِ مَنِ اشْتَرَاكِ اسْمِ الْيَدِ، وَمِنِ اشْتَرَاكِ حَرْفِ (إِلَى) وَهُنَا مِنْ قِبَلِ اشْتِرَاكِ حَرْفِ (إِلَى) فَقَطْ. وَقَدِ اخْتَلَفُوا فِي الْكَعْبِ مَا هُوَ، وَذَلِكَ لِاشْتِرَاكِ اسْمِ الْكَعْبِ وَاخْتِلَافِ أَهْلِ اللُّغَةِ فِي دَلَالَتِهِ، فَقِيلَ: هُمَا الْعَظْمَانِ اللَّذَانِ عِنْدَ مَعْقِدِ الشِّرَاكِ، وَقِيلَ: هُمَا الْعَظْمَانِ النَّاتِئَانِ فِي طَرَفِ السَّاقِ، وَلَا خِلَافَ فِيمَا أَحْسَبُ فِي دُخُولِهِمَا فِي الْغَسْلِ عِنْدَ مَنْ يَرَى أَنَّهُمَا عِنْدَ مَعْقِدِ الشِّرَاكِ إِذَا كَانَا جُزْءًا مِنَ الْقَدَمِ، لِذَلِكَ قَالَ قَوْمٌ: إِنَّهُ إِذَا كَانَ الْحَدُّ مِنْ جِنْسِ الْمَحْدُودِ دَخَلَتِ الْغَايَةُ فِيهِ: (أَعْنِي الشَّيْءَ الَّذِي يَدُلُّ عَلَيْهِ حَرْفُ " إِلَى " ) ، وإِذَا لَمْ يَكُنْ مِنْ جِنْسِ الْمَحْدُودِ لَا يَدْخُلْ فِيهِ مِثْلَ قَوْله تَعَالَى: {ثُمَّ أَتِمُّوا الصِّيَامَ إِلَى اللَّيْلِ} [البقرة: ١٨٧] . الْمَسْأَلَةُ الحَادِيَةَ عَشْرَةَ مِنَ الشُّرُوطِ: اخْتَلَفُوا فِي وُجُوبِ تَرْتِيبِ أَفْعَالِ الْوُضُوءِ عَلَى نَسَقِ الْآيَةِ. فَقَالَ قَوْمٌ: هُوَ سُنَّةٌ، وَهُوَ الَّذِي حَكَاهُ الْمُتَأَخِّرُونَ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ عَنِ الْمَذْهَبِ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ وَدَاوُدُ. وَقَالَ قَوْمٌ: هُوَ فَرِيضَةٌ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَحْمَدُ وَأَبُو عُبَيْدٍ. وَهَذَا كُلُّهُ فِي تَرْتِيبِ الْمَفْرُوضِ مَعَ الْمَفْرُوضِ، وَأَمَّا تَرْتِيبُ الْأَفْعَالِ الْمَفْرُوضَةِ مَعَ الْأَفْعَالِ الْمَسْنُونَةِ، فَهُوَ عِنْدَ مَالِكٍ مُسْتَحَبٌّ ; وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: هُوَ سُنَّةٌ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا الِاشْتِرَاكُ الَّذِي فِي وَاوِ الْعَطْفِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ قَدْ يُعْطَفُ بِهَا الْأَشْيَاءُ الْمُرَتَّبَةُ بَعْضُهَا عَلَى بَعْضٍ، وَقَدْ يُعْطَفُ بِهَا غَيْرُ الْمُرَتَّبَةِ، وَذَلِكَ ظَاهِرٌ مِنِ اسْتِقْرَاءِ كَلَامِ الْعَرَبِ، وَلِذَلِكَ انْقَسَمَ النَّحْوِيُّونَ فِيهَا قِسْمَيْنِ، فَقَالَ نُحَاةُ الْبَصْرَةِ: لَيْسَ تَقْتَضِي نَسَقًا وَلَا تَرْتِيبًا، وَإِنَّمَا تَقْتَضِي الْجَمْعَ فَقَطْ، وَقَالَ الْكُوفِيُّونَ: بَلْ تَقْتَضِي النَّسَقَ وَالتَّرْتِيبَ ; فَمَنْ رَأَى أَنَّ الْوَاوَ فِي آيَةِ الْوُضُوءِ تَقْتَضِي التَّرْتِيبَ قَالَ بِإِيجَابِ التَّرْتِيبِ، وَمَنْ رَأَى أَنَّهَا لَا تَقْتَضِي التَّرْتِيبَ لَمْ يَقُلْ بِإِيجَابِهِ. وَالسَّبَبُ الثَّانِي: اخْتِلَافُهُمْ فِي أَفْعَالِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - هَلْ هِيَ مَحْمُولَةٌ عَلَى الْوُجُوبِ أَوْ عَلَى النَّدْبِ؟ فَمَنْ حَمَلَهَا عَلَى الْوُجُوبِ قَالَ بِوُجُوبِ التَّرْتِيبِ لِأَنَّهُ لَمْ يُرْوَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ تَوَضَّأَ قَطُّ إِلَّا مُرَتَّبًا.

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