Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et les tenants de l’école littéraliste ont tenté de justifier la direction de la prière par une personne dépourvue de probité religieuse en invoquant la portée générale de cette parole du Prophète — sur lui la paix et la bénédiction :

« Que leur meilleur récitant dirige leur prière. »

Ils font valoir qu’il n’y distingue pas la personne dépourvue de probité religieuse de celle qui en est pourvue. Toutefois, invoquer la portée générale d’un texte sur une question qu’il ne vise pas constitue un argument faible. Certains distinguent selon que l’inconduite de l’imam concerne les conditions de validité de la prière ou des questions étrangères à celle-ci, considérant que la seule condition requise de l’imam est que sa prière soit valide.

Quatrième question : les savants divergent sur la direction de la prière par une femme. La majorité estime qu’elle ne peut pas diriger la prière des hommes. Ils divergent cependant sur la possibilité qu’elle dirige celle des femmes : al-Shāfi‘ī l’autorise, tandis que Mālik l’interdit. Abū Thawr et al-Tabarī ont soutenu un avis isolé en l’autorisant sans restriction.

Si la majorité s’accorde à lui interdire de diriger la prière des hommes, c’est que, si cela avait été permis, cette pratique aurait été rapportée des premières générations. De plus, puisque la règle prescrite aux femmes dans la prière est de se tenir derrière les hommes, on en déduit qu’elles ne peuvent se placer devant eux, conformément à cette parole du Prophète — sur lui la paix et la bénédiction :

« Maintenez-les en retrait, là où Allah les a placées. »

C’est pourquoi certains autorisent une femme à diriger la prière des autres femmes, puisqu’elles occupent toutes le même rang dans la prière. Cette pratique a d’ailleurs été rapportée de certaines personnes des premières générations.

Ceux qui autorisent la femme à diriger la prière s’appuient sur le hadith d’Umm Waraqa rapporté par Abū Dāwūd :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui rendait visite chez elle. Il lui avait désigné un muezzin pour faire l’appel à la prière et lui avait ordonné de diriger la prière des gens de sa maison. »

Ce chapitre comporte de nombreuses autres questions, je veux dire des divergences sur les qualités requises de l’imam. Nous avons renoncé à les exposer parce que la Loi ne se prononce pas à leur sujet.

Le cadi dit :

Notre propos, dans ce livre, est seulement d’exposer les questions qui font l’objet de textes transmis ou qui s’y rattachent étroitement.

[Les règles propres à l’imam]

Quant aux règles propres à l’imam, quatre questions se rattachent aux textes transmis :

Premièrement : l’imam dit-il « Āmīn » lorsqu’il achève la récitation de la sourate al-Fātiha, ou seul le fidèle qui le suit le dit-il ?

Deuxièmement : à quel moment prononce-t-il la formule « Allah est le plus grand » qui marque l’entrée en prière ?

Troisièmement : s’il ne parvient plus à poursuivre sa récitation, peut-on lui souffler la suite ou non ?

Quatrièmement : peut-il se tenir à un endroit plus élevé que celui des fidèles qui le suivent ?

Concernant la première question, à savoir si l’imam dit « Āmīn » après avoir achevé la récitation de la sourate al-Fātiha, Mālik estime qu’il ne le dit pas, selon ce que rapportent de lui Ibn al-Qāsim et les savants égyptiens. La majorité des juristes considère qu’il le dit au même titre que le fidèle qui le suit. C’est également l’avis que les savants médinois rapportent de Mālik.

وَقَدْ رَامَ أَهْلُ الظَّاهِرِ أَنْ يُجِيزُوا إِمَامَةَ الْفَاسِقِ بِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «يَؤُمُّ الْقَوْمَ أَقْرَؤُهُمْ» قَالُوا: فَلَمْ يَسْتَثْنِ مِنْ ذَلِكَ فَاسِقًا مِنْ غَيْرِ فَاسِقٍ، وَالِاحْتِجَاجُ بِالْعُمُومِ فِي غَيْرِ الْمَقْصُودِ ضَعِيفٌ، وَمِنْهُمْ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ فِسْقُهُ فِي شُرُوطِ صِحَّةِ الصَّلَاةِ، أَوْ فِي أُمُورٍ خَارِجَةٍ عَنِ الصَّلَاةِ بِنَاءً عَلَى أَنَّ الْإِمَامَ إِنَّمَا يُشْتَرَطُ فِيهِ وُقُوعُ صَلَاتِهِ صَحِيحَةً. الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ اخْتَلَفُوا فِي إِمَامَةِ الْمَرْأَةِ، فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ تَؤُمَّ الرِّجَالَ، وَاخْتَلَفُوا فِي إِمَامَتِهَا النِّسَاءَ، فَأَجَازَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ، وَمَنَعَ ذَلِكَ مَالِكٌ، وَشَذَّ أَبُو ثَوْرٍ، وَالطَّبَرِيُّ، فَأَجَازَا إِمَامَتَهَا عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَإِنَّمَا اتَّفَقَ الْجُمْهُورُ عَلَى مَنْعِهَا أَنْ تَؤُمَّ الرِّجَالَ ; لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ جَائِزًا لَنُقِلَ ذَلِكَ عَنِ الصَّدْرِ الْأَوَّلِ، وَلِأَنَّهُ أَيْضًا لَمَّا كَانَتْ سُنَّتُهُنَّ فِي الصَّلَاةِ التَّأْخِيرَ عَنِ الرِّجَالِ عُلِمَ أَنَّهُ لَيْسَ يَجُوزُ لَهُنَّ التَّقَدُّمُ عَلَيْهِمْ، لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «أَخِّرُوهُنَّ حَيْثُ أَخَّرَهُنَّ اللَّهُ» ، وَلِذَلِكَ أَجَازَ بَعْضُهُمْ إِمَامَتَهَا النِّسَاءَ إِذْ كُنَّ مُتَسَاوِيَاتٍ فِي الْمَرْتَبَةِ فِي الصَّلَاةِ، مَعَ أَنَّهُ أَيْضًا نُقِلَ ذَلِكَ عَنْ بَعْضِ الصَّدْرِ الْأَوَّلِ، وَمَنْ أَجَازَ إِمَامَتَهَا، فَإِنَّمَا ذَهَبَ إِلَى مَا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ مِنْ حَدِيثِ أُمِّ وَرَقَةَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ يَزُورُهَا فِي بَيْتِهَا وَجَعَلَ لَهَا مُؤَذِّنًا يُؤَذِّنُ لَهَا، وَأَمَرَهَا أَنْ تَؤُمَّ أَهْلَ دَارِهَا» وَفِي هَذَا الْبَابِ مَسَائِلُ كَثِيرَةٌ أَعْنِي: اخْتِلَافِهِمْ فِي الصِّفَاتِ الْمُشْتَرَطَةِ فِي الْإِمَامِ تَرَكْنَا ذِكْرَهَا لِكَوْنِهَا مَسْكُوتًا عَنْهَا فِي الشَّرْعِ. قَالَ الْقَاضِي: وَقَصْدُنَا فِي هَذَا الْكِتَابِ إِنَّمَا هُوَ ذِكْرُ الْمَسَائِلِ الْمَسْمُوعَةِ أَوْ مَا لَهُ تَعَلُّقٌ قَرِيبٌ بِالْمَسْمُوعِ. [أَحْكَامُ الْإِمَامِ الْخَاصَّةِ بِهِ] وَأَمَّا أَحْكَامُ الْإِمَامِ الْخَاصَّةُ بِهِ فَإِنَّ فِي ذَلِكَ أَرْبَع مَسَائِلَ مُتَعَلِّقَةٍ بِالسَّمْعِ: إِحْدَاهَا: هَلْ يُؤَمِّنُ الْإِمَامُ إِذَا فَرَغَ مِنْ قِرَاءَةِ أُمِّ الْقُرْآنِ؟ أَمِ الْمَأْمُومُ هُوَ الَّذِي يُؤَمِّنُ فَقَطْ. وَالثَّانِيَةُ: مَتَى يُكَبِّرُ تَكْبِيرَةَ الْإِحْرَامِ؟ وَالثَّالِثَةُ: إِذَا أُرْتِجَ عَلَيْهِ هَلْ يُفْتَحُ عَلَيْهِ أَمْ لَا؟ وَالرَّابِعَةُ: هَلْ يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مَوْضِعُهُ أَرْفَعَ مِنْ مَوْضِعِ الْمَأْمُومِينَ. فَأَمَّا هَلْ يُؤَمِّنُ الْإِمَامُ إِذَا فَرَغَ مِنْ قِرَاءَةِ أُمِّ الْكِتَابِ، فَإِنَّ مَالِكًا ذَهَبَ فِي رِوَايَةِ ابْنِ الْقَاسِمِ عَنْهُ، وَالْمِصْرِيِّينَ أَنَّهُ لَا يُؤَمِّنُ، وَذَهَبَ جُمْهُورُ الْفُقَهَاءِ إِلَى أَنَّهُ يُؤَمِّنُ كَالْمَأْمُومِ سَوَاءً، وَهِيَ رِوَايَةُ الْمَدَنِيِّينَ عَنْ مَالِكٍ.

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