Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

parmi lesquels Mālik et Abū Hanīfa. D’autres, en revanche, estiment qu’il la recommence. C’est notamment l’avis d’Ahmad, de Dāwūd et des tenants de l’école littéraliste.

Leur divergence tient à l’opposition entre les sens qui se dégagent des traditions à ce sujet. Il est en effet rapporté que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« N’accomplis pas une prière deux fois dans la même journée. »

On rapporte également de lui « qu’il a ordonné à ceux qui avaient déjà prié en groupe de recommencer avec le second groupe ».

Par ailleurs, le sens apparent du hadith de Busr impose à quiconque a déjà prié de recommencer lorsqu’il vient à la mosquée, car sa formulation a une portée générale. Or, la majorité considère que, lorsqu’un énoncé général est formulé à l’occasion d’une circonstance particulière, sa portée ne se limite pas à cette circonstance. De même, le fait que Mu‘ādh priait avec le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, puis dirigeait les siens pour cette même prière, prouve qu’il est permis de recommencer la prière en groupe. Face à ces traditions, les savants ont donc suivi soit la voie de la conciliation, soit celle de la prépondérance.

Ceux qui ont privilégié la prépondérance ont retenu la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :

« N’accomplis pas une même prière deux fois dans la même journée. »

Ils n’en ont excepté que le cas de celui qui avait prié seul, en raison de l’accord établi sur ce point.

Quant aux partisans de la conciliation, ils expliquent que cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :

« N’accomplis pas une même prière deux fois dans la même journée »

signifie seulement que l’on ne doit pas accomplir deux fois une seule et même prière en considérant chacune des deux comme obligatoire. Il faut plutôt considérer la seconde comme une prière qui s’ajoute à la prière obligatoire, tout en étant prescrite.

D’autres estiment que ce hadith concerne uniquement celui qui prie seul : autrement dit, celui-ci ne doit pas accomplir deux fois une seule et même prière.

[CHAPITRE II — DES CONDITIONS REQUISES POUR DIRIGER LA PRIÈRE, DE LA PERSONNE À QUI REVIENT LA PRIORITÉ ET DES RÈGLES PROPRES À L’IMAM]

Ce chapitre comporte quatre questions.

Première question : les savants divergent sur la personne à qui revient la priorité pour diriger la prière. Mālik considère que les fidèles doivent être dirigés par le plus compétent d’entre eux en jurisprudence, et non par leur meilleur récitant. Al-Shāfi‘ī partage cet avis. Abū Hanīfa, al-Thawrī et Ahmad estiment, quant à eux, que les fidèles doivent être dirigés par leur meilleur récitant.

Cette divergence tient à leur compréhension différente de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — : « La prière des fidèles doit être dirigée par

مِنْهُمْ مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: بَلْ يُعِيدُ، وَمِمَّنْ قَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ: أَحْمَدُ، وَدَاوُدُ، وَأَهْلُ الظَّاهِرِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَعَارُضُ مَفْهُومِ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّهُ وَرَدَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «لَا تُصَلِّ صَلَاةً فِي يَوْمٍ مَرَّتَيْنِ» وَرُوِيَ عَنْهُ «أَنَّهُ أَمَرَ الَّذِينَ صَلَّوْا فِي جَمَاعَةٍ أَنْ يُعِيدُوا مَعَ الْجَمَاعَةِ الثَّانِيَةِ» وَأَيْضًا فَإِنَّ ظَاهِرَ حَدِيثِ بسر يُوجِبُ الْإِعَادَةَ عَلَى كُلِّ مُصَلٍّ إِذَا جَاءَ الْمَسْجِدَ، فَإِنَّ قُوَّتَهُ قُوَّةُ الْعُمُومِ، وَالْأَكْثَرُ عَلَى أَنَّهُ إِذَا وَرَدَ الْعَامُّ عَلَى سَبَبٍ خَاصٍّ لَا يُقْتَصَرُ بِهِ عَلَى سَبَبِهِ، وَصَلَاةُ مُعَاذٍ مَعَ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - ثُمَّ كَانَ يَؤُمُّ قَوْمَهُ فِي تِلْكَ الصَّلَاةِ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى جَوَازِ إِعَادَةِ الصَّلَاةِ فِي الْجَمَاعَةِ، فَذَهَبَ النَّاسُ فِي هَذِهِ الْآثَارِ مَذْهَبَ الْجَمْعِ وَمَذْهَبَ التَّرْجِيحِ. أَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ فَإِنَّهُ أَخَذَ بِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا تُصَلِّ صَلَاةً وَاحِدَةً فِي يَوْمٍ مَرَّتَيْنِ» وَلَمْ يَسْتَثْنِ مِنْ ذَلِكَ إِلَّا صَلَاةَ الْمُنْفَرِدِ فَقَطْ لِوُقُوعِ الِاتِّفَاقِ عَلَيْهَا. وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ فَقَالُوا إِنَّ مَعْنَى قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: - «لَا تُصَلِّ صَلَاةً وَاحِدَةً فِي يَوْمٍ مَرَّتَيْنِ» إِنَّمَا ذَلِكَ أَنْ لَا يُصَلِّيَ الرَّجُلُ الصَّلَاةَ الْوَاحِدَةَ بِعَيْنِهَا مَرَّتَيْنِ، يَعْتَقِدُ فِي كُلِّ وَاحِدَةٍ مِنْهُمَا أَنَّهَا فَرْضٌ، بَلْ يَعْتَقِدُ فِي الثَّانِيَةِ أَنَّهَا زَائِدَةٌ عَلَى الْفَرْضِ، وَلَكِنَّهُ مَأْمُورٌ بِهَا. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ مَعْنَى هَذَا الْحَدِيثِ إِنَّمَا هُوَ لِلْمُنْفَرِدِ، أَعْنِي: أَلَّا يُصَلِّيَ الرَّجُلُ الْمُنْفَرِدُ صَلَاةً وَاحِدَةً بِعَيْنِهَا مَرَّتَيْنِ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي مَعْرِفَةِ شُرُوطِ الْإِمَامَةِ وَمَنْ أَوْلَى بِالتَّقْدِيمِ وَأَحْكَامِ الْإِمَامِ الْخَاصَّةِ بِهِ] ِ وَفِي هَذَا الْفَصْلِ مَسَائِلُ أَرْبَعٌ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى ; اخْتَلَفُوا فِيمَنْ أَوْلَى بِالْإِمَامَةِ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَؤُمُّ الْقَوْمَ أَفْقَهُهُمْ لَا أَقْرَؤُهُمْ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالثَّوْرِيُّ، وَأَحْمَدُ: يَؤُمُّ الْقَوْمَ أَقْرَؤُهُمْ. وَالسَّبَبُ فِي هَذَا الِاخْتِلَافِ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: - «يَؤُمُّ الْقَوْمَ

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