[Deuxième chapitre de la troisième partie : la prière en groupe]
[Première section : le statut juridique de la prière en groupe]
Deuxième chapitre de la troisième partie
L’exposé des règles fondamentales de ce chapitre comprend sept sections :
La première porte sur le statut juridique de la prière en groupe.
La deuxième traite des conditions requises pour diriger la prière, des personnes ayant priorité pour le faire et des règles propres à l’imam.
La troisième concerne la position de celui qui prie derrière l’imam par rapport à ce dernier, ainsi que les règles propres aux fidèles qui le suivent.
La quatrième distingue les actes dans lesquels le fidèle doit suivre l’imam de ceux dans lesquels il ne doit pas le suivre.
La cinquième porte sur la manière de suivre l’imam.
La sixième traite de ce que l’imam prend en charge pour les fidèles qui prient derrière lui.
La septième concerne les causes d’invalidité de la prière de l’imam qui entraînent également l’invalidité de celle des fidèles qui le suivent.
Première section
Le statut juridique de la prière en groupe
Cette section comporte deux questions :
La première : la prière en groupe est-elle obligatoire pour celui qui entend l’appel à la prière, ou ne l’est-elle pas ?
La deuxième : lorsqu’un homme entre dans la mosquée après avoir déjà accompli sa prière, doit-il refaire avec le groupe la prière qu’il a déjà accomplie ?
Sur la première question, les savants divergent. La majorité considère que la prière en groupe est une sunna ou une obligation collective. Les zāhirites estiment, quant à eux, qu’elle est une obligation individuelle pour toute personne assujettie aux prescriptions religieuses.
Leur divergence vient des indications contradictoires qui se dégagent des récits rapportés à ce sujet. En effet, le sens apparent de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« La prière en groupe surpasse de vingt-cinq ou de vingt-sept degrés la prière accomplie seul. »
indique que la prière en groupe relève des actes recommandés : elle apparaît comme une perfection supplémentaire par rapport à la prière obligatoire. C’est comme si le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — avait dit : « La prière en groupe est plus parfaite que la prière accomplie seul. » Or, la perfection va au-delà de ce qui suffit pour s’acquitter de l’obligation.
En revanche, le célèbre hadith de l’aveugle indique de manière presque explicite que la prière en groupe est obligatoire en l’absence d’excuse valable. Cet homme avait demandé au Prophète la permission de ne pas assister à la prière en groupe, car il n’avait personne pour le guider. Il la lui accorda, puis lui demanda — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« Entends-tu l’appel à la prière ?
— Oui, répondit-il.
— Je ne trouve aucune dispense à t’accorder. »
Ce hadith est rapporté par Muslim.