Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

se retrouve, sous toutes ses formes, au sein de l’école et chez les juristes des différentes contrées. Dans le recueil d’al-Bukhārī, il est rapporté qu’ils se prosternaient sur leurs bonnets et leurs turbans.

Ceux qui ne jugent pas nécessaire de découvrir les mains lors de la prosternation invoquent ces propos d’Ibn ‘Abbās :

« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — nous a ordonné de nous prosterner sur sept parties du corps, sans relever nos vêtements ni nos cheveux. »

Ils invoquent également l’analogie avec les genoux et avec la prière accomplie en chaussons de cuir. La portée générale de ces propos peut aussi être invoquée en faveur de la prosternation sur le turban.

Huitième question

Les savants s’accordent à considérer comme déconseillé l’iq‘ā’ dans la prière, en raison du hadith interdisant de s’accroupir dans la prière à la manière du chien. Ils divergent cependant sur ce que désigne ce terme. Certains estiment que l’iq‘ā’ interdit consiste à s’asseoir sur les fesses durant la prière, les cuisses dressées, à la manière du chien ou d’une bête féroce. Ils s’accordent tous à reconnaître que cette posture ne fait pas partie des postures de la prière.

D’autres estiment que l’iq‘ā’ interdit consiste à poser ses fesses sur ses talons entre les deux prosternations, en prenant appui sur l’avant des pieds. Telle est la position de Mālik, en raison du récit selon lequel Ibn ‘Umar précisa qu’il n’agissait ainsi que parce qu’il souffrait des pieds.

Quant à Ibn ‘Abbās, il disait :

« S’asseoir ainsi sur les pieds, lors des prosternations, relève de la sunna de votre Prophète. »

Ce récit est rapporté par Muslim.

Leur divergence vient de l’hésitation sur le sens du terme iq‘ā’, interdit dans la prière : désigne-t-il son sens linguistique ou un sens propre à la Loi religieuse (c’est-à-dire une posture que la Loi aurait spécialement désignée par ce nom) ?

Ceux qui retiennent le sens linguistique disent qu’il s’agit de la posture du chien.

Ceux qui retiennent un sens propre à la Loi religieuse disent que ce terme désigne nécessairement l’une des postures interdites dans la prière. Comme il est établi qu’Ibn ‘Umar a déclaré que s’asseoir sur l’avant des pieds ne relève pas de la sunna de la prière, ils en ont spontanément conclu que cette posture était celle que désignait l’iq‘ā’ interdit.

Cette interprétation est faible. En effet, les termes pour lesquels aucun sens propre à la Loi religieuse n’est établi doivent être compris dans leur sens linguistique, jusqu’à ce qu’un tel sens soit établi. À l’inverse, les termes dont le sens propre à la Loi religieuse est établi doivent être compris dans ce sens (c’est-à-dire qu’il faut les entendre dans leur sens consacré par la Loi, jusqu’à ce qu’une preuve indique qu’il s’agit du sens linguistique). De plus, le récit d’Ibn ‘Umar est, sur ce point, en contradiction avec celui d’Ibn ‘Abbās.

كُلُّهُ مَوْجُودٌ فِي الْمَذْهَبِ وَعِنْدَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ، وَفِي الْبُخَارِيِّ كَانوا يَسْجُدُونَ عَلَى الْقَلَانِسِ وَالْعَمَائِمِ. وَاحْتَجَّ مَنْ لَمْ يَرَ إِبْرَازَ الْيَدَيْنِ فِي السُّجُودِ بِقَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ «أَمَرَ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ نَسْجُدَ عَلَى سَبْعَةِ أَعْضَاءٍ، وَلَا نَكْفِتَ ثَوْبًا، وَلَا شَعْرًا» ، وَقِيَاسًا عَلَى الرُّكْبَتَيْنِ، وَعَلَى الصَّلَاةِ فِي الْخُفَّيْنِ يُمْكِنُ أَنْ يَحْتَجَّ بِهَذَا الْعُمُومِ فِي السُّجُودِ عَلَى الْعِمَامَةِ. الْمَسْأَلَةُ الثَّامِنَةُ اتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى كَرَاهِيَةِ الْإِقْعَاءِ فِي الصَّلَاةِ لِمَا جَاءَ فِي الْحَدِيثِ مِنَ النَّهْيِ أَنْ يُقْعِيَ الرَّجُلُ فِي صَلَاتِهِ كَمَا يُقْعِي الْكَلْبُ إِلَّا أَنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيمَا يَدُلُّ عَلَيْهِ الِاسْمُ، فَبَعْضُهُمْ رَأَى أَنَّ الْإِقْعَاءَ الْمَنْهِيَّ عَنْهُ هُوَ جُلُوسُ الرَّجُلِ عَلَى أَلْيَتَيْهِ فِي الصَّلَاةِ نَاصِبًا فَخِذَيْهِ مِثْلَ إِقْعَاءِ الْكَلْبِ، وَالسَّبُعِ وَلَا خِلَافَ بَيْنَهُمْ أَنَّ هَذِهِ الْهَيْئَةَ لَيْسَتْ مِنْ هَيْئَاتِ الصَّلَاةِ. وَقَوْمٌ رَأَوْا أَنَّ مَعْنَى الْإِقْعَاءِ الَّذِي نُهِيَ عَنْهُ هُوَ أَنْ يَجْعَلَ أَلْيَتَهُ عَلَى عَقِبَيْهِ بَيْنَ السَّجْدَتَيْنِ، وَأَنْ يَجْلِسَ عَلَى صُدُورِ قَدَمَيْهِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ لِمَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّهُ ذَكَرَ أَنَّهُ إِنَّمَا كَانَ يَفْعَلُ ذَلِكَ ; لِأَنَّهُ كَانَ يَشْتَكِي قَدَمَيْهِ. وَأَمَّا ابْنُ عَبَّاسٍ فَكَانَ يَقُولُ: «الْإِقْعَاءُ عَلَى الْقَدَمَيْنِ فِي السُّجُودِ عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ هُوَ سُنَّةُ نَبِيِّكُمْ» ، خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هُوَ تَرَدُّدُ اسْمِ الْإِقْعَاءِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ فِي الصَّلَاةِ بَيْنَ أَنْ يَدُلَّ عَلَى الْمَعْنَى اللُّغَوِيِّ أَوْ يَدُلَّ عَلَى مَعْنًى شَرْعِيٍّ: (أَعْنِي: عَلَى هَيْئَةٍ خَصَّهَا الشَّرْعُ بِهَذَا الِاسْمِ) ، فَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَدُلُّ عَلَى الْمَعْنَى اللُّغَوِيِّ قَالَ: هُوَ إِقْعَاءُ الْكَلْبِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَدُلُّ عَلَى مَعْنًى شَرْعِيٍّ قَالَ: إِنَّمَا أُرِيدَ بِذَلِكَ إِحْدَى هَيْئَاتِ الصَّلَاةِ الْمَنْهِيِّ عَنْهَا، وَلِمَا ثَبَتَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ قُعُودَ الرَّجُلِ عَلَى صُدُورِ قَدَمَيْهِ لَيْسَ مِنْ سُنَّةِ الصَّلَاةِ - سَبَقَ إِلَى اعْتِقَادِهِ أَنَّ هَذِهِ الْهَيْئَةَ هِيَ الَّتِي أُرِيدَتْ بِالْإِقْعَاءِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ، وَهَذَا ضَعِيفٌ، فَإِنَّ الْأَسْمَاءَ الَّتِي لَمْ تَثْبُتْ لَهَا مَعَانٍ شَرْعِيَّةٌ يَجِبُ أَنْ تُحْمَلَ عَلَى الْمَعْنَى اللُّغَوِيِّ حَتَّى يَثْبُتَ لَهَا مَعْنًى شَرْعِيٌّ، بِخِلَافِ الْأَمْرِ فِي الْأَسْمَاءِ الَّتِي تَثْبُتُ لَهَا مَعَانٍ شَرْعِيَّةٌ: (أَعْنِي أَنَّهُ يَجِبُ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى الْمَعَانِي الشَّرْعِيَّةِ حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى الْمَعْنَى اللُّغَوِيِّ) مَعَ أَنَّهُ قَدْ عَارَضَ حَدِيثُ ابْنِ عُمَرَ فِي ذَلِكَ حَدِيثَ ابْنِ عَبَّاسٍ.

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