de donner la prépondérance au hadith de Wā’il.
Al-Shāfi‘ī a choisi de concilier les traditions en s’appuyant sur le hadith d’Abū Humayd. Al-Tabarī a, quant à lui, retenu la liberté de choix, en disant :
« Toutes ces postures sont permises et il est bon de les adopter, puisqu’elles sont attestées du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. »
Cet avis est judicieux : il convient davantage de voir dans des actes différents des possibilités laissées au choix plutôt que des pratiques contradictoires. La contradiction se conçoit surtout entre un acte et une parole, ou entre deux paroles.
Quatrième question
Les savants ont divergé sur les positions assises intermédiaire et finale. La plupart considèrent la position assise intermédiaire comme une sunna, et non comme une obligation. Un groupe s’est singularisé en la déclarant obligatoire. De même, la majorité considère la dernière position assise comme obligatoire, tandis qu’un groupe s’est singularisé en affirmant qu’elle ne l’est pas.
Leur divergence tient à l’opposition entre ce que laissent entendre les hadiths, ainsi qu’au raisonnement par analogie appliquant à l’une des deux positions assises le statut de l’autre. En effet, le hadith d’Abū Hurayra précédemment cité contient cette parole :
« Assieds-toi jusqu’à te stabiliser en position assise. »
Selon le sens apparent de ce hadith, toutes les positions assises de la prière sont donc obligatoires. Ceux qui s’en tiennent à ce sens déclarent ainsi chacune d’elles obligatoire.
Cependant, le hadith authentique d’Ibn Buhayna rapporte :
« Il — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — avait omis la position assise intermédiaire, sans la rattraper, et avait accompli pour cela des prosternations. »
Il est également établi qu’il avait omis deux unités de prière, puis les avait rattrapées, et qu’il avait fait de même pour une seule unité. Les juristes en ont déduit une différence de statut entre la position assise intermédiaire et l’unité de prière. Puisqu’ils reconnaissent unanimement le caractère obligatoire de cette dernière, il s’ensuit que la position assise intermédiaire ne l’est pas. Voilà ce qui les a conduits à distinguer les deux positions assises et à considérer que les prosternations de l’oubli ne compensent que l’omission des sunnas, et non celle des obligations.
Ceux qui considèrent la position assise intermédiaire comme obligatoire répondent : « Les prosternations accomplies pour son omission constituent une disposition qui lui est propre, à l’exclusion des autres obligations. Cela ne prouve donc pas qu’elle ne soit pas obligatoire. »
Quant à ceux qui considèrent les deux positions assises comme des sunnas, ils ont assimilé la dernière à l’intermédiaire par analogie, après avoir reconnu à celle-ci le statut de sunna sur la base de la même preuve que la majorité.
La divergence tient donc, en réalité, à l’opposition entre le raisonnement et le sens apparent des paroles ou des actes. Certains ont en effet également estimé que les deux positions assises sont obligatoires, au motif que ses actes — qu’Allah