Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

— c’est-à-dire tout ce que recouvre cette dénomination ? Celui qui considère qu’il suffit d’accomplir une partie de ce que recouvre cette dénomination n’exige pas une posture bien ajustée dans l’inclination ; celui qui estime qu’il faut l’accomplir intégralement l’exige. Or, il est authentiquement rapporté que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit, dans le hadith précédemment cité, à l’homme auquel il enseignait les obligations de la prière :

« Incline-toi jusqu’à te stabiliser dans l’inclination, puis redresse-toi jusqu’à te stabiliser en position redressée. »

Il faut donc tenir cela pour obligatoire. C’est sur ce hadith que s’appuient tous ceux qui considèrent que, par principe, les autres actes de la prière accomplis par le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et qui ne sont pas expressément mentionnés dans ce hadith ne doivent pas être tenus pour obligatoires, à moins qu’une preuve ne l’établisse. C’est pourquoi ils ne considèrent comme obligatoires ni le lever des mains ni, parmi les paroles prononcées dans la prière, autre chose que la formule « Allah est le plus grand » marquant l’entrée en prière et la récitation. Médite bien cela : ce principe s’oppose au premier et se trouve à l’origine des divergences sur la plupart de ces questions.

Troisième question

Les juristes ont divergé sur la manière de s’asseoir. Mālik et ses disciples estiment que l’on pose les fesses à même le sol, en dressant le pied droit et en repliant la jambe gauche. Selon lui, la femme s’assied comme l’homme.

Abū Hanīfa et ses disciples estiment que l’on dresse le pied droit et que l’on s’assied sur le pied gauche. Al-Shāfi‘ī distingue la position assise intermédiaire de la dernière : pour la première, il adopte le même avis qu’Abū Hanīfa ; pour la dernière, le même avis que Mālik.

Leur divergence tient à l’opposition entre les traditions rapportées à ce sujet. Elles sont au nombre de trois.

La première, dont l’authenticité fait l’unanimité, est le hadith d’Abū Humayd al-Sā‘idī décrivant la prière du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. On y lit :

« Lorsqu’il s’asseyait après les deux premières unités de prière, il s’asseyait sur le pied gauche et dressait le droit. Lorsqu’il s’asseyait à la dernière unité de prière, il avançait la jambe gauche, dressait le pied droit et posait son séant au sol. »

La deuxième est le hadith de Wā’il ibn Hujr, dans lequel il est rapporté :

« Lorsqu’il s’asseyait dans la prière, il dressait le pied droit et s’asseyait sur le gauche. »

La troisième est ce que Mālik rapporte de ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, qui a dit :

« La sunna de la prière consiste à dresser ton pied droit et à replier ta jambe gauche. »

Ce propos est classé parmi les traditions remontant au Prophète, en raison de l’expression : « La sunna de la prière… » Mālik rapporte également d’al-Qāsim ibn Muhammad que celui-ci leur montra comment s’asseoir pour le tashahhud : il dressa le pied droit, replia la jambe gauche et s’assit sur la hanche gauche, sans s’asseoir sur son pied. Puis il dit :

« ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar m’a montré cette manière de faire et m’a rapporté que son père procédait ainsi. »

Mālik a donc choisi de donner la prépondérance à ce hadith, tandis qu’Abū Hanīfa a choisi

الَّذِي يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ الِاسْمُ، فَمَنْ كَانَ الْوَاجِبُ عِنْدَهُ الْأَخْذَ بِبَعْضِ مَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ الِاسْمُ لَمْ يَشْتَرِطْ الِاعْتِدَالَ فِي الرُّكُوعِ، وَمَنْ كَانَ الْوَاجِبُ عِنْدَهُ الْأَخْذَ بِالْكُلِّ اشْتَرَطَ الِاعْتِدَالَ، وَقَدْ صَحَّ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ فِي الْحَدِيثِ الْمُتَقَدِّمِ لِلرَّجُلِ الَّذِي عَلَّمَهُ فُرُوضَ الصَّلَاةِ: «ارْكَعْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ رَاكِعًا، وَارْفَعْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ رَافِعًا» فَالْوَاجِبُ اعْتِقَادُ كَوْنِهِ فَرْضًا، وَعَلَى هَذَا الْحَدِيثِ عَوَّلَ كُلُّ مَنْ رَأَى أَنَّ الْأَصْلَ لَا تُحْمَلَ أَفْعَالُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - فِي سَائِرِ أَفْعَالِ الصَّلَاةِ مِمَّا لَمْ يُنَصَّ عَلَيْهَا فِي هَذَا الْحَدِيثِ عَلَى الْوُجُوبِ حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ، وَمِنْ قِبَلِ هَذَا لَمْ يَرَوْا رَفْعَ الْيَدَيْنِ فَرْضًا وَلَا مَا عَدَا تَكْبِيرَةَ الْإِحْرَامِ وَالْقِرَاءَةَ مِنَ الْأَقَاوِيلِ الَّتِي فِي الصَّلَاةِ، فَتَأَمَّلْ هَذَا، فَإِنَّهُ أَصْلٌ مُنَاقِضٌ لِلْأَصْلِ الْأَوَّلِ وَهُوَ سَبَبُ الْخِلَافِ فِي أَكْثَرِ هَذِهِ الْمَسَائِلِ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي هَيْئَةِ الْجُلُوسِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ يُفْضِي بِأَلْيَتَيْهِ إِلَى الْأَرْضِ، وَيَنْصُبُ رِجْلَهُ الْيُمْنَى وَيَثْنِي الْيُسْرَى، وَجُلُوسُ الْمَرْأَةِ عِنْدَهُ كَجُلُوسِ الرَّجُلِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: يَنْصُبُ رجْلَه الْيُمْنَى وَيَقْعُدُ عَلَى الْيُسْرَى. وَفَرَّقَ الشَّافِعِيُّ بَيْنَ الْجَلْسَةِ الْوُسْطَى وَالْأَخِيرَةِ، فَقَالَ فِي الْوُسْطَى بِمِثْلِ قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ، وَفِي الْأَخِيرَةِ بِمِثْلِ قَوْلِ مَالِكٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ تَعَارُضُ الْآثَارِ، وَذَلِكَ أَنَّ فِي ذَلِكَ ثَلَاثَةَ آثَارٍ: أَحَدُهَا: وَهُوَ ثَابِتٌ بِاتِّفَاقٍ حَدِيثُ أَبِي حُمَيْدٍ السَّاعِدِيِّ الْوَارِدِ فِي وَصْفِ صَلَاتِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَفِيهِ «وَإِذَا جَلَسَ فِي الرَّكْعَتَيْنِ جَلَسَ عَلَى رِجْلِهِ الْيُسْرَى وَنَصَبَ الْيُمْنَى، وَإِذَا جَلَسَ فِي الرَّكْعَةِ الْأَخِيرَةِ قَدَّمَ رِجْلَهُ الْيُسْرَى وَنَصَبَ الْيُمْنَى وَقَعَدَ عَلَى مَقْعَدَتِهِ» . وَالثَّانِي: حَدِيثُ وَائِلِ بْنِ حُجْرٍ، وَفِيهِ «أَنَّهُ كَانَ إِذَا قَعَدَ فِي الصَّلَاةِ نَصَبَ الْيُمْنَى وَقَعَدَ عَلَى الْيُسْرَى» . وَالثَّالِثُ: مَا رَوَاهُ مَالِكٌ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: " إِنَّمَا سُنَّةُ الصَّلَاةِ أَنْ تَنْصِبَ رِجْلَكَ الْيُمْنَى، وَتَثْنِيَ الْيُسْرَى، وَهُوَ مدْخل فِي الْمُسْنَدِ لِقَوْلِهِ فِيهِ: إِنَّمَا سُنَّةُ الصَّلَاةِ، وَفِي رِوَايَتِهِ عَنِ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ أَنَّهُ أَرَاهُمُ الْجُلُوسَ فِي التَّشَهُّدِ، فَنَصَبَ رِجْلَهُ الْيُمْنَى، وَثَنَى الْيُسْرَى، وَجَلَسَ عَلَى وِرْكِهِ الْأَيْسَرِ وَلَمْ يَجْلِسْ عَلَى قَدَمِهِ، ثُمَّ قَالَ: أَرَانِي هَذَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ، وَحَدَّثَنِي أَنَّ أَبَاهُ كَانَ يَفْعَلُ ذَلِكَ، فَذَهَبَ مَالِكٌ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ لِهَذَا الْحَدِيثِ، وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ

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