Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

de celle-ci. D’autres l’ont rendu obligatoire en ces deux circonstances ainsi que lors de la prosternation, selon leurs divergences sur les moments où l’on doit lever les mains.

Ce désaccord tient à l’opposition entre le sens apparent du hadith d’Abū Hurayra, dans lequel sont enseignés les actes obligatoires de la prière, et la pratique du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. En effet, dans le hadith d’Abū Hurayra, il lui dit seulement : « Et prononce le takbīr », sans lui ordonner de lever les mains. Or, il est établi, d’après le hadith d’Ibn ‘Umar et d’autres, que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — « levait les mains lorsqu’il commençait la prière ».

Quant aux moments où l’on lève les mains, les savants de Kūfa — Abū Hanīfa, Sufyān al-Thawrī et l’ensemble de leurs jurisconsultes — ont estimé que le fidèle ne les lève que lors du takbīr d’entrée en prière. C’est également l’avis qu’Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik. Al-Shāfi‘ī, Ahmad, Abū ‘Ubayd, Abū Thawr, la majorité des spécialistes du hadith et les tenants de l’école zāhirite ont estimé qu’on les lève lors du takbīr d’entrée en prière, lorsqu’on s’incline et lorsqu’on se relève de l’inclination. Cet avis est également rapporté de Mālik ; toutefois, certains de ces savants considèrent ce geste comme obligatoire, tandis que Mālik le tient pour une sunna.

Certains spécialistes du hadith ont estimé qu’on lève aussi les mains lorsqu’on se prosterne et lorsqu’on se relève de la prosternation.

L’ensemble de ces divergences s’explique par les différences entre les traditions rapportées à ce sujet et par le fait que la pratique en vigueur à Médine est contraire à certaines d’entre elles. Plusieurs hadiths portent en effet sur cette question.

Le premier est rapporté par ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd ainsi que par al-Barā’ ibn ‘Āzib : « Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — levait les mains une seule fois, lors de l’entrée en prière, sans renouveler ce geste. »

Le deuxième est le hadith qu’Ibn ‘Umar rapporte de son père : « Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — commençait la prière, il levait les mains à hauteur des épaules. Lorsqu’il relevait la tête après l’inclination, il les levait également de la même manière et disait : “Allah entend celui qui Le loue. Notre Seigneur, à Toi la louange !” Il ne faisait pas ce geste lors de la prosternation. »

C’est un hadith dont l’authenticité fait l’unanimité. On a affirmé que treize de ses Compagnons avaient rapporté cette pratique du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut.

مِنْهُ، وَمِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَ ذَلِكَ فِي هَذَيْنِ الْمَوْضِعَيْنِ وَعِنْدَ السُّجُودِ، وَذَلِكَ بِحَسْبِ اخْتِلَافِهِمْ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي يُرْفَعُ فِيهَا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ ظَاهِرِ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ الَّذِي فِيهِ تَعْلِيمُ فَرَائِضِ الصَّلَاةِ لِفِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَذَلِكَ أَنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ إِنَّمَا فِيهِ أَنَّهُ قَالَ لَهُ: وَكَبِّرْ وَلَمْ يَأْمُرْهُ بِرَفْعِ يَدَيْهِ، وَثَبَتَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مِنْ حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ وَغَيْرِهِ «أَنَّهُ كَانَ يَرْفَعُ يَدَيْهِ إِذَا افْتَتَحَ الصَّلَاةَ» وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي تُرْفَعُ فِيهَا فَذَهَبَ أَهْلُ الْكُوفَةِ أَبُو حَنِيفَةَ وَسُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ وَسَائِرُ فُقَهَائِهِمْ إِلَى أَنَّهُ لَا يَرْفَعُ الْمُصَلِّي يَدَيْهِ إِلَّا عِنْدَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ فَقَطْ، وَهِيَ رِوَايَةُ ابْنِ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ، وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ وَأَحْمَدُ وَأَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو ثَوْرٍ، وَجُمْهُورُ أَهْلِ الْحَدِيثِ وَأَهْلُ الظَّاهِرِ إِلَى الرَّفْعِ عِنْدَ تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ وَعِنْدَ الرُّكُوعِ، وَعِنْدَ الرَّفْعِ مِنَ الرُّكُوعِ وَهُوَ مَرْوِيٌّ عَنْ مَالِكٍ إِلَّا أَنَّهُ عِنْدَ بَعْضِ أُولَئِكَ فَرْضٌ وَعِنْدَ مَالِكٍ سُنَّةٌ. وَذَهَبَ بَعْضُ أَهْلِ الْحَدِيثِ إِلَى رَفْعِهَا عِنْدَ السُّجُودِ وَعِنْدَ الرَّفْعِ مِنْهُ. وَالسَّبَبُ فِي هَذَا الِاخْتِلَافِ كُلِّهِ اخْتِلَافُ الْآثَارِ الْوَارِدَةِ فِي ذَلِكَ، وَمُخَالَفَةُ الْعَمَلِ بِالْمَدِينَةِ لِبَعْضِهَا، وَذَلِكَ أَنَّ فِي ذَلِكَ أَحَادِيثَ: أَحَدُهَا: حَدِيثُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ، وَحَدِيثُ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ «أَنَّهُ كَانَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - يَرْفَعُ يَدَيْهِ عِنْدَ الْإِحْرَامِ مَرَّةً وَاحِدَةً لَا يَزِيدُ عَلَيْهَا» ، وَالْحَدِيثُ الثَّانِي: حَدِيثُ ابْنِ عُمَرَ عَنْ أَبِيهِ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ إِذَا افْتَتَحَ الصَّلَاةَ رَفَعَ يَدَيْهِ حَذْوَ مَنْكِبَيْهِ، وَإِذَا رَفَعَ رَأْسَهُ مِنَ الرُّكُوعِ رَفَعَهُمَا أَيْضًا كَذَلِكَ وَقَالَ: " سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ " وكَانَ لَا يَفْعَلُ ذَلِكَ فِي السُّجُودِ» ، وَهُوَ حَدِيثٌ مُتَّفَقٌ عَلَى صِحَّتِهِ وَزَعَمُوا أَنَّهُ رَوَى ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - ثَلَاثَةَ عَشَرَ رَجُلًا مِنْ أَصْحَابِهِ.

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