Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Le juge a dit : « Les maîtres m’ont bien rapporté que telle était la pratique dans sa mosquée, chez nous, à Cordoue, et qu’elle s’est maintenue jusqu’à notre époque, ou presque. »

Muslim rapporte d’après Abū Hurayra : « Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — pratiqua le qunūt dans la prière de l’aube. Puis il nous est parvenu qu’il l’avait abandonné lorsque furent révélées ces paroles :

“Tu n’as aucune part dans cette décision : soit Il accueille leur repentir.”
[Āl ‘Imrān : 128] »

Il rapporte également d’après Abū Hurayra qu’il pratiqua le qunūt dans les prières de midi, de la nuit et de l’aube.

Il rapporte aussi que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — « pratiqua le qunūt pendant un mois dans la prière de l’aube, invoquant contre les Banū ‘Usayya ».

Ils ont divergé sur les formules à réciter lors du qunūt. Mālik a recommandé celle-ci :

« Ô Allah, nous implorons Ton aide, Ton pardon et Ta guidance. Nous croyons en Toi et nous nous soumettons humblement à Toi. Nous désavouons et délaissons quiconque Te renie. Ô Allah, c’est Toi seul que nous adorons ; pour Toi nous prions et nous nous prosternons ; vers Toi nous accourons et nous nous empressons. Nous espérons Ta miséricorde et craignons Ton châtiment. Assurément, Ton châtiment atteindra les mécréants. »

Les gens d’Irak l’appellent « les deux sourates ». On rapporte qu’elle figure dans le recueil coranique d’Ubayy ibn Ka‘b.

Al-Shāfi‘ī et Ishāq ont dit : « On récite plutôt, lors du qunūt :

“Ô Allah, guide-nous parmi ceux que Tu as guidés, préserve-nous parmi ceux que Tu as préservés et protège-nous du mal de ce que Tu as décrété. C’est Toi qui décrètes, et nul ne décrète à Ton égard. Béni et exalté sois-Tu, notre Seigneur !” »

Al-Hasan ibn ‘Alī rapporte, par des voies de transmission solidement établies, que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui enseigna cette invocation pour qu’il la récitât lors du qunūt dans la prière.

‘Abd Allāh ibn Dāwūd a dit : « On ne doit pas prier derrière celui qui ne récite pas les deux sourates lors du qunūt. » D’autres ont dit : « Aucune formule déterminée n’est prescrite pour le qunūt. »

[Deuxième chapitre : des actes qui constituent les piliers de la prière]

Deuxième chapitre : des actes qui constituent les piliers

Ce chapitre comporte huit questions fondamentales.

Première question

Les savants ont divergé sur trois points concernant le fait de lever les mains pendant la prière : premièrement, son statut juridique ; deuxièmement, les moments de la prière où l’on lève les mains ; troisièmement, la hauteur à laquelle on les porte.

Quant au statut juridique, la majorité a estimé qu’il s’agissait d’une sunna dans la prière. Dāwūd et un groupe de ses disciples ont estimé que c’était une obligation. Ces derniers se sont divisés en plusieurs groupes : certains n’ont rendu ce geste obligatoire que lors du takbīr d’entrée en prière. D’autres l’ont rendu obligatoire au début de la prière et lors de l’inclination — je veux dire : lorsqu’on s’y abaisse et lorsqu’on se relève

قَالَ الْقَاضِي: وَلَقَدْ حَدَّثَنِي الْأَشْيَاخُ أَنَّهُ كَانَ الْعَمَلُ عَلَيْهِ بِمَسْجِدِهِ عِنْدَنَا بِقُرْطُبَةَ، وَأَنَّهُ اسْتَمَرَّ إِلَى زَمَانِنَا أَوْ قَرِيبٍ مِنْ زَمَانِنَا. وَخَرَّجَ مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ «أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَنَتَ فِي صَلَاةِ الصُّبْحِ، ثُمَّ بَلَغَنَا أَنَّهُ تَرَكَ ذَلِكَ لَمَّا نَزَلَتْ: {لَيْسَ لَكَ مِنَ الأَمْرِ شَيْءٌ أَوْ يَتُوبَ عَلَيْهِمْ} [آل عمران: ١٢٨] ، وَخَرَّجَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّهُ قَنَتَ فِي الظُّهْرِ، وَالْعِشَاءِ الْأَخِيرَةِ وَصَلَاةِ الصُّبْحِ» . وَخَرَّجَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «أَنَّهُ قَنَتَ شَهْرًا فِي صَلَاةِ الصُّبْحِ يَدْعُو عَلَى بَنِي عُصَيَّةَ» . وَاخْتَلَفُوا فِيمَا يَقْنُتُ بِهِ، فَاسْتَحَبَّ مَالِكٌ الْقُنُوتَ بِـ «اللَّهُمَّ إِنَّا نَسْتَعِينُكَ، وَنَسْتَغْفِرُكَ، وَنَسْتَهْدِيكَ، وَنُؤْمِنُ بِكَ، وَنَخْنَعُ لَكَ، وَنخالعُ وَنَتْرُكُ مَنْ يَكْفُرُكَ، اللَّهُمَّ إِيَّاكَ نَعْبُدُ، وَلَكَ نُصَلِّي وَنَسْجُدُ، وَإِلَيْكَ نَسْعَى وَنَحْفِدُ، نَرْجُو رَحْمَتَكَ، وَنَخَافُ عَذَابَكَ إِنَّ عَذَابَكَ بِالْكفار مُلْحِقٌ» وَيُسَمِّيهَا أَهْلُ الْعِرَاقِ السُّورَتَيْنِ، وَيُرْوَى أَنَّهَا فِي مُصْحَفِ أُبَيِّ بْنِ كَعْبٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَإِسْحَاقُ: بَلْ يَقْنُتُ بِـ «اللَّهُمَّ اهْدِنَا فِيمَنْ هَدَيْتَ وَعَافِنَا فِيمَنْ عَافَيْتَ، وَقِنَا شَرَّ مَا قَضَيْتَ، إِنَّكَ تَقْضِي وَلَا يُقْضَى عَلَيْكَ، تَبَارَكْتَ رَبَّنَا وَتَعَالَيْتَ» وَهَذَا يَرْوِيهِ الْحَسَنُ بْنُ عَلِيٍّ مِنْ طُرُقٍ ثَابِتَةٍ أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: عَلَّمَهُ هَذَا الدُّعَاءَ يَقْنُتُ بِهِ فِي الصَّلَاةِ. وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ دَاوُدَ: مَنْ لَمْ يَقْنُتْ به بِالسُّورَتَيْنِ فَلَا يُصَلَّى خَلْفَهُ، وَقَالَ قَوْمٌ: لَيْسَ فِي الْقُنُوتِ شَيْءٌ مَوْقُوتٌ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي الْأَفْعَالِ الَّتِي هِيَ أَرْكَان في الصلاة] الْفَصْلُ الثَّانِي: فِي الْأَفْعَالِ الَّتِي هِيَ أَرْكَانُ وَفِي هَذَا الْفَصْلِ مِنْ قَوَاعِدِ الْمَسَائِلِ ثَمَانِي مَسَائِلَ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي رَفْعِ الْيَدَيْنِ فِي الصَّلَاةِ فِي ثَلَاثَةِ مَوَاضِعَ: أَحَدُهَا: فِي حُكْمِهِ. وَالثَّانِي: فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي ترْفَعُ فِيهَا مِنَ الصَّلَاةِ. وَالثَّالِثُ: إِلَى أَيْنَ يَنْتَهِي بِرَفْعِهَا. فَأَمَّا الْحُكْمُ، فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّهُ سُنَّةٌ فِي الصَّلَاةِ، وَذَهَبَ دَاوُدُ وَجَمَاعَةٌ مِنْ أَصْحَابِهِ إِلَى أَنَّ ذَلِكَ فَرْضٌ، وَهَؤُلَاءِ انْقَسَمُوا أَقْسَامًا فَمِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَ ذَلِكَ فِي تَكْبِيرَةِ الْإِحْرَامِ فَقَطْ. وَمِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَ ذَلِكَ فِي الِاسْتِفْتَاحِ وَعِنْدَ الرُّكُوعِ: أَعْنِي: عِنْدَ الِانْحِطَاطِ فِيهِ وَعِنْدَ الِارْتِفَاعِ

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