Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Mālik a retenu deux salutations pour celui qui prie derrière l’imam, et une seule pour l’imam. On rapporte également de lui que celui qui prie derrière l’imam en prononce trois : la première pour sortir de la prière, la deuxième à l’adresse de l’imam et la troisième à l’adresse de celui qui se trouve à sa gauche.

Quant à Abū Hanīfa, il s’est fondé sur le récit transmis par ‘Abd al-Rahmān ibn Ziyād al-Ifrīqī, auquel ‘Abd al-Rahmān ibn Rāfi‘ et Bakr ibn Sawāda ont rapporté, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn al-‘Ās, que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Lorsqu’un homme s’assied à la fin de sa prière, puis perd son état de pureté rituelle avant de prononcer la salutation finale, sa prière est néanmoins accomplie. »

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Le hadith de ‘Alī précédemment cité est plus solidement établi selon les spécialistes de la transmission, car al-Ifrīqī est le seul à avoir transmis le hadith de ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn al-‘Ās, et ces spécialistes le considèrent comme faible. »

Le juge a dit : « S’il est plus solidement établi du point de vue de sa transmission, son énoncé reste susceptible de plusieurs interprétations. En effet, il n’indique que l’on ne peut sortir de la prière autrement que par la salutation finale qu’au moyen d’une forme de raisonnement a contrario, dont la valeur probante est faible selon la plupart. La majorité peut toutefois répondre que l’article défini al-, qui exprime l’exclusivité, constitue un argument plus fort que le raisonnement a contrario pour attribuer au cas passé sous silence une règle opposée à celle du cas expressément mentionné. »

Neuvième question

Ils ont divergé au sujet du qunūt (invocation au cours de la prière). Mālik a estimé qu’il était recommandé dans la prière de l’aube, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’a considéré comme une sunna. Abū Hanīfa a estimé que le qunūt n’était pas permis dans la prière de l’aube et qu’il avait uniquement sa place dans la prière impaire du witr. Certains ont soutenu qu’on le pratiquait dans toutes les prières. D’autres l’ont réservé au mois de ramadan ; d’autres encore, à sa seconde moitié seulement ; d’autres enfin, à sa première moitié.

Ce désaccord tient à la diversité des récits transmis à ce sujet d’après le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et au raisonnement par analogie établi entre certaines prières et d’autres (je veux dire : celles où il a pratiqué le qunūt comparées à celles où il ne l’a pas pratiqué).

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Le qunūt comportant une invocation de malédiction contre les mécréants pendant le ramadan était largement répandu dans les premières générations, à l’exemple du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lorsqu’il invoqua contre Ri‘l, Dhakwān et les hommes qui avaient tué les Compagnons de Bi’r Ma‘ūna. »

Al-Layth ibn Sa‘d a dit : « Depuis quarante ou quarante-cinq ans, je n’ai pratiqué le qunūt que derrière un imam qui le pratiquait. »

Al-Layth a poursuivi : « Je me suis fondé en cela sur le hadith rapportant que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — pratiqua le qunūt pendant un mois et quarante [jours], invoquant en faveur de certains et contre d’autres, jusqu’à ce qu’Allah, béni et exalté soit-Il, lui révélât ces paroles en guise de reproche :

“Tu n’as aucune part dans cette décision : soit Il accueille leur repentir, soit Il les châtie, car ils sont injustes.”
[Āl ‘Imrān : 128]

Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — abandonna alors le qunūt et ne le pratiqua plus jusqu’à sa rencontre avec Allah. »

Il a ajouté : « Depuis que j’ai reçu ce hadith, je n’ai plus pratiqué le qunūt. » Tel est également l’avis de Yahyā ibn Yahyā.

وَاخْتَارَ مَالِكٌ لِلْمَأْمُومِ تَسْلِيمَتَيْنِ وَلِلْإِمَامِ وَاحِدَةً، وَقَدْ قِيلَ عَنْهُ إِنَّ الْمَأْمُومَ يُسَلِّمُ ثَلَاثًا: الْوَاحِدَةُ لِلتَّحْلِيلِ، وَالثَّانِيَةُ لِلْإِمَامِ، وَالثَّالِثَةُ لِمَنْ هُوَ عَنْ يَسَارِهِ. وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ، فَذَهَبَ إِلَى مَا رَوَاهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ زِيَادٍ الْإِفْرِيقِيُّ أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ رَافِعٍ، وَبَكْرَ بْنَ سَوَادَةَ حَدَّثَاهُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - «إِذَا جَلَسَ الرَّجُلُ فِي آخِرِ صَلَاتِهِ، فَأَحْدَثَ قَبْلَ أَنْ يُسَلِّمَ فَقَدْ تَمَّتْ صَلَاتُهُ» قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: وَحَدِيثُ عَلِيٍّ الْمُتَقَدِّمُ أَثْبَتُ عِنْدَ أَهْلِ النَّقْلِ ; لِأَنَّ حَدِيثَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ انْفَرَدَ بِهِ الْإِفْرِيقِيُّ، وَهُوَ عِنْدَ أَهْلِ النَّقْلِ ضَعِيفٌ. قَالَ الْقَاضِي: إِنْ كَانَ أَثْبَتَ مِنْ طَرِيقِ النَّقْلِ فَإِنَّهُ مُحْتَمِلٌ مِنْ طَرِيقِ اللَّفْظِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَيْسَ يَدُلُّ عَلَى أَنَّ الْخُرُوجَ مِنَ الصَّلَاةِ لَا يَكُونُ بِغَيْرِ التَّسْلِيمِ إِلَّا بِضَرْبٍ مِنْ دَلِيلِ الْخِطَابِ وَهُوَ مَفْهُومٌ ضَعِيفٌ عِنْدَ الْأَكْثَرِ، وَلَكِنْ لِلْجُمْهُورِ أَنْ يَقُولُوا إِنَّ الْأَلِفَ، وَاللَّامَ الَّتِي لِلْحَصْرِ أَقْوَى مِنْ دَلِيلِ الْخِطَابِ فِي كَوْنِ حُكْمِ الْمَسْكُوتِ عَنْهُ بِضِدِّ حُكْمِ الْمَنْطُوقِ بِهِ. الْمَسْأَلَةُ التَّاسِعَةُ اخْتَلَفُوا فِي الْقُنُوتِ، فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّ الْقُنُوتَ فِي صَلَاةِ الصُّبْحِ مُسْتَحَبٌّ، وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهُ سُنَّةٌ، وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ الْقُنُوتُ فِي صَلَاةِ الصُّبْحِ، وَأَنَّ الْقُنُوتَ إِنَّمَا مَوْضِعُهُ الْوَتْرُ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يَقْنُتُ فِي كُلِّ صَلَاةٍ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَا قُنُوتَ إِلَّا فِي رَمَضَانَ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ فِي النِّصْفِ الْأَخِيرِ مِنْهُ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ فِي النِّصْفِ الْأَوَّلِ مِنْهُ. وَالسَّبَبُ فِي ذَلِكَ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ الْمَنْقُولَةِ فِي ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَقِيَاسُ بَعْضِ الصَّلَوَاتِ فِي ذَلِكَ عَلَى بَعْضٍ: (أَعْنِي: الَّتِي قَنَتَ فِيهَا عَلَى الَّتِي لَمْ يَقْنُتْ فِيهَا) قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: وَالْقُنُوتُ بِلَعْنِ الْكَفَرَةِ فِي رَمَضَانَ مُسْتَفِيضٌ فِي الصَّدْرِ الْأَوَّلِ اقْتِدَاءً بِرَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي دُعَائِهِ عَلَى رُعَلَ وَذَكْوَانَ، وَالنَّفَرِ الَّذِينَ قَتَلُوا أَصْحَابَ بِئْرِ مَعُونَةَ. وَقَالَ اللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ: مَا قَنَتُّ مُنْذُ أَرْبَعِينَ عَامًا أَوْ خَمْسَةٍ وَأَرْبَعِينَ عَامًا إِلَّا وَرَاءَ إِمَامٍ يَقْنُتُ. قَالَ اللَّيْثُ: وَأَخَذْتُ فِي ذَلِكَ بِالْحَدِيثِ الَّذِي جَاءَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَنَتَ شَهْرًا وأَرْبَعِينَ يَدْعُو لِقَوْمٍ وَيَدْعُو عَلَى آخَرِينَ، حَتَّى أَنْزَلَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عَلَيْهِ مُعَاتِبًا: {لَيْسَ لَكَ مِنَ الأَمْرِ شَيْءٌ أَوْ يَتُوبَ عَلَيْهِمْ أَوْ يُعَذِّبَهُمْ فَإِنَّهُمْ ظَالِمُونَ} [آل عمران: ١٢٨] فَتَرَكَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - الْقُنُوتَ فَمَا قَنَتَ بَعْدَهَا حَتَّى لَقِيَ اللَّهَ، قَالَ: فَمُنْذُ حَمَلْتُ هَذَا الْحَدِيثَ لَمْ أَقْنُتْ، وَهُوَ مَذْهَبُ يَحْيَى بْنِ يَحْيَى.

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