‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, qui le rapporte du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. Il a dit :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — nous enseignait le tashahhud comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : “À Allah les hommages bénis, les prières et tout ce qui est bon. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah. J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah.” »
Leur désaccord tient à leurs appréciations différentes de la prépondérance de ces versions : chacun a retenu celui de ces trois hadiths qui lui paraissait le plus probant. De nombreux juristes ont estimé que toutes ces variantes étaient laissées au choix, comme pour l’appel à la prière, les proclamations de la grandeur d’Allah lors des prières funéraires et des deux fêtes, ainsi que pour les autres pratiques transmises de manière concordante par de très nombreux rapporteurs. C’est l’avis juste, et Allah sait mieux.
Al-Shāfi‘ī a également fait de la prière en faveur du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — une condition à remplir dans le tashahhud. Il l’a déclarée obligatoire en vertu de cette parole du Très-Haut :
« Ô vous qui croyez ! Priez sur lui et adressez-lui pleinement le salut. »
[al-Ahzāb : 56]
Il a considéré que le salut mentionné ici était la salutation finale de la prière, tandis que la majorité a estimé qu’il s’agissait du salut que l’on joint à la prière en faveur du Prophète.
Certains tenants de l’école littéraliste ont estimé qu’il était obligatoire, pour celui qui récite le tashahhud, de chercher refuge auprès d’Allah contre les quatre choses mentionnées dans le hadith : le châtiment de la tombe, le châtiment de la Géhenne, l’épreuve de l’Antéchrist et l’épreuve de la vie et de la mort. Il est en effet établi que « le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — cherchait refuge contre elles à la fin de son tashahhud ». Selon l’une des voies de transmission de ce hadith : « Lorsque l’un de vous a terminé le dernier tashahhud, qu’il cherche refuge contre quatre choses… » Ce hadith est rapporté par Muslim.
Huitième question
Ils ont divergé sur la salutation finale de la prière. La majorité l’a jugée obligatoire, tandis qu’Abū Hanīfa a estimé qu’elle ne l’était pas. Parmi ceux qui la tiennent pour obligatoire, certains ont considéré qu’une seule salutation était requise de celui qui prie seul comme de l’imam ; d’autres en ont exigé deux.
La majorité s’est fondée sur le sens apparent du hadith de ‘Alī, dans lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dit :
« La salutation finale permet de sortir de la prière. »
Quant à ceux qui ont estimé que deux salutations étaient obligatoires, ils se sont fondés sur le fait établi qu’« il — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — prononçait deux salutations finales ». Tel est le raisonnement de ceux qui comprennent son acte comme impliquant une obligation.