Abū Hanīfa n’autorise pas les invocations dans la prière en des termes autres que ceux du Coran, tandis que Mālik et al-Shāfi‘ī les permettent. Ce désaccord tient à la question de savoir si de telles invocations constituent ou non des paroles ordinaires.
Septième question
Ils ont divergé sur le caractère obligatoire du tashahhud (formule d’attestation) et sur la version à privilégier. Mālik, Abū Hanīfa et un groupe de savants ont estimé qu’il n’était pas obligatoire. D’autres l’ont jugé obligatoire ; c’est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Ahmad et de Dāwūd.
Leur désaccord tient à l’opposition entre le raisonnement par analogie et le sens apparent des traditions rapportées. L’analogie conduit en effet à assimiler le tashahhud aux autres éléments non obligatoires de la prière : ils s’accordent sur l’obligation de réciter le Coran, mais le tashahhud n’est pas du Coran pour être obligatoire à ce titre.
En revanche, le hadith dans lequel Ibn ‘Abbās dit :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — nous enseignait le tashahhud comme il nous enseignait une sourate du Coran »
implique son caractère obligatoire. De plus, ceux qui soutiennent cet avis posent pour principe que les actes et les paroles du Prophète dans la prière doivent être compris comme obligatoires, jusqu’à ce qu’une preuve indique le contraire. Les autres retiennent le principe inverse : aux éléments de la prière dont l’obligation est établie par un accord ou par une déclaration explicite, on ne doit assimiler que ce dont l’obligation est, elle aussi, expressément énoncée dans un texte. Il s’agit donc, comme on le voit, de deux principes opposés.
Quant à la version du tashahhud à privilégier, Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — a retenu celle de ‘Umar — qu’Allah l’agrée —, que celui-ci enseignait aux gens depuis la chaire. La voici :
« À Allah les hommages, à Allah tout ce qui est pur, à Allah tout ce qui est bon et les prières. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah. J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. »
Les savants de Kūfa, dont Abū Hanīfa, ont retenu le tashahhud de ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd. Abū ‘Umar a dit : c’est également l’avis d’Ahmad et de la plupart des spécialistes du hadith, car sa transmission d’après le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — est solidement établie. En voici la formule :
« À Allah les hommages, les prières et tout ce qui est bon. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah. J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. »
Al-Shāfi‘ī et ses disciples ont retenu le tashahhud de