Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

authentique, soit parce qu’ils estimaient qu’il contredisait le sens apparent du Coran (à savoir l’ordre d’y passer les mains mouillées sur la tête), soit parce que sa mise en pratique n’était pas largement répandue. Cette dernière condition est requise par ceux qui l’exigent pour les récits transmis par un nombre restreint de rapporteurs, tout particulièrement à Médine, conformément à la position bien connue de Mālik sur l’importance d’une pratique largement répandue. Ce hadith est rapporté par Muslim. Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a toutefois déclaré qu’il était affecté d’un défaut. Certaines de ses versions mentionnent que le Prophète passa les mains mouillées sur son turban, sans évoquer l’avant de sa tête. C’est pourquoi certains savants n’exigent pas de passer également les mains mouillées sur l’avant de la tête lorsqu’on le fait sur le turban : on ne réunit pas, dans un même acte, ce qui est normalement requis et ce qui s’y substitue.

Neuvième question, relative aux éléments constitutifs des ablutions

Les savants divergent sur le passage des mains mouillées sur les oreilles : est-il recommandé ou obligatoire ? Faut-il prendre de l’eau nouvelle pour les oreilles ? Certains estiment que ce geste est obligatoire et qu’il faut prendre de l’eau nouvelle pour l’accomplir. Un groupe de disciples de Mālik soutient cet avis et considère qu’il correspond également à la position de Mālik, en se fondant sur sa déclaration au sujet des oreilles : « Elles font partie de la tête. »

Abū Hanīfa et ses disciples considèrent eux aussi que ce geste est obligatoire, mais que l’on passe les mains mouillées sur les oreilles et sur la tête avec la même eau.

Al-Shāfi‘ī estime que ce geste est recommandé et qu’il faut prendre de l’eau nouvelle pour les oreilles. Un autre groupe de disciples de Mālik soutient également cet avis et considère qu’il correspond à sa position, en se fondant sur cette parole rapportée de lui : « Le passage des mains mouillées sur les oreilles a le même statut que le rinçage de la bouche. »

Leur divergence sur le caractère recommandé ou obligatoire de ce geste tient à leur interprétation des récits rapportés à ce sujet (à savoir que le Prophète — sur lui la prière et le salut — passa les mains mouillées sur ses oreilles). Ces récits ajoutent-ils une prescription à celle du Coran concernant le passage des mains mouillées sur la tête ? Dans ce cas, le geste relatif aux oreilles doit être tenu pour recommandé, en raison de la contradiction que l’on pourrait percevoir entre ces récits et le verset si on les comprenait comme établissant une obligation. Ou bien précisent-ils un énoncé non détaillé du Coran ? Dans ce cas, le geste relatif aux oreilles a le même caractère obligatoire que celui qui concerne la tête. Ceux qui le rendent obligatoire considèrent donc ces récits comme une explicitation d’un énoncé non détaillé du Coran. Ceux qui ne le rendent pas obligatoire y voient une prescription supplémentaire, à l’image du rinçage de la bouche. Les récits rapportés à ce sujet sont nombreux et, bien qu’ils ne soient pas établis dans les deux recueils authentiques, leur mise en pratique est largement répandue.

Quant à leur divergence sur la nécessité de prendre de l’eau nouvelle pour les oreilles, elle tient à l’hésitation entre deux conceptions : les oreilles constituent-elles une partie du corps distincte parmi celles que concernent les ablutions, ou font-elles partie de la tête ? Certains ont adopté un avis isolé, selon lequel elles doivent être lavées avec le visage. D’autres estiment qu’il faut passer les mains mouillées sur leur face interne en même temps que sur la tête, et laver leur face externe avec le visage. Cela tient à l’hésitation sur leur rattachement au visage ou à la tête. Mais cette distinction n’a pas de fondement, compte tenu des récits largement connus qui prescrivent d’y passer les mains mouillées et de la pratique largement répandue de ce geste. Al-Shāfi‘ī recommande de le répéter sur les oreilles, comme il recommande de le faire sur la tête.

Dixième question, relative aux modalités

Les savants s’accordent sur le fait que les pieds font partie des membres concernés par les ablutions, mais divergent sur la manière de les purifier. Les uns, qui constituent la majorité, estiment que leur purification consiste à les laver. D’autres considèrent que l’obligation consiste à y passer les mains mouillées. Il a également été dit :

يَصِحَّ عِنْدَهُ، وَإِمَّا لِأَنَّ ظَاهِرَ الْكِتَابِ عَارَضَهُ عِنْدَهُ (أَعْنِي الْأَمْرَ فِيهِ بِمَسْحِ الرَّأْسِ) وَإِمَّا لِأَنَّهُ لَمْ يَشْتَهِرِ الْعَمَلُ بِهِ عِنْدَ مَنْ يَشْتَرِطُ اشْتِهَارَ الْعَمَلِ فِيمَا نُقِلَ مِنْ طَرِيقِ الْآحَادِ وَبِخَاصَّةٍ فِي الْمَدِينَةِ عَلَى الْمَعْلُومِ مِنْ مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّهُ يَرَى اشْتِهَارَ الْعَمَلِ، وَهُوَ حَدِيثٌ خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ، وَقَالَ فِيهِ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: إِنَّهُ حَدِيثٌ مَعْلُولٌ، وَفِي بَعْضِ طُرُقِهِ أَنَّهُ مَسَحَ عَلَى الْعِمَامَةِ وَلَمْ يَذْكُرِ النَّاصِيَةَ، وَلِذَلِكَ لَمْ يَشْتَرِطْ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ فِي الْمَسْحِ عَلَى الْعِمَامَةِ الْمَسْحَ عَلَى النَّاصِيَةِ، إِذْ لَا يَجْتَمِعُ الْأَصْلُ وَالْبَدَلُ فِي فِعْلٍ وَاحِدٍ. الْمَسْأَلَةُ التَّاسِعَةُ مِنَ الْأَرْكَانِ اخْتَلَفُوا فِي مَسْحِ الْأُذُنَيْنِ هَلْ هُوَ سُنَّةٌ أَوْ فَرِيضَةٌ، وَهَلْ يُجَدَّدُ لَهُمَا الْمَاءُ أَمْ لَا؟ فَذَهَبَ بَعْضُ النَّاسِ إِلَى أَنَّهُ فَرِيضَةٌ، وَأَنَّهُ يُجَدَّدُ لَهُمَا الْمَاءُ، وَمِمَّنْ قَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ جَمَاعَةٌ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ، وَيَتَأَوَّلُونَ مَعَ هَذَا أَنَّهُ مَذْهَبُ مَالِكٍ لِقَوْلِهِ فِيهِمَا: إِنَّهُمَا مِنَ الرَّأْسِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: مَسْحُهُمَا فَرْضٌ كَذَلِكَ إِلَّا أَنَّهُمَا يُمْسَحَانِ مَعَ الرَّأْسِ بِمَاءٍ وَاحِدٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: مَسْحُهُمَا سُنَّةٌ، وَيُجَدَّدُ لَهُمَا الْمَاءُ. وَقَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ جَمَاعَةٌ أَيْضًا مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ ; وَيَتَأَوَّلُونَ أَيْضًا أَنَّهُ قَوْلُهُ لِمَا رُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ: حُكْمُ مَسْحِهِمَا حُكْمُ الْمَضْمَضَةِ. وَأَصْلُ اخْتِلَافِهِمْ فِي كَوْنِ مَسْحِهِمَا سُنَّةً أَوْ فَرْضًا: اخْتِلَافُهُمْ فِي الْآثَارِ الْوَارِدَةِ بِذَلِكَ، (أَعْنِي مَسْحَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أُذُنَيْهِ) هَلْ هِيَ زِيَادَةٌ عَلَى مَا فِي الْكِتَابِ مِنْ مَسْحِ الرَّأْسِ فَيَكُونَ حُكْمُهُمَا أَنْ يُحْمَلَ عَلَى النَّدْبِ لِمَكَانِ التَّعَارُضِ الَّذِي يُتَخَيَّلُ بَيْنَهَا وَبَيْنَ الْآيَةِ إِنْ حُمِلَتْ عَلَى الْوُجُوبِ، أَمْ هِيَ مُبَيِّنَةٌ لِلْمُجْمَلِ الَّذِي فِي الْكِتَابِ فَيَكُونَ حُكْمُهُمَا حُكْمَ الرَّأْسِ فِي الْوُجُوبِ، فَمَنْ أَوْجَبَهُمَا جَعَلَهَا مُبَيِّنَةً لِمُجْمَلِ الْكِتَابِ، وَمَنْ لَمْ يُوجِبْهُمَا جَعَلَهَا زَائِدَةً كَالْمَضْمَضَةِ، وَالْآثَارُ الْوَارِدَةُ بِذَلِكَ كَثِيرَةٌ، وَإِنْ كَانَتْ لَمْ تَثْبُتْ فِي الصَّحِيحَيْنِ فَهِيَ قَدِ اشْتُهِرَ الْعَمَلُ بِهَا. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي تَجْدِيدِ الْمَاءِ لَهُمَا: فَسَبَبُهُ تَرَدُّدُ الْأُذُنَيْنِ بَيْنَ أَنْ يَكُونَا عُضْوًا مُفْرَدًا بِذَاتِهِ مِنْ أَعْضَاءِ الْوُضُوءِ، أَوْ يَكُونَا جُزْءًا مِنَ الرَّأْسِ. وَقَدْ شَذَّ قَوْمٌ فَذَهَبُوا إِلَى أَنَّهُمَا يُغْسَلَانِ مَعَ الْوَجْهِ، وَذَهَبَ آخَرُونَ إِلَى أَنْ يُمْسَحُ بَاطِنُهُمَا مَعَ الرَّأْسِ وَيُغْسَلُ ظَاهِرُهُمَا مَعَ الْوَجْهِ، وَذَلِكَ لِتَرَدُّدِ هَذَا الْعُضْوِ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ جُزْءًا مِنَ الْوَجْهِ أَوْ جُزْءًا مِنَ الرَّأْسِ، وَهَذَا لَا مَعْنَى لَهُ مَعَ اشْتِهَارِ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ بِالْمَسْحِ، وَاشْتِهَارِ الْعَمَلِ بِهِ. وَالشَّافِعِيُّ يَسْتَحِبُّ فِيهِمَا التَّكْرَارَ كَمَا يَسْتَحِبُّهُ فِي مَسْحِ الرَّأْسِ. الْمَسْأَلَةُ العَاشِرَةُ مِنَ الصِّفَاتِ اتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنّ الرِّجْلَيْنِ مِنْ أَعْضَاءِ الْوُضُوءِ، وَاخْتَلَفُوا فِي نَوْعِ طَهَارَتِهِمَا، فَقَالَ قَوْمٌ: طَهَارَتُهُمَا الْغَسْلُ، وَهُمُ الْجُمْهُورُ، وَقَالَ قَوْمٌ: فَرْضُهُمَا الْمَسْحُ، وَقَالَ

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