et ils peuvent également soutenir que la parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« Récite ensuite ce que tu peux du Coran »
reste indéterminée, tandis que les autres hadiths précisent ce qu’il faut réciter ; or, le texte précis détermine le sens du texte indéterminé. Cette interprétation présente toutefois une difficulté : la particule (mā) signifie ici « n’importe quel passage qui t’est accessible ». Elle ne serait donc recevable que si, dans la langue arabe, (mā) pouvait avoir la même valeur que l’article défini renvoyant à un élément connu. La phrase signifierait alors : « Récite le passage du Coran qui t’est accessible », et l’on entendrait par là la Fātiha, si l’alif et le lām de (alladhī) renvoient à un élément connu. Il convient donc d’examiner cet usage dans la langue arabe. Si tu constates que les Arabes procèdent ainsi (je veux dire qu’ils emploient parfois une expression dans un sens élargi), désignant par (mā) une chose déterminée, alors cette interprétation sera recevable ; sinon, elle sera sans fondement. Comme tu le vois, la question reste donc ouverte à plusieurs interprétations. Cette incertitude ne serait levée que si la possibilité d’une abrogation était écartée.
Quant au désaccord entre ceux qui imposent la récitation de la Fātiha, les uns à chaque unité de prière et les autres dans une partie seulement de la prière, il vient de ce que le pronom employé dans la parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« sans y réciter la Fātiha »
peut renvoyer à toutes les parties de la prière ou seulement à certaines d’entre elles. En effet, celui qui l’a récitée dans l’ensemble de la prière ou dans une partie seulement, je veux dire dans une ou deux unités, ne relève pas de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — : « sans y réciter ». C’est précisément cette possibilité d’interprétation qui a conduit Abū Hanīfa à admettre également que l’on délaisse la récitation dans une partie de la prière (je veux dire : dans les deux dernières unités).
Mālik a retenu que, dans une prière de quatre unités, on récite la Fātiha et une sourate dans les deux premières, puis la Fātiha seule dans les deux dernières. Al-Shāfi‘ī a retenu que l’on récite la Fātiha et une sourate dans chacune des quatre unités de la prière de midi, mais que la sourate récitée dans les deux premières soit plus longue. Mālik s’est fondé sur le hadith établi d’Abū Qatāda :
« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — récitait la Fātiha et une sourate dans les deux premières unités des prières de midi et de l’après-midi, et la Fātiha seule dans les deux dernières. »
Al-Shāfi‘ī s’est fondé sur le sens apparent du hadith d’Abū Sa‘īd, lui aussi établi, selon lequel le Prophète récitait, dans les deux premières unités de la prière de midi, l’équivalent de trente versets, et dans les deux dernières, l’équivalent de quinze versets. Ils n’ont pas divergé au sujet de la prière de l’après-midi, car les deux hadiths concordent sur ce point. En effet, ce même hadith d’Abū Sa‘īd indique :
« Il récitait, dans les deux premières unités de la prière de l’après-midi, l’équivalent de quinze versets, et dans les deux dernières, la moitié de cela. »
Sixième question
La majorité des savants s’accorde à interdire la récitation du Coran pendant l’inclinaison et la prosternation, en raison du hadith de ‘Alī à ce sujet, où il est dit :
« Gabriel — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — m’a interdit de réciter le Coran en étant incliné ou prosterné