Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et le salua. Le Prophète lui ordonna de retourner prier. Cela se répéta trois fois. L’homme dit alors : “Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne sais pas faire autrement.” Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui dit : “Lorsque tu te disposes à prier, accomplis soigneusement tes ablutions, puis tourne-toi vers la qibla et proclame la grandeur d’Allah. Récite ensuite ce que tu peux du Coran, puis incline-toi jusqu’à être bien stable dans cette position. Relève-toi ensuite jusqu’à te tenir bien droit, puis prosterne-toi jusqu’à être bien stable dans cette position. Relève-toi ensuite jusqu’à être bien stable en position assise, puis prosterne-toi jusqu’à être bien stable dans cette position. Relève-toi ensuite jusqu’à te tenir bien droit. Fais de même tout au long de ta prière.” »

À ce récit s’opposent deux hadiths établis et reconnus authentiques d’un commun accord. Le premier est celui de ‘Ubāda ibn al-Sāmit, selon lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Nulle prière pour celui qui ne récite pas la Fātiha. »

Le second est également rapporté par Abū Hurayra : le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Quiconque accomplit une prière sans y réciter la Fātiha, sa prière est incomplète, elle est incomplète, elle est incomplète » — à trois reprises.

Le sens apparent du premier hadith d’Abū Hurayra est qu’il suffit, dans la prière, de réciter ce que l’on peut du Coran. En revanche, le hadith de ‘Ubāda et le second hadith d’Abū Hurayra impliquent que la récitation de la Fātiha est une condition de validité de la prière. Le sens apparent de la parole du Très-Haut :

« Récitez-en donc ce que vous pouvez. »
[al-Muzzammil : 20]

vient appuyer le premier hadith d’Abū Hurayra.

Les savants qui divergent sur cette question ont adopté, dans leur interprétation de ces hadiths, soit la démarche consistant à les concilier, soit celle consistant à donner la prépondérance à certains d’entre eux. Ce désaccord peut s’expliquer selon l’une comme l’autre de ces démarches.

Ainsi, celui qui considère que l’obligation consiste à réciter ce que l’on peut du Coran peut soutenir que cet avis est prépondérant, car le sens apparent du Livre lui est conforme. Il peut aussi, dans une démarche de conciliation, avancer que le hadith de ‘Ubāda vise peut-être à nier la perfection de la prière, et non sa validité, tandis que le hadith d’Abū Hurayra indique la récitation minimale suffisante, si son objet est bien d’enseigner les obligations de la prière.

Les tenants de l’autre avis peuvent eux aussi suivre ces deux démarches. Ils peuvent dire que ces hadiths sont plus explicites, car ils sont plus nombreux. De plus, le hadith bien connu d’Abū Hurayra appuie cet avis. Il s’agit du hadith dans lequel Allah, le Très-Haut, dit :

« J’ai partagé la prière en deux moitiés entre Moi et Mon serviteur : une moitié pour Moi et une moitié pour Mon serviteur. Et Mon serviteur aura ce qu’il demande. Le serviteur dit : “Louange à Allah, Seigneur des mondes.” Allah dit : “Mon serviteur M’a loué.” »

Et ainsi de suite dans le hadith.

فسلم فأَمَرَهُ بِالرُّجُوعِ، فَعَلَ ذَلِكَ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ، فَقَالَ: وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ مَا أُحْسِنُ غَيْرَهُ، فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: إِذَا قُمْتَ إِلَى الصَّلَاةِ فَأَسْبِغِ الْوُضُوءَ، ثُمَّ اسْتَقْبِلِ الْقِبْلَةَ فَكَبِّرْ، ثُمَّ اقْرَأْ مَا تَيَسَّرَ مَعَكَ مِنَ الْقُرْآنِ، ثُمَّ ارْكَعْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ رَاكِعًا، ثُمَّ ارْفَعْ حَتَّى تَعْتَدِلَ قَائِمًا، ثُمَّ اسْجُدْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ سَاجِدًا، ثُمَّ ارْفَعْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ جَالِسًا، ثُمَّ اسْجُدْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ سَاجِدًا، ثُمَّ ارْفَعْ حَتَّى تَسْتَوِيَ قَائِمًا، ثُمَّ افْعَلْ ذَلِكَ فِي صَلَاتِكَ كُلِّهَا» وَأَمَّا الْمُعَارِضُ لِهَذَا فَحَدِيثَانِ ثَابِتَانِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِمَا: أَحَدُهُمَا: حَدِيثُ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «لَا صَلَاةَ لِمَنْ لَمْ يَقْرَأْ بِفَاتِحَةِ الْكِتَابِ» وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ أَيْضًا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «مَنْ صَلَّى صَلَاةً لَمْ يَقْرَأْ فِيهَا بِأُمِّ الْقُرْآنِ فَهِيَ خِدَاجٌ، فَهِيَ خِدَاجٌ، فَهِيَ خِدَاجٌ ثَلَاثًا» وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ الْمُتَقَدِّمُ ظَاهِرُهُ أَنَّهُ يُجْزِئُ مِنَ الْقِرَاءَةِ فِي الصَّلَاةِ مَا تَيَسَّرَ مِنَ الْقُرْآنِ، وَحَدِيثُ عُبَادَةَ وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ الثَّانِي يَقْتَضِيَانِ أَنَّ أُمَّ الْقُرْآنِ شَرْطٌ فِي الصَّلَاةِ، وَظَاهِرُ قَوْله تَعَالَى: {فَاقْرَءُوا مَا تَيَسَّرَ مِنْهُ} [المزمل: ٢٠] يُعَضِّدُ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ الْمُتَقَدِّمَ، وَالْمُخْتَلِفُونَ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ إِمَّا أَنْ يَكُونُوا ذَهَبُوا فِي تَأْوِيلِ هَذِهِ الْأَحَادِيثِ مَذْهَبَ الْجَمْعِ، وَإِمَّا أَنْ يَكُونُوا ذَهَبُوا مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ، وَعَلَى كِلَا الْقَوْلَيْنِ يُتَصَوَّرُ هَذَا الْمَعْنَى، وَذَلِكَ أَنَّهُ مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ مَنْ أَوْجَبَ قِرَاءَةَ مَا تَيَسَّرَ مِنَ الْقُرْآنِ لَهُ أَنْ يَقُولَ هَذَا أَرْجَحُ ; لِأَنَّ ظَاهِرَ الْكِتَابِ يُوَافِقُهُ، وَلَهُ أَنْ يَقُولَ عَلَى طَرِيقِ الْجَمْعِ إنَّهُ يُمْكِنُ أَنْ يَكُونَ حَدِيثُ عُبَادَةَ الْمَقْصُودُ بِهِ نَفْيُ الْكَمَالِ لَا نَفْيُ الْإِجْزَاءِ، وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ الْمَقْصُودُ مِنْهُ الْإِعْلَامُ بِالْمُجْزِئِ مِنِ الْقِرَاءَةِ، إِذَا كَانَ الْمَقْصُودُ مِنْهُ تَعْلِيمَ فَرَائِضِ الصَّلَاةِ. وَلِأُولَئِكَ أَيْضًا أَنَّ يَذْهَبُوا هَذَيْنِ الْمَذْهَبَيْنِ بِأَنْ يَقُولُوا هَذِهِ الْأَحَادِيثُ أَوْضَحُ ; لِأَنَّهَا أَكْثَرُ، وَأَيْضًا فَإِنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ الْمَشْهُورَ يُعَضِّدُهُ، وَهُوَ الْحَدِيثُ الَّذِي فِيهِ يَقُولُ الله تَعَالَى: «قَسَمْتُ الصَّلَاةَ بَيْنِي وَبَيْنَ عَبْدِي نِصْفَيْنِ: نِصْفَهَا لِي، وَنِصْفَهَا لِعَبْدِي، وَلِعَبْدِي مَا سَأَلَ، يَقُولُ الْعَبْدُ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ، يَقُولُ اللَّهُ حَمِدَنِي عَبْدِي» الْحَدِيثَ،

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