ainsi que ce qu’Ahmad ibn Hanbal rapporte de ‘Umar — qu’Allah l’agrée —, à savoir qu’il ne prononçait pas le takbīr lorsqu’il priait seul. Ceux-ci semblent avoir considéré que le takbīr servait uniquement à permettre à l’imam de signaler aux fidèles qu’il se levait ou s’asseyait. Il semble que ceux qui tenaient tous les takbīr pour surérogatoires aient suivi ce raisonnement.
Deuxième question
Mālik dit : seule la formule Allāhu akbar (« Allah est le plus grand ») est valable pour le takbīr.
Al-Shāfi‘ī dit : les deux formules, Allāhu akbar et Allāhu al-akbar (« Allah est le plus grand »), sont valables.
Abū Hanīfa dit : toute formule exprimant le même sens est valable pour le takbīr, comme Allāhu al-a‘zam (« Allah est souverainement grand ») ou Allāhu al-ajall (« Allah est souverainement majestueux »).
Leur divergence tient à la question suivante : ce qui est requis à l’entrée en prière est-il la formulation elle-même ou son sens ? Les malikites et les chaféites invoquent ces paroles du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :
« La purification est la clé de la prière ; on y entre par le takbīr et on en sort par le salut final. »
Ils disent : l’article défini al- exprime ici une restriction. Celle-ci indique que la règle s’applique exclusivement à la formule expressément énoncée et qu’aucune autre ne peut la remplacer. Abū Hanīfa ne partage pas ce principe : selon lui, cette déduction relève du raisonnement a contrario, qui consiste à appliquer à ce que le texte ne mentionne pas une règle contraire à celle qu’il énonce expressément. Or, Abū Hanīfa ne reconnaît pas la valeur probante de ce raisonnement.
Troisième question
Certains considèrent que l’invocation d’ouverture est obligatoire dans la prière. Elle consiste à dire, après le takbīr :
« Je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre. »
Tel est l’avis d’al-Shāfi‘ī. Selon Abū Hanīfa, elle consiste plutôt à glorifier Allah ; selon son disciple Abū Yūsuf, à réunir les deux formules. Mālik dit, quant à lui, que l’invocation d’ouverture n’est, dans la prière, ni obligatoire ni une sunna.
Cette divergence tient à l’opposition entre les traditions rapportées au sujet de l’invocation d’ouverture et la pratique retenue par Mālik, ou au désaccord sur l’authenticité de ces traditions.
Le cadi dit : il est établi dans les deux recueils authentiques, d’après Abū Hurayra :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — observait un bref silence entre le takbīr et la récitation. Je lui demandai : “Ô Messager d’Allah, que mon père et ma mère te servent de rançon ! Que dis-tu durant ton silence entre le takbīr et la récitation ?” Il répondit : “Je dis : Ô Allah, éloigne-moi de mes fautes comme Tu as éloigné l’Orient de l’Occident. Ô Allah, purifie-moi de mes fautes comme on purifie le vêtement blanc de la souillure. Ô Allah, lave mes fautes avec de l’eau, de la neige et de la grêle.” »
Certains ont jugé bon d’observer plusieurs pauses silencieuses dans la prière, notamment au moment de prononcer le takbīr et lorsqu’on termine