à l’homme auquel il enseignait la prière :
« Lorsque tu veux prier, accomplis soigneusement tes ablutions, puis tourne-toi vers la qibla, prononce le takbīr, puis récite. »
On comprend de ces paroles que seul le premier takbīr est obligatoire. Si les autres l’avaient également été, il les lui aurait mentionnés, comme il lui a mentionné les autres obligations de la prière.
Quant aux actes rapportés du Prophète, on trouve notamment le hadith d’Abū Hurayra :
« Il priait en prononçant le takbīr chaque fois qu’il s’abaissait ou se relevait, puis disait : “Je suis assurément celui d’entre vous dont la prière ressemble le plus à celle du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut.” »
Il y a également le hadith de Mutarrif ibn ‘Abd Allāh ibn al-Shikhkhīr, qui rapporte :
« ‘Imrān ibn al-Husayn et moi avons prié derrière ‘Alī ibn Abī Tālib — qu’Allah l’agrée. Il prononçait le takbīr lorsqu’il se prosternait et lorsqu’il relevait la tête de l’inclinaison. Lorsqu’il eut achevé sa prière et que nous nous retirâmes, ‘Imrān lui prit la main et dit : “Cet homme m’a rappelé la prière de Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut.” »
Ceux qui tiennent les takbīr pour obligatoires s’appuient sur cette pratique rapportée dans ces hadiths. Ils disent : en principe, tous les actes du Prophète qui explicitent une obligation doivent être considérés comme obligatoires, conformément à ses paroles — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :
« Priez comme vous m’avez vu prier. »
« Et apprenez de moi vos rites du pèlerinage. »
Le premier groupe affirme : ces traditions indiquent que les Compagnons avaient pour pratique de prononcer tous les takbīr. C’est pourquoi « Abū Hurayra disait : “Je suis assurément celui d’entre vous dont la prière ressemble le plus à celle du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut.” » Et ‘Imrān disait : « Par sa prière, cet homme m’a rappelé la prière de Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. »
Quant à l’avis selon lequel tous les takbīr sont surérogatoires, il est peu solide. Peut-être son tenant les a-t-il assimilés aux autres formules d’évocation prononcées dans la prière qui ne sont pas obligatoires, en assimilant le takbīr d’entrée en prière aux autres takbīr.
Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr dit : parmi les éléments qui confortent la position de la majorité figure ce que rapporte Shu‘ba ibn al-Hajjāj, d’après al-Hasan ibn ‘Imrān, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Rahmān ibn Abzā, d’après son père, qui dit : « J’ai prié avec le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et il n’a pas prononcé tous les takbīr », et j’ai prié avec ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz, qui n’a pas prononcé tous les takbīr,