Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’interprétation de ce hadith, al-Shāfi‘ī s’appuyant également, sur ce point, sur un principe général énoncé par le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Ma communauté n’a pas à répondre de ce qu’elle fait par erreur ou par oubli. »

Quant à Abū Hanīfa, il retient la portée générale des hadiths interdisant de parler et considère qu’ils abrogent le hadith de Dhū al-Yadayn, celui-ci leur étant antérieur.

[Chapitre huit : De l’intention et des conditions auxquelles elle doit répondre dans la prière]

Les savants s’accordent à considérer l’intention comme une condition de validité de la prière. Celle-ci est en effet au premier rang des actes d’adoration prescrits par la Loi dont l’utilité n’est pas rationnellement identifiable — j’entends une utilité perceptible par les sens.

Ils divergent toutefois sur la question suivante : l’intention du fidèle qui prie derrière un imam doit-elle correspondre à celle de l’imam quant à la prière précisément accomplie et à son caractère obligatoire ? Cela impliquerait qu’un fidèle ne puisse accomplir la prière de midi derrière un imam accomplissant celle de l’après-midi, ni accomplir une prière de midi obligatoire derrière un imam pour qui cette même prière serait surérogatoire.

Mālik et Abū Hanīfa estiment que l’intention du fidèle doit correspondre à celle de l’imam. Al-Shāfi‘ī considère que cela n’est pas obligatoire.

Leur divergence tient à l’opposition entre le sens de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« L’imam n’a été institué que pour être suivi »,

et le récit concernant Mu‘ādh, selon lequel celui-ci priait avec le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, puis dirigeait la prière des siens.

Ceux qui considèrent qu’il s’agissait d’une permission propre à Mu‘ādh et que la portée générale de la parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — : « L’imam n’a été institué que pour être suivi » englobe l’intention, exigent que les intentions de l’imam et du fidèle concordent.

Ceux qui considèrent, en revanche, que la permission accordée à Mu‘ādh vaut également pour toutes les autres personnes soumises aux obligations religieuses — ce qui constitue le principe de base — disent : ce second hadith ne peut recevoir que l’une des deux interprétations suivantes. Soit sa portée générale n’englobe pas l’intention, puisque son sens apparent ne concerne que les actes ; il ne s’oppose alors nullement au hadith de Mu‘ādh. Soit elle l’englobe, auquel cas le hadith de Mu‘ādh vient restreindre cette portée générale.

Il existe, au sujet de l’intention, des questions sans lien avec les énoncés explicites de la Loi. Nous avons jugé bon de les laisser de côté, notre objectif premier étant de traiter uniquement des questions qui se rattachent à ces énoncés.

مَفْهُومِ هَذَا الْحَدِيثِ مَعَ أَنَّ الشَّافِعِيَّ اعْتَمَدَ أَيْضًا فِي ذَلِكَ أَصْلًا عَامًّا، وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «رُفِعَ عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ» . . وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَحَمَلَ أَحَادِيثَ النَّهْيِ عَلَى عُمُومِهَا، وَرَأَى أَنَّهَا نَاسِخَةٌ لِحَدِيثِ ذِي الْيَدَيْنِ وَأَنَّهُ مُتَقَدِّمٌ عَلَيْهَا. [الْبَابُ الثَّامِنُ فِي مَعْرِفَةِ النِّيَّةِ وَكَيْفِيَّةِ اشْتِرَاطِهَا فِي الصَّلَاةِ] ِ وَأَمَّا النِّيَّةُ: فَاتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى كَوْنِهَا شَرْطًا فِي صِحَّةِ الصَّلَاةِ لِكَوْنِ الصَّلَاةِ هِيَ رَأْسَ الْعِبَادَاتِ الَّتِي وَرَدَتْ فِي الشَّرْعِ لِغَيْرِ مَصْلَحَةٍ مَعْقُولَةٍ: أَعْنِي مِنَ الْمَصَالِحِ الْمَحْسُوسَةِ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ مِنْ شَرْطِ نِيَّةِ الْمَأْمُومِ أَنْ تُوَافِقَ نِيَّةَ الْإِمَامِ فِي تَعْيِينِ الصَّلَاةِ وَفِي الْوُجُوبِ حَتَّى لَا يَجُوزَ أَنْ يُصَلِّيَ الْمَأْمُومُ ظُهْرًا بِإِمَامٍ يُصَلِّي عَصْرًا؟ وَلَا يَجُوزَ أَنْ يُصَلِّيَ الْإِمَامُ ظُهْرًا يَكُونُ فِي حَقِّهِ نَفْلًا، وَفِي حَقِّ الْمَأْمُومِ فَرْضًا؟ . فَذَهَبَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّهُ يَجِبُ أَنْ تُوَافِقَ نِيَّةُ الْمَأْمُومِ نِيَّةَ الْإِمَامِ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهُ لَيْسَ يَجِبُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ مَفْهُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّمَا جُعِلَ الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ» لِمَا جَاءَ فِي حَدِيثِ مُعَاذٍ مِنْ أَنَّهُ كَانَ يُصَلِّي مَعَ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - ثُمَّ يُصَلِّي بِقَوْمِهِ. فَمَنْ رَأَى ذَلِكَ خَاصًّا لِمُعَاذٍ، وَأَنَّ عُمُومَ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «إِنَّمَا جُعِلَ الْإِمَامُ لِيُؤْتَمَّ بِهِ» يَتَنَاوَلُ النِّيَّةَ اشْتَرَطَ مُوَافَقَةَ نِيَّةِ الْإِمَامِ لِلْمَأْمُومِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ الْإِبَاحَةَ لِمُعَاذٍ فِي ذَلِكَ هِيَ إِبَاحَةٌ لِغَيْرِهِ مِنْ سَائِرِ الْمُكَلَّفِينَ وَهُوَ الْأَصْلُ قَالَ: لَا يَخْلُو الْأَمْرُ فِي ذَلِكَ الْحَدِيثِ الثَّانِي مِنْ أَحَدِ أَمْرَيْنِ: إِمَّا أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ الْعُمُومُ الَّذِي فِيهِ لَا يَتَنَاوَلُ النِّيَّةَ ; لِأَنَّ ظَاهِرَهُ إِنَّمَا هُوَ فِي الْأَفْعَالِ، فَلَا يَكُونُ بِهَذَا الْوَجْهِ مُعَارِضًا لِحَدِيثِ مُعَاذٍ، وَإِمَّا أَنْ يَكُونَ يَتَنَاوَلُهَا فَيَكُونُ حَدِيثُ مُعَاذٍ قَدْ خَصَّصَ ذَلِكَ الْعُمُومَ. وَفِي النِّيَّةِ مَسَائِلُ لَيْسَ لَهَا تَعَلُّقٌ بِالْمَنْطُوقِ بِهِ مِنَ الشَّرْعِ رَأَيْنَا تَرْكَهَا إِذْ كَانَ عَرْضُهَا عَلَى الْقَصْدِ الْأَوَّلِ إِنَّمَا هُوَ الْكَلَامَ فِي الْمَسَائِلِ الَّتِي تَتَعَلَّقُ بِالْمَنْطُوقِ بِهِ مِنَ الشَّرْعِ.

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